Chronique – Les tiges, Thomas Geha

Vous lisez le premier des trois billets que je consacrerai cette semaine aux éditions 1115, spécialisées dans le très petit format. C’est à se demander pourquoi je n’en ai pas parlé plus tôt. Manque corrigé : il me fallait un peu de temps et l’opportunité.

Cette chronique de la nouvelle Les tiges me permet de rattraper également un autre retard par , puisqu’il s’agit de mon premier texte de Thomas Geha, auteur français important à plus d’un titre : auteur donc, mais aussi éditeur, organisateur d’évènements, et j’en oublie certainement. Avec cette nouvelle, il prouve avec talent que l’on peut écrire un texte très dense, véritable expérience de pensée propre à la SF, d’une grande efficacité par son rythme et les émotions qu’il procure. Une réussite.

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Chronique – Symphonie atomique, Etienne Cunge

J’aime la SF car elle est une expérience de pensée, un « et si » qui nous fait rêver ou espérer – parfois – et qui nous met aussi en garde – souvent. Je suis également un anxieux chronique, anxiété alimentée jusqu’à la nausée par l’actualité, qu’elle soit climatique ou géopolitique. Masochiste également puisque le solastalgique que je suis se complait à lire des récits post/pré-apocalyptiques ou dystopiques et que ma profession ne me permet pas de faire l’autruche quant à ce futur joyeux qui attend mes enfants et ceux avec qui je travaille…

Ce petit topo autocentré a pour but de présenter Symphonie Atomique, d’Etienne Cunge, qui anticipe un futur où l’humanité doit affronter l’apocalypse environnementale qu’elle a provoqué et dont l’ego se mesure encore par la capacité à porter le feu nucléaire. C’est aussi un roman construit comme un blockbuster (ne voir ici aucune idée péjorative) d’une grande efficacité, mais qui porte également en germe un soupçon – petit – d’espoir. Un coup de cœur que j’ai détesté adorer.

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Chronique – Chroniques du Pays des Mères, Elisabeth Vonarburg

J’exhume une chronique de 2020, alors une lecture dans le cadre du #PIF2020, et qui correspondait au défi de lire une auteure francophone, mais pas de nationalité française. Ce nom avait été cité plusieurs fois et le résumé est accrocheur, d’autant plus qu’il s’agissait d’un classique à découvrir. A l’époque, il est sorti chez Mnémos (j’adore le travail éditorial de leurs éditions) et est depuis sorti en poche chez FolioSF : il a donc toute sa place sur le blog.

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Chronique – After®, Auriane Velten

En ce moment, quand je choisis un livre, voici les critères – autre que le presque impératif format poche – qui conditionnent mes choix : une préférence pour la SF, un one shot (trop de cycles en cours), une autrice, une écriture en français et bien évidemment une quatrième qui me parle. Quand tous ces critères sont réunis, ce qui est (trop) rare au regard de la quantité de sorties, le livre passe en priorité dans ma wish list puis au sommet de la PAL avec comme corollaire le risque d’une déception proportionnelle à cette priorité. Recevoir le prix Utopiales 2021 est bien sûr un facteur d’attente supplémentaire.

Aucune déception pour moi, bien au contraire. Avec After®, Auriane Velten signe un premier roman d’une excellente facture : un univers post-apo qui se dévoile petit à petit, des mystères et rebondissements, sans oublier les interrogations que permet de poser la SF.

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Chronique – La monture, Carol Emshwiller

La littérature, voire l’art en général, oscille toujours entre au moins deux fonctions : divertir et faire réfléchir. Si vous avez dans votre entourage un gardien du temple qui croit encore que la SF ne se cantonne qu’à la première, mettez lui La monture entre les mains. Je profite d’ailleurs de cette saillie (désolé…)  pour remercier les éditions J’ai lu, et avant elles les éditions Argyll, quant à la prise de risque que peut représenter la publication d’un tel roman. En effet, il s’agit de la première traduction de cette autrice en France, largement méconnue, pour un texte qui a déjà plus d’une vingtaine d’années. Certes, il a été distingué du prix Philip K. Dick en 2003, ce qui est un marqueur d’un roman qui s’est… démarqué (désolé bis) mais le sujet n’en est pas moins extrêmement risqué.

Dans La monture, l’autrice nous raconte l’histoire d’une humanité domestiquée par des extraterrestres et aborde donc les thèmes de l’éducation, de la liberté, en faisant preuve d’une remarquable subtilité.

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Chronique – La millième nuit, Alastair Reynolds

Il y a des auteurs qui ont déjà une solide notoriété, et dont le nom est inscrit sur une pile mentale des « auteurs à lire un jour, quand un texte me fera particulièrement de l’œil ». Pour ceux qui écrivent surtout de la hard SF, il me faut un déclencheur puissant. Concernant Alastair Reynolds, c’est la sortie d’une novella dans la collection Une Heure Lumière qui a été le déclencheur. Je n’ai même pas lu la quatrième de couverture, voulant avoir la surprise, tout en étant intrigué par un titre poétique et mystérieux, ainsi que par la couverture. Petite fausse crainte, car la dernière fois que j’ai vu des baleine dans un univers de SF, c’était dans Star Trek IV, vu au hasard d’une diffusion Arte (si si !) qui m’a laissé un souvenir… mitigé ? Mon épouse m’en parle encore.

La millième nuit est un texte pas si hard SF que ça (j’ai tout compris) qui fonctionne sur un contraste entre futur lointain et vertigineux – rarement Sense of wonder aura été une expression plus appropriée – et whodunit.

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Chronique – Vers les étoiles, Mary Robinette Kowal

Il y a des sorties en poche qui suscitent l’impatience. Alors quand le roman a obtenu cinq prix prestigieux, que les retours sont excellents – encore plus quand ils viennent de blogueuses en qui j’ai toute confiance -, que c’est une uchronie, sur un thème qui m’intéresse énormément, et avec une dimension sociale… je trépignais. Ce livre que j’attendais tant, c’est Vers les étoiles, de Mary Robinette Kowal, premier tome (mais qui peut se lire seul) de la série Lady Astronaute.

C’est un immense coup de cœur ! Vers les étoiles est une uchronie post/pré-apocalypse où les femmes jouent un rôle de premier plan en dépit des oppositions et pesanteurs ; c’est aussi et surtout un très beau livre, avec des personnages très émouvants.

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Chronique – Sutbil béton, Les aggloméré.e.s

Subtil béton est un pur OVNI littéraire, et à plus d’un titre. Formellement, ce roman est issu d’une écriture très collective – d’où vient le nom « les aggloméré.e.s » – mais aussi individuelle, les parties étant écrites à une main, le tout sur un temps long. En terme de fond, c’est un roman de lutte(s) sociale(s) très engagé – si CNews ou le Figaro sont vos médias de référence, vous allez grincer des dents, voire pire – raconté à hauteur d’individus. J’ai l’impression que la maison d’édition, l’Atalante, avait ce projet très à cœur car c’est la première fois que je lis un roman qui sort en poche moins d’un an après sa version grand format, ce qui me parait témoigner d’une volonté de mise en avant.

Subtil béton questionne un futur malheureusement crédible – je n’ose dire probable – et les luttes intersectionnelles qu’il pourrait provoquer ; c’est aussi – surtout ? – un beau roman d’amour et d’adelphité.

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Chronique – Un gars et son chien à la fin du monde, C.A. Fletcher

C.A. Fletcher est scénariste et écrivain, connu essentiellement pour ses écrits jeunese. Le nom ne me disait rien, et je n’avais pas vu du tout vu passer les retours lors de la sortie en grand format. Mais un titre accrocheur, une couverture efficace et une quatrième de couverture bien écrite, comprendre qui appâte sans trop en dévoiler, sont autant d’éléments qui ont entrainé l’achat.

Le livre aurait peut-être végété quelques temps en PAL, même s’il avait vocation à entrer dans le défi 2022 (catégorie 1 « un animal joue un rôle important » – pour laquelle il pourrait compter triple voire plus), si Elwyn ne m’avait proposé de le lire en lecture croisée. Une belle réussite car nous avons tous les deux beaucoup aimé notre lecture – coup de cœur pour moi – et que Un gars et son chien à la fin du monde se prêtait parfaitement à l’exercice. Un univers post-apo intéressant (et bourré de références métatextuelles), une histoire parfaitement construite et rythmée, ainsi qu’une belle galerie de personnages, Griz et sa quête initiatique en tête.

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Chronique – Quitter les monts d’Automne, Émilie Querbalec

Alors que Les chants de Nüying, sorti en août chez Albin Michel Imaginaire, bénéficie déjà de retours très enthousiastes au sein de la blogosphère, Quitter les monts d’automne sortait à la même date, en poche. Lauréat du Rosny aîné 2021, écrit par une autrice francophone et appartenant au genre du Space opera étaient autant de bonnes raisons pour un achat. La lecture intervient dans le cadre d’une lecture croisée – gérées de main de maître par Cecilia, merci à elle – du groupe Facebook les Mordus de SFFF, et dont le thème était le voyage. Avec Damien, mon binôme – merci à lui aussi – nous avons épluché nos PAL et ce roman s’est imposé de lui-même. Une lecture intéressante, qui en outre était tout à fait adapté à une lecture croisée en raison des mystères qu’il contient. Émilie Querbalec part d’un monde qui ressemble en partie au Japon médiéval pour déboucher sur des enjeux sans cesse plus grands et dont le pivot est la question du langage écrit.

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