Chronique – Vers Mars, Mary Robinette Kowal

Vers Mars est la suite de Vers les étoiles et conclut (enfin presque) les aventures d’Elma York, la Lady Astronaute. C’est une suite directe et je ne conseillerais pas de le lire de manière indépendante.

Vers les étoiles avait été un véritable coup de cœur, ce qui rendait la tâche d’autant plus difficile pour ce texte : il fallait être à la hauteur. Le risque d’un biais de lecture, consistant à vouloir retrouver les mêmes émotions et surtout le même émerveillement face à une nouveauté, est un réel piège. De l’eau a un peu coulé sous les ponts, et j’ai tendance à vite oublier ce que j’ai lu. Vers Mars est aussi un coup de cœur. Je n’y ai certes pas trouvé les mêmes ingrédients mais j’ai aimé retrouver ces personnages, une ambiance différente – celle d’un voyage spatial – et surtout un prolongement des évènements du premier volume.

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Chronique – Au cœur des méchas, Denis Colombi

Avez-vous déjà eu la sensation d’avoir entre vos mains un livre écrit pour vous ? Comme si l’autrice ou l’auteur vous avait longuement étudié, puis avait lu et analysé les ouvrages que vous avez aimé pour en extraire le distillat, et enfin écrire un livre qui vous est destiné, rien qu’à vous ? J’hyperbolise – un peu – pour vous parler d’Au cœur des méchas, livre qui avait tout pour me plaire… et qui m’a plu.

En effet, Denis Colombi reprend avec un plaisir palpable de nombreux éléments de la pop culture qui intègrent méchas et kaijus, en y intégrant une héroïne qui donne au texte des allures de satire, mais sans sacrifier le récit.

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Manga – Breakdown, Takao Saitô

Je confesse lire des mangas essentiellement pour me distraire, avec donc une attirance, un brin nostalgique, pour les shonen. Il faut tout de même murir un peu, d’autant plus que les éditeurs ne sont pas avares en sorties de seinen. En fouillant du côté des nouveautés, je suis donc tombé sur Breakdown, dont la couverture et la notoriété de l’auteur (connu notamment – mais pas par moi – pour Golgo13) m’ont convaincu de me lancer.

Même si le titre commence à accuser son âge, quasiment 30 ans, Breakdown est un manga qui raconte le déroulement de l’apocalypse, quasiment heure par heure, de manière très efficace, tout en jouant avec les codes du genre. En filigrane, l’auteur y dénonce l’arrogance de l’humanité… ce qui n’a guère changé finalement.

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Chronique – Sweet Harmony, Claire North

Claire North était déjà une habituée de la collection Une Heure Lumière avec sa trilogie La Maison des Jeux, relativement inclassable et dont je disais beaucoup de bien du premier tome, Le Serpent. L’autrice maitrisant parfaitement le format – moyennement – court, il était logique de voir un autre de ses textes dans la collection sublimée par les couvertures d’Aurélien Police.

Sweet Harmony est donc le 49e volume de la collection, et un texte résolument de science fiction. Enfin, « science », c’est évident car il s’agit de parler d’une nouvelle forme de médecine, à base de nanotechnologies, et surtout de ses applications les moins vitales. « Fiction », pas vraiment tant le texte tape juste – et fort – sur un néolibéralisme échevelé – sauf si vous avez souscrit aux bonnes nanos -, tout en interrogeant la place de la femme dans cette société de l’image. Comme le dit la quatrième, c’est « bientôt ». Mon coup de cœur, et mon malaise, sont eux immédiats.

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Chronique – La débusqueuse de mondes, Luce Basseterre

Puisque je consacre cette semaine aux grosses bestioles de l’espace, après Barbares, voici un billet publié initialement sur Facebook, en novembre 2019, consacré à La débusqueuse de mondes de Luce Basseterre.

Roman acheté à l’époque où j’avais peu de contacts avec les blogs et où je suivais assez peu les avis. Ici, la 4e de couverture et l’envie de découvrir une autrice française de SF ont été décisives. Et je ne l’ai pas regretté, c’est un très bon livre. Relire ces chroniques me permet aussi de mesurer le chemin parcouru en terme de découvertes et de goûts…

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Chronique – Barbares, Rich Larson

De Rich Larson , je ne connaissais rien. De Barbares non plus, à part qu’il s’agissait du 48e volume de la collection Une Heure Lumière du Bélial, et que d’après les illustration de couverture et première ligne de quatrième, ça parle de très grosses bestioles qui vivent dans l’espace. Et moi, j’aime les grosses bestioles.

Sur ce postulat, Barbares est une variation du planet opera à la fois moderne et retro. De la pure SF, très organique, au rythme effréné mais dont le titre dévoile un sous-texte politique.

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Chronique – American Elsewhere, Robert Jackson Bennett

Après Les maitres enlumineurs et Vigilance, je continue à remonter un peu dans le temps de l’œuvre de Robert Jackson Bennett. Voici la chronique d’un coup de coeur, publiée initialement sur Facebook en juin 2021. Pour la petite histoire, l’idée du blog était déjà bien avancée et j’avais peu ou prou trouver la manière dont je voulais écrire mes chroniques.

Ce roman a d’abord été traduit en France chez Albin Michel Imaginaire et les très bons retours des réseaux et de la blogosphère avaient entrainé l’ajout en « wish list ». La sortie en poche, alors que les Maitres Enlumineurs du même auteur triomphent, puis une proposition de lecture croisée ont formé un ascenseur de PAL fulgurant. L’illustration, la 4e de couverture ou encore les commentaires laissaient entrevoir de belles promesses ce qui est toujours risqué ; pourtant rarement un livre les aura autant tenues. Bienvenue chez les Desperate Housewives façon Lovecraft.

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Chronique – Vigilance, Robert Jackson Bennett

Il y a quelques jours, je vous disais tout le bien que je pensais des Maîtres enlumineurs de Robert Jackson Bennett. Vigilance était déjà dans ma PAL depuis quelque temps, et une lecture croisée a été l’occasion de l’en sortir – digression : je ne suis par contre pas convaincu que le format novella se prête à l’exercice.

La couverture, simple mais très efficace d’Aurélien Police, illustre parfaitement le propos de l’auteur. Les fusillades de masse tuent des individus, mais également les Etats-Unis, peu à peu. Si on y ajoute les engrenages d’un capitalisme toujours plus avide, appuyé par l’IA et les algorithmes, on obtient une nation cyberlibérale, dont l’agonie s’achève enfin.

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Chronique – Vision aveugle, Peter Watts

J’aime la SF, mais pas la Hard SF. Je trouve souvent que ce sont des textes ardus, en raison de descriptions et précisions scientifiques très poussées, en tout cas trop pour moi, et surtout d’une assez grande froideur. On pourrait – à raison – me rétorquer les arguments habituels mais valables d’ordre quantitatif ou qualitatif : je n’en aurais pas lu assez, et/ou pas les bons. Un peu comme les choux de Bruxelles. Néanmoins, il m’arrive – parfois – de reconnaitre ma mauvaise foi et – adverbe légèrement supérieur à parfois – d’écouter les conseils de personnes triées sur le volet, en l’occurrence Steph et Vincent. Ils me connaissent bien et ne se sont pas trompés.

Pourtant, il y avait un risque. Mon premier (et unique) contact – désolé – avec Peter Watts était sa nouvelle nommée Collateral parue dans le Bifrost 108 et que j’ai détesté, l’auteur rejoignait Chiang et Egan dans ma liste « plutôt manger des choux de Bruxelles que relire ». Pourtant, une histoire de premier contact, la présence d’un vampire et un titre extrêmement intriguant m’ont convaincu de changer d’avis. Et, même s’il s’agit effectivement d’un fichu roman de hard SF parfois complexe, c’est un roman qui n’a rien de froid et dont la réflexion est d’une remarquable et intelligente densité. Bref, j’ai aimé.

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Chronique – Emissaires des morts, Adam-Troy Castro

J’avais chroniqué Emissaires des morts pour Anne-Laure (grand format oblige). Depuis, avec quelques mois (années) de recul, je peux affirmer qu’il s’agit d’un des mes ouvrages, et univers, de SF favori. Aussi, la sortie en poche en ce début 2024 est pour moi l’occasion rêvée de recopier ma chronique ici et vous faire découvrir le cycle d’Andrea Cort, désormais intégralement traduit, si vous ne le connaissez pas. Voici ce que j’avais écrit :

Je ne suis pas un lecteur assidu de « nouveautés », notamment en raison d’une préférence pour le format poche. Émissaires des morts faisait partie des nombreux ouvrages que je classais dans la catégorie « à acheter en priorité dès que ça sort en poche » – comme beaucoup de publications AMI, mais c’est une autre histoire – car il correspond totalement au type de SF que j’aime, qu’il est auréolé d’un prix, et surtout a suscité des retours unanimement dithyrambiques sur la blogosphère et autres réseaux sociaux. C’est d’ailleurs sur un réseau social que l’éditeur avait organisé un tirage au sort, en lien avec la sortie du 2e tome, que j’ai eu la chance de gagner. Double coup de chance en réalité : le hasard m’a mis entre les mains un de mes coups de cœur de l’année 2021. C’est donc en retard que je vais ajouter ma voix au concert de louanges méritées : ce livre est habité de personnages complexes, qui évoluent dans un univers cohérent au croisement de plusieurs genres de la SF, servis par de solides intrigues de thriller.

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