Chronique – L’Effet coccinelle, Yann Bécu

J’enfonce des portes ouvertes : le nombre de sorties SFFF est pléthorique. Et encore, je me contente essentiellement des sorties en poche, ce qui réduit drastiquement l’offre. Toujours est-il qu’avec un rythme de lecture d’un livre tous les 5 ou 6 jours, il faut bien choisir… Aussi, quand je trouve l’association science-fiction, one shot, auteur français et quatrième de couverture alléchante, c’est à dire la majorité de mes critères sélectifs, je me lance. D’autant plus que je connais déjà Yann Bécu pour avoir lu et beaucoup aimé Les bras de Morphée lors de sa sortie en poche.

Même si les histoires sont – je continue à enfoncer les portes ouvertes – différentes, j’ai retrouvé d’assez importantes similitudes et qualités : l’auteur a un talent pour démarrer sur une accroche complètement barrée mais qu’il sait mener de manière astucieuse, avec un ton volontiers acerbe, sans oublier de déclarer son amour à la littérature. Coup de cœur !

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Chronique – Galeux, Stephen Graham Jones

Lire exclusivement du format de poche c’est être contraint à l’attente, voire à l’angoisse – hyperbole – que le livre repéré lors de sa sortie en grand format ne soit finalement jamais publié dans sa version miniature. Galeux faisait partie de ces livres, au point où je commençais sérieusement à ne plus attendre. Il faut dire que Steph, qui a le chic pour identifier ce qui peut me plaire, me l’avait bien vendu. Finalement, c’est dans un Bifrost que j’ai vu l’annonce tant attendue : l’édition poche, chez Pocket, avec en prime une couverture superbe, qui saisit parfaitement l’ambiance du récit.

Marraine avait raison, c’est un roman que j’ai trouvé excellent. Stephen Graham Jones arrive à rendre réaliste, presque crédible, le mythe du garou. Il ne s’agit néanmoins pas d’un récit d’horreur, ou alors juste un peu, mais plutôt d’une plongée dans les Etats-Unis des marges. Le récit se dévore – désolé – grâce à la maitrise et à la plume astucieuse de l’auteur.

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Chronique – Le Prophète et le Vizir, Ada et Yves Rémy

J’avais repéré Le Prophète et le Vizir dans le programme des sorties Pocket mais, dans un désir de contrôler ma PAL de plus en plus Pisane, je l’avais classé dans la catégorie « wish list ». Le destin – compte tenu du thème, j’ose l’hyperbole – en a décidé autrement, puisque la maison d’édition me l’a envoyé comme service presse. Désireux de lire quelque chose de court et de lire une nouveauté dans un délai raisonnable, je l’ai lu, dévoré, dans la foulée.

En toute honnêteté, le nom du couple ne me disait rien (Yves Rémy est malheureusement décédé cette année) mais la petite phrase de Pierre-Paul Durastanti sur la quatrième de couverture est pour moi gage de qualité. Et je suis d’accord avec son avis. Le prophète et le vizir est un livre qui mêle avec une extraordinaire habileté histoire et conte orientaux autour du thème du destin – et en fait donc ma deuxième critique de cette semaine consacrée à l’imaginaire religieux -, le tout servi par une écriture remarquable.

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Chronique – Étrangers, Gardner Dozois

Après vous avoir parlé de la novella Le fini des mers en début de semaine, j’évoque ici l’autre texte que Gardner Dozois a écrit en solo, sensiblement plus long mais tout de même assez court, surtout au regard des écrits plus récents. Ce titre est pour moi l’occasion de saluer franchement l’audace des éditeurs de l’imaginaire et surtout le rôle des directrices et directeurs de collection. En proposant Étrangers au catalogue Pocket, Charlotte Volper fait preuve de la qualité fondamentale nécessaire à sa profession : le respect, ici vis à vis des lecteurs.

En effet, même si vendre un titre est toujours l’objectif, l’édition d’Étrangers me paraît surtout correspondre à la volonté de proposer un texte ardu et singulier mais aussi majeur pour le genre de la Science-Fiction. Car Gardner Dozois, pour son seul roman « long », propose un planet opera qui n’a pas pris une ride, avec l’altérité et l’amour comme thèmes centraux.

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Chronique – Les noces de la Renarde, Floriane Soulas

Si vous suivez mes billets mensuels « entrées en PAL », vous savez que j’achète aussi des livres pour mon épouse. Grosse responsabilité. Parfois, avec un machiavélisme à peine assumé, certains de ces achats ont un objectif probatoire : une sorte d’ultime cut avant de rejoindre ma PAL. Les noces de la Renarde fait partie de ceux-là, mais je dirais aussi que le destin (je le dirais si j’y croyais) s’acharne à m’agiter ce roman sous la truffe humide. Déjà, par sa couverture, peut-être ma favorite d’Aurélien Police. Ensuite, il avait progressé dans la PAL dite « prioritaire » (ne posez aucune question…) en raison du PIF 2022, que j’avais présenté ici, car il correspond parfaitement à une rubrique portant sur mythes et folklore. Enfin, et surtout, le roman est le tout récent lauréat du Prix du livre de poche décerné durant la première édition du festival l’Ouest hurlant.

En attendant de creuser cette idée de Prix du livre de poche qui suscite évidemment beaucoup d’intérêt pour moi, voici donc mon retour sur Les noces de la Renarde. L’autrice fait le choix ambitieux d’ancrer son histoires – ses histoires – dans le Japon médiéval et contemporain, pour nous livrer un roman aux accents de polar fantastique tout en interrogeant famille et traditions.

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Chronique – La princesse au visage de nuit, David Bry

David Bry est connu notamment pour son roman Que passe l’hiver, coup de cœur des imaginales 2019 largement mérité à mon avis – j’avais classé ce livre en troisième position de mes lectures de cette année là. Sa deuxième sortie chez Pocket, Le garçon et la ville qui ne souriait plus, m’avait beaucoup moins convaincu, notamment en raison d’une ambiance trop jeunesse à mon goût, malgré des qualités indéniables. Pas de quoi cependant me faire passer mon tour sur cette troisième publication chez Pocket, estampillée du logo du label « Les étoiles montantes de l’imaginaire » lancé en 2022 et qu’il inaugure. Et je ne regrette pas cette lecture : j’ai passé un beau moment avec ce classique conte fantastique aux accents de polar, qui prend surtout le temps d’approfondir ses personnages bien cabossés.

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Chronique – Les derniers jours du Nouveau Paris, China Miéville.

Il y a des auteurs et des autrices chouchous. J’ai déjà fait ici plusieurs « déclaration d’amour » et c’est toujours un plaisir que d’en faire une de plus. Miéville est donc un de ces auteurs que j’affectionne, pour son imagination débridée et sa capacité à me sortir de mes zones de confort, en tant qu’auteur de la New Weird (je vous invite chaudement à lire l’article pointu mais accessible du Chroniqueur à ce sujet). Aussi, quand il écrit une uchronie sur la Seconde Guerre mondiale, il réussit à réinventer cette idée – pourtant servie jusqu’à la lie – et va bien plus loin qu’une simple divergence.

Il s’agit retour que j’avais publié sur Facebook le 9 août 2020.

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Chronique – Le Moineau de Dieu, Mary Doria Russell

Le Moineau de Dieu de Mary Doria Russell

Parfois, un livre atterrit dans vos mains plus ou moins par hasard, végète un peu dans la PAL, mais finit par devenir un coup de cœur. Le Moineau de Dieu est, livre qui m’a été offert par Anne-Laure (de Chut maman lit !) car elle sait que j’affectionne les histoires de first contact, est dans ce cas. Et à fortiori, une histoire de premier contact mené par des jésuites ne pouvait que titiller ma fibre historique.

Comme je n’en avais jamais entendu parlé, j’étais persuadé qu’il s’agissait d’une « nouveauté », jusqu’à découvrir les nombreux prix qu’il a obtenu en 1997 et 1998. Les attentes commençaient donc à devenir élevées, surtout quand Steph (de Outrelivres) m’indique que le livre me plaira probablement et qu’il est chargé d’émotions.

Le Moineau de Dieu est tout ça : un livre de low SF, avec de très beaux personnages, et qui s’interroge surtout sur le dessein divin…

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Chronique – Les employés, Olga Ravn

Les employés d’Olga Ravn

Mondes de poche n’a que quelques semaines, et pour la première fois – sûrement pas la dernière – je me maudis de l’avoir ouvert en m’imposant de chroniquer tout ce que je lis, même si j’ai déjà quelques ouvrages en attente de retours qui s’empilent sagement. Concernant Les employés, la difficulté tient essentiellement au livre lui-même, qui est une véritable expérimentation littéraire. Car si la quatrième de couverture évoque une sorte de polar spatial en huis-clos un peu décalé, l’autrice danoise propose bien davantage, et écrit surtout un texte qu’il sera difficile de classer en j’aime/j’aime pas, tant il relève d’une forme d’art contemporain et flirte avec le Nouveau roman. Dans tous les cas, le terme d’OVNI littéraire, n’est pas usurpé. Par son décor qui n’est pas qu’un simple gigantesque vaisseau spatial, par les thèmes qui sondent – oserais-je le mot « analysent » ? – la psyché humaine et par sa forme, à la fois pertinente et déconcertante.

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Chronique – Ronde de nuit, Terry Pratchett

Ronde de nuit de Terry Pratchett

Samedi nécromancie. A la suite de ma chronique portant sur Danse avec les Lutins, il me paraissait logique de prolonger avec un retour sur un tome du Disque-monde. Je lis un Pratchett de temps en temps, dans l’ordre. Une lecture doudou, où je sais que je vais passer un bon – dans le pire des cas – moment. Là, ce ne fut pas bon. Ce fut excellent. Il s’agit désormais de mon tome préféré du Disque-Monde, alors que c’est pourtant peut-être le moins « pratchettien ».

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