Chronique – Tonnerre après les ruines, Floriane Soulas

Jusqu’à présent, je n’avais lu qu’un seul texte de Floriane Soulas, Les noces de la Renarde (primé en 2022) ; le hasard des lectures a fait que je n’avais pas eu l’occasion d’explorer davantage son travail, en dépit d’un succès qui ne se dément pas. La sortie en poche de Tonnerre après les ruines était pour moi l’occasion de rectifier le tir, même si l’épaisseur du roman et quelques retours parfois mitigés me freinaient un peu.

La surprise a donc été bonne – quasi 700 pages lues en une semaine, c’est plutôt bon signe. Dans ce roman, l’autrice s’interroge : que reste-t-il de l’humanité après une apocalypse qui n’en finit pas ? La nature a repris ses droits sur la culture, mais l’humanité moribonde ne peut se défaire de ses réflexes de domination, alors qu’elle doit se réinventer.

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Chronique – Les damnés de l’asphalte, Laurent Whale

En 2019, je lisais puis chroniquais Les étoiles s’en balancent de Laurent Whale, roman d’aventures dans une France d’apocalypse lente. Sept ans plus tard, je vous livre la chronique de la suite, Les damnés de l’asphalte, ce qui représente une double prise de risque : avais-je assez de souvenirs pour comprendre les enjeux et les allusions au tome précédent ? Et est-ce qu’elle tiendrait la comparaison avec un récit qui m’avait emballé à l’époque ?

Qu’apporte donc cette suite ? Le plaisir de retrouver nos personnages, une génération plus tard, bien sûr, mais aussi de voyager à nouveau dans cette Europe malheureusement crédible ; et surtout des réflexions qui m’ont paru plus abouties : quel(s) prix à payer ?

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Chronique – La Pratique, L’Horizon et la Chaîne, Sofia Samatar

Sofia Samatar est une autrice éditée en France par Argyll, et déjà deux fois dans la collection de novellas RéciFs. J’ai reçu La Pratique, l’Horizon et la Chaîne (hop, copié collé du long titre) en SP, ce qui est donc l’occasion pour moi de découvrir cette plume engagée – la marque de fabrique de l’éditeur. J’y allais tout de même un peu à reculons, la quatrième me rappelant L’incivilité des fantômes de Rivers Salomon, texte qui m’avait en partie laissé sur le côté du chemin, et que le terme de « parabole » du rabat n’est pas toujours rassurant pour moi.

Avec La Pratique, l’Horizon et la Chaîne on retrouve bien un texte de SF intégralement dans le huis clos de vaisseaux spatiaux qui aborde la question – et la persistance – de l’esclavage dans toutes ses dimensions, sans négliger la spiritualité et ce qu’elle permet.

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Chronique – Eversion, Alastair Reynolds

Alastair Reynolds s’installe solidement dans la catalogue du Bélial, ce qui n’est pas nécessairement bon signe de mon côté car il m’arrive souvent – de plus en plus, mais pourquoi ? – de ne rien comprendre à certains textes qu’ils éditent ou ont édité. Je gâche le suspense dès à présent : si j’en parle ici, c’est que j’ai beaucoup aimé ; et davantage même puisque cette chronique est dans la page des coups de cœur. Si vous êtes attentif, vous avez déjà remarqué que j’ai mentionné l’éditeur grand format, et que la couverture n’est pas celle de la version poche (sortie en mars 2026 tout de même) car il s’agit de la version que j’ai lue, et qui m’a été gentiment offerte par Océane, taulière du blog Navigatrice de l’imaginaire. Qu’elle en soit remerciée.

Remerciements de courte durée tout de même. Cette chronique est un enfer à rédiger. Je me contenterai donc de partir de la couverture pour poser ainsi l’addition ainsi – oui, c’est par pour rien que je ne comprends pas toujours leurs livres – : bateau + planète + éversion = excellent livre.

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Chronique – À ce qui rouille et qui oublie, Lou Dulac

Commençons par enfoncer quelques portes ouvertes. Non, la SF ça n’est pas « toujours pareil », et encore moins « c’était mieux avant ». Oui, autrices et auteurs sont les fruits de leurs contextes, qu’ils soit social, politique… ou scientifique, et à fortiori pour qui écrit de la SF. Par exemple, Sbires ou Au cœur des méchas témoignent de l’influence – consciente ou non – des subaltern studies qui donnent la parole aux « petites gens ». Donc, même si le texte qui nous intéresse aujourd’hui n’est pas fondamentalement neuf, son approche et sa sensibilité valent le détour.

Avec À ce qui rouille et qui oublie, Lou Doulac s’inscrit quant à elle dans les préoccupations du care et se rattache au courant Solar/hope punk. L’autrice nous propose un univers post-apo où un robot en quête de souvenirs et d’identité (re)donne un sens à l’existence.

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Chronique – Sbires, Natalie Zina Walschots

Le genre super-héroïque a depuis longtemps débordé des simples cases de comics, et de la simple cible adolescente, vers un public adulte, et dont la salle de cinéma a parfois même été le lieu du premier contact. Néanmoins, par ses thèmes et sa forme – je pense notamment aux costumes -, le genre est éminemment visuel, graphique, et le passage à un format uniquement rédigé pouvait donc paraitre plus délicat, ou devenir une opportunité pour apporter une pierre de plus au vaste édifice. Quant au déboulonnage du mythe – notamment celui de Superman – le succès de la série The Boys montre qu’il est déjà bien avancé.

Avec Sbires, Natalie Zina Walschots s’inspire des codes et héritages du genre, tout en donnant la parole à celles et ceux qui sont parfois oubliés, et en montrant que le Golden Age est révolu.

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Chronique – Des perles pour les truies, Maeve Spiral

Je me répète, et m’excuse donc auprès des fidèles du blog, mais la novella est à la mode. Des perles pour les truies, c’est donc le lancement d’une nouvelle collection de format court, à la charte graphique léchée et identifiable, mais surtout une nouvelle autrice française ; et une incursion en Fantasy, dans un genre longtemps dominé en France par des plumes masculines, et qui en général a une tendance marquée à l’hypertrophie du nombre de pages.

Ici, s’il y a taille, c’est celle de la narratrice, hors norme à bien des égards, qui se démène dans un univers esquissé mais aux inégalités marquées, et qui doit (dés)apprendre à (se) faire confiance.

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Chronique – Maleficium, Martine Desjardins

La toute jeune collection poche des éditions l’Atalante, Neptune, a déjà un catalogue étoffé entre inédits en poche issus de leur fond grand format et textes qui déboulent directement. Si on y ajoute une direction artistique et une forme qui mise sur les couleurs métallisées, j’ai l’impression d’avoir en main une déjà vieille collection – rien de péjoratif ici – qui s’imposerait comme une bibliothèque idéale, entre nouveautés et classiques. Cela faisait quelques semaines que je voulais contacter l’éditeur pour un Service Presse d’un texte que je pourrais inclure à mon projet de prix (donc inédit en poche, pas de cycle…). Ce fut Maleficium de Martine Desjardins.

Bien m’en a pris pour cette excellente surprise. Maleficium se présente comme un fix up avec un schéma précis, qui parle de toutes les formes de domination, mais qui est en réalité un roman.

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Chronique – Desdemona, C.S.E. Cooney

Lecteurs et lectrices d’imaginaire, nous avons de la chance. En flânant entre les étagères et tables des librairies, il y a des couvertures qui attirent l’œil, qui semblent chuchoter pour que l’on s’en saisisse, puis découvrir la quatrième ; et il y a celles que littérature blanches, surtout en grand format, austères, froides, ou pire avec la photo de l’autrice ou auteur dessus – imaginez des affiches de ciné avec la tronche des scénaristes ou réal’… On m’a déjà rétorqué de l’important, c’est l’intérieur, et que les pratiques évoluent. Mais je sais être de mauvaise foi, caricatural même, et encore plus amorcer mes chroniques.

Car sans la couverture sublime de Desdemona, signée Anouck Faure, je n’aurais pas accordé d’attention à cette épaisse novella, qui se serait perdu dans dans les méandres d’un algorithme des réseaux sociaux, et je n’aurais peut-être pas répondu à l’appel de Xavier Dollo qui proposait des services presse – j’en avais déjà l’intention, mais je procrastinais – portant sur le titre de C.S.E. Cooney. Livre demandé, reçu, dévoré. Mais qui est Desdemona ? Une jeune héritière d’une famille qui exploite les prolétaires, qui découvre des mondes secrets… et qu’elle a une conscience.

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Chronique – La Maison aux pattes de poulet, GennaRose Nethercott

Depuis le mois de janvier, j’ai la chance de participer à un Book Club dédié à l’imaginaire, qui vient d’être lancé par la librairie Goulard à Aix-en-Provence. J’aime discuter des bouquins, vous aussi si vous êtes ici, et j’ai apprécié rencontrer des lecteurs et lectrices qui ne sont pas spécialistes – rien de péjoratif ici – de la SFFF. Le rendez-vous est mensuel, avec à chaque fois un livre de poche – si si ! – à lire pour la fois suivante. Pour février, le livre choisi était donc La maison aux pattes de poulet, de GennaRose Nethercott, que j’avais prévu de lire de toute manière et dont j’avais le souvenir d’un bouche à oreille très positif lors de sa sortie en grand format.

Je ne me démarquerai pas de mes camarades car cette lecture a été un coup de cœur. L’autrice pose une belle question : qu’est-ce qu’un héritage ? Une famille, des mythes, une histoire ? Un peu tout ça.

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