Chronique – Mes vrais enfants, Jo Walton

Il y a des livres qui sont lus trop tardivement : entre l’étape du repérage, puis de l’achat et la stagnation en PAL, il faut parfois un petit déclencheur pour extraire un livre plutôt qu’un autre ; pour Mes vrais enfants, c’est un défi organisé sur un groupe Facebook et dont le thème du mois de juin était « auteur ou autrice avec la même initiale de prénom » qui a fait fonction de. Mieux vaut tard que jamais.

Ce n’est peut-être qu’une impression, mais Mes vrais enfants me parait être un livre très apprécié – euphémisme – par l’ensemble des lectrices et lecteur. Pour ma part, je l’intègre à ma liste des 10 romans incontournables écrits par des autrices. Je ne ferai donc preuve d’aucune originalité en me joignant au concert de louanges. Mes vrais enfants s’appuie sur une idée qui a traversé l’esprit de tout le monde, au moins une fois : et si j’avais fait un choix différent ? Deux uchronies naissent alors mais restent à hauteur d’individus, pour un roman très (très) riche en émotions.

Lire la suite « Chronique – Mes vrais enfants, Jo Walton »

Chronique – Lum’en, Laurent Genefort

Je termine la semaine consacrée à Laurent Genefort, avec Lum’en pour conclure. Sorti initialement en 2015, et donc plutôt récemment au regard de longévité de l’auteur (ce dernier posait d’ailleurs cet enjeu avec humour en interview), il est auréolé des prix Julia Verlanger, Rosny aîné et Grand prix de l’Imaginaire. Situé aussi dans la Panstructure, l’univers de l’auteur, il me parait être une bonne préquelle, ou suite selon votre ordre de lecture, à Colonies. Cette chronique a été publiée initialement sur Facebook, en décembre 2020.

Lire la suite « Chronique – Lum’en, Laurent Genefort »

Chronique – Les noces de la Renarde, Floriane Soulas

Si vous suivez mes billets mensuels « entrées en PAL », vous savez que j’achète aussi des livres pour mon épouse. Grosse responsabilité. Parfois, avec un machiavélisme à peine assumé, certains de ces achats ont un objectif probatoire : une sorte d’ultime cut avant de rejoindre ma PAL. Les noces de la Renarde fait partie de ceux-là, mais je dirais aussi que le destin (je le dirais si j’y croyais) s’acharne à m’agiter ce roman sous la truffe humide. Déjà, par sa couverture, peut-être ma favorite d’Aurélien Police. Ensuite, il avait progressé dans la PAL dite « prioritaire » (ne posez aucune question…) en raison du PIF 2022, que j’avais présenté ici, car il correspond parfaitement à une rubrique portant sur mythes et folklore. Enfin, et surtout, le roman est le tout récent lauréat du Prix du livre de poche décerné durant la première édition du festival l’Ouest hurlant.

En attendant de creuser cette idée de Prix du livre de poche qui suscite évidemment beaucoup d’intérêt pour moi, voici donc mon retour sur Les noces de la Renarde. L’autrice fait le choix ambitieux d’ancrer son histoires – ses histoires – dans le Japon médiéval et contemporain, pour nous livrer un roman aux accents de polar fantastique tout en interrogeant famille et traditions.

Lire la suite « Chronique – Les noces de la Renarde, Floriane Soulas »

Chronique – 24 vues du Mont Fuji par Hokusai, Roger Zelazny

J’ouvre une semaine dédiée au Japon comme source d’inspiration. Je commence d’abord par ressortir une chronique publiée sur Facebook le 12 avril 2021.

Après le cycle d’Ambre puis Songe d’une nuit d’octobre (la chronique sera surement ressucitée un jour), nouveau Zelazny pour moi. Je commence à peine à mesurer l’étendue de son œuvre et la portée de son talent. Ici, encore un récit à part, une novella où l’auteur déclare son amour à Hokusai. Le parallèle est saisissant : un écrivain connu du « grand public » essentiellement pour une œuvre évoque un peintre extrêmement prolifique, et artiste au sens large, « réduit » à sa Vague.

Lire la suite « Chronique – 24 vues du Mont Fuji par Hokusai, Roger Zelazny »

Chronique – La princesse au visage de nuit, David Bry

David Bry est connu notamment pour son roman Que passe l’hiver, coup de cœur des imaginales 2019 largement mérité à mon avis – j’avais classé ce livre en troisième position de mes lectures de cette année là. Sa deuxième sortie chez Pocket, Le garçon et la ville qui ne souriait plus, m’avait beaucoup moins convaincu, notamment en raison d’une ambiance trop jeunesse à mon goût, malgré des qualités indéniables. Pas de quoi cependant me faire passer mon tour sur cette troisième publication chez Pocket, estampillée du logo du label « Les étoiles montantes de l’imaginaire » lancé en 2022 et qu’il inaugure. Et je ne regrette pas cette lecture : j’ai passé un beau moment avec ce classique conte fantastique aux accents de polar, qui prend surtout le temps d’approfondir ses personnages bien cabossés.

Lire la suite « Chronique – La princesse au visage de nuit, David Bry »

Chronique – Cookie monster, Vernor Vinge

Deuxième lecture de cet auteur, après Un feu sur l’abîme, lu il y a déjà une bonne douzaine d’années et que j’avais trouvé un poil trop long et complexe, mais aux qualités indéniables. Je me disais donc qu’un texte plus court, paru dans la collection Une Heure Lumière, pouvait regrouper les qualités de l’auteur sans ces défauts. C’est exactement ça.

L’auteur exploite le décor de la Silicon Valley pour nous livrer une novella aux airs de thriller, puis de conte, et qui plonge petit à petit dans une SF de plus en plus hard, le tout au service d’une question : les firmes transnationales (numérique, mais pas que) nous veulent-elles du bien ?

Lire la suite « Chronique – Cookie monster, Vernor Vinge »

Chronique – La main gauche de la nuit, Ursula K. Le Guin

Je ne pouvais décemment pas consacrer une semaine du blog à la SF des années 60 sans évoquer Ursula K. Le Guin, d’autant plus que l’index n’avait pas encore d’entrée à son nom. Même si le propos ou le rythme sont parfois un peu vieillot, et que l’autrice a comme tout le monde des biais d’écriture, on ne peut que constater à quel point ses écrits étaient résolument modernes, précurseurs même, pour l’époque. L’autrice est depuis régulièrement rééditée et ce titre a même été récemment révisé, et doté au passage d’une superbe édition collector.

Voici donc un retour publié initialement sur Facebook le 14 août 2020.

Lire la suite « Chronique – La main gauche de la nuit, Ursula K. Le Guin »

Chronique – Danses aériennes, Nancy Kress

Il s’agit de mon deuxième contact avec l’autrice étatsunienne, après la lecture du Nexus du docteur Erdmann publié dans la collection UHL par le Belial. Ce texte m’avait suffisamment enthousiasmé pour que je commande ce recueil dans la foulée. Cela peut paraître assez étonnant pour quiconque connait mes gouts, car Nancy Kress a parfois la réputation de produire des textes assez froids, ainsi que d’écrire de la HardSF, genre avec lequel je suis en délicatesse (même si j’avoue forcer un peu le trait pour faire mon cabotin). Le challenge Winter Short Stories of SFFF me permet d’extraire ce recueil de ma PAL et d’ajouter 11 textes à mon compteur.

Il s’agit vraiment d’un échantillon des textes de l’autrice, écrits sur quasiment 25 ans, sans liens particuliers les uns avec les autres. Néanmoins, ils ont des caractéristiques communes. L’autrice part toujours d’un élément de SF, plus ou moins détaillé, pour en extrapoler des conséquences et voir dans quelle direction pourrait aller l’humanité, et souvent mettre en garde. Mais ce sont aussi des histoires intimes, centrées très souvent sur la famille et l’amour, avec des personnages féminins intéressants.

Lire la suite « Chronique – Danses aériennes, Nancy Kress »

Chronique – Le Moineau de Dieu, Mary Doria Russell

Le Moineau de Dieu de Mary Doria Russell

Parfois, un livre atterrit dans vos mains plus ou moins par hasard, végète un peu dans la PAL, mais finit par devenir un coup de cœur. Le Moineau de Dieu est, livre qui m’a été offert par Anne-Laure (de Chut maman lit !) car elle sait que j’affectionne les histoires de first contact, est dans ce cas. Et à fortiori, une histoire de premier contact mené par des jésuites ne pouvait que titiller ma fibre historique.

Comme je n’en avais jamais entendu parlé, j’étais persuadé qu’il s’agissait d’une « nouveauté », jusqu’à découvrir les nombreux prix qu’il a obtenu en 1997 et 1998. Les attentes commençaient donc à devenir élevées, surtout quand Steph (de Outrelivres) m’indique que le livre me plaira probablement et qu’il est chargé d’émotions.

Le Moineau de Dieu est tout ça : un livre de low SF, avec de très beaux personnages, et qui s’interroge surtout sur le dessein divin…

Lire la suite « Chronique – Le Moineau de Dieu, Mary Doria Russell »

Chronique – L’homme qui savait la langue des serpents, Andrus Kivirähk

L’homme qui savait la langue des serpents de Andrus Kivirähk

On passe parfois à côté de certains titres, tout auréolés du prix de l’imaginaire – 2014 en l’occurrence – qu’ils soient. Dans ce cas, c’est le hasard d’une mise en évidence dans ma librairie, au rayon « littératures étrangères », qui me l’a fait fait découvrir. Tous les astres étaient alignés : une maison d’édition que je ne connaissais pas (au catalogue éclectique et qui n’est pas spécifiquement imaginaire) pour un objet original, un auteur d’une nationalité – l’Estonie – que je n’avais pas encore lue et une quatrième intrigante. J’étais tout de même dubitatif, suffisamment pour laisser végéter le livre durant une année dans ma PAL, car cette même couverture arbore des extraits de critiques élogieuses issues de Télérama et du Magazine littéraire, autant de repoussoirs pour moi. Le prix lui-même m’a parfois laissé un arrière-goût désagréable. La surprise en est d’autant meilleure. L’homme qui savait la langue des serpents est une fable païenne dans le contexte d’une Estonie passée, propice à une réflexion sur la modernité et centrée sur un héros tragique.

Lire la suite « Chronique – L’homme qui savait la langue des serpents, Andrus Kivirähk »

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑