Cette année, j’ai participé au Book Club imaginaire organisé par la librairie Goulard à Aix-en-Provence. L’ambiance y est très sympa, avec des lecteurs et lectrices dont l’objectif était de découvrir les genre littéraires qui nous intéressent particulièrement. Bien sûr, j’ai milité pour une dose de SF, même si je sais qu’il s’agit du genre qui effraie le plus… La sortie en poche – enfin ! – de La Planète des toudous de John Scalzi dans la collection Neptune. Je l’avais déjà lu en grand format, alors sous la nom de La controverse de Zara XXIII, et l’ai relu avec énormément de plaisir. L’occasion pour moi d’exhumer la courte chronique rédigée alors sur Facebook, en juin 2020.
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Je lis assez peu d’horreur, surtout pas de body horror – je suis du genre à agripper les parties de mon anatomie évoquées dans un texte – mais Morgane Caussarieu a bonne presse, et je suis sensible à sa démarche de populariser un genre dans une version francophone. Aussi, la sortie en poche de Visqueuse chez Pocket était l’occasion pour moi de découvrir l’autrice.
Que se passe-t-il quand une créature semblable à une sirène est capturée dans le Doubs de l’Entre-deux-guerres ? L’occasion pour l’autrice de réfléchir à ce qu’est un monstre, pourquoi ils nous fascinent, et de questionner les rapports de domination. Une franche réussite.
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De Katherine Arden, j’ai déjà lu sa Trilogie d’une nuit d’hiver, devenue depuis une des mes fresques préférées, et dont le premier tome m’avait encouragé à citer son nom dans le Top10 des autrices de SFFF -sujet qui mériterait une V2 en passant. J’avais donc une grande hâte de lire un autre de ses textes, et l’éditeur m’a exaucé, avec un calendrier extrêmement resserré : traduction l’année même de la parution en VO et sortie du format poche moins de deux ans plus tard. Le risque, dans ces cas-là, est de toujours trop attendre.
Mais Katherine Arden a un talent fou – et une capacité de travail certaine – car Requiem pour les fantômes est un autre coup de cœur, et toujours dans une veine qui mêle Histoire et fantastique. Que sont les fantômes de la guerre ? Des territoires et des paysages marqués à jamais, l’ombre des morts et de deuils impossibles, ou l’incarnation des faiblesses de l’Homme ?
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La jeune collection de novellas lancée cette année par les éditions ActuSF continue son bonhomme de chemin, et cette fois-ci avec le texte d’une autrice habituée à ce format en la personne de Katia Lanero Zamora, auréolée du prix Julia Verlanger – mérité – pour Re:Start. Au delà de la forme, l’autrice belge prolonge avec acuité la dimension cathartique et s’attaque cette fois-ci au monde de l’entreprise, à l’heure du néolibéralisme époux du web 3.0.
Que se passe-t-il quand le management moderne fait semblant de régler les problèmes qu’il crée lui-même ? Cela donne une séance de jeu qui regroupe une poignée de salariés, contraints de respecter des règles obscures pour atteindre l’objectif ultime.
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Je vous ai parlé il y a quelques jours de Mondes de poche. Or, quand j’ai demandé ce dernier en SP, Erwan a proposé de m’envoyer en même temps Sept vues sur les gorges d’Olduvaï, de Mike Resnick, ce que j’ai accepté, après m’être toutefois enquis de son accessibilité, Aspects ayant laissé des traces chez moi. Et en effet, Sept vues – vous pardonnerez à votre serviteur de ne pas écrire systématiquement le titre en entier – est non seulement accessible, mais aussi un excellent texte, d’un auteur que j’aimerais avoir l’occasion de lire plus avant. En tout cas, un coup de cœur.
La novella interroge ce qui fait l’essence de l’humanité. C’est un texte de SF qui s’inscrirait dans un vaste space opera, mais en adoptant les méthodes archéologiques et anthropologiques – croyez-moi, jamais la discipline n’aurait aussi bien porté son nom – pour dresser un portrait de famille quelque peu pessimiste.
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Il y a des coïncidences qui font sourire. Qu’une novella porte le nom de mon blog, dans la prestigieuse collection Une Heure-Lumière de surcroit, en est résolument une. Elle fut également l’occasion pour moi de faire un pas que j’avais jusque-là retenu : faire une demande de service de presse auprès du Bélial. Erwan Perchoc a gentiment accepté et voici donc cette chronique, pour une fois largement en avance sur le reste de la blogosphère (si ça se trouve, je suis même le premier, au moins en temps relatif…)
Mais cessons ces petites références à nos nombrils et parlons de l’essentiel : Mondes de poche de Brenda Peynado – autrice traduite pour la première fois en français – et lauréate du prix Dick 2025 avec ce texte. C’est mérité. J’ai adoré cette (ré)écriture qui part d’un trope bien connu en SF, les univers parallèles, mais avec une narratrice dont le point de vue diffère doublement : celui d’une Dominicaine, et mère en deuil.
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Alastair Reynolds s’installe solidement dans la catalogue du Bélial, ce qui n’est pas nécessairement bon signe de mon côté car il m’arrive souvent – de plus en plus, mais pourquoi ? – de ne rien comprendre à certains textes qu’ils éditent ou ont édité. Je gâche le suspense dès à présent : si j’en parle ici, c’est que j’ai beaucoup aimé ; et davantage même puisque cette chronique est dans la page des coups de cœur. Si vous êtes attentif, vous avez déjà remarqué que j’ai mentionné l’éditeur grand format, et que la couverture n’est pas celle de la version poche (sortie en mars 2026 tout de même) car il s’agit de la version que j’ai lue, et qui m’a été gentiment offerte par Océane, taulière du blog Navigatrice de l’imaginaire. Qu’elle en soit remerciée.
Remerciements de courte durée tout de même. Cette chronique est un enfer à rédiger. Je me contenterai donc de partir de la couverture pour poser ainsi l’addition ainsi – oui, c’est par pour rien que je ne comprends pas toujours leurs livres – : bateau + planète + éversion = excellent livre.
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Le blog arrive doucement sur ses cinq ans. Ma toute première chronique était consacrée à la première partie de cette « trilogie en quatre volumes mais qui est en fait un dyptique » qu’est Olangar; puis j’avais lu le tome suivant à sa parution, de longs moirs plus tard, et commencé enfin le dernier au début de ma période agrégative… Celui-ci était donc resté en suspend malgré la reprise régulière de mes chroniques, alors que j’appréciais – beaucoup – cette lecture. Il était donc temps de l’achever puis de vous livrer cette trilogie du samedi, pour un cycle qui a été un coup de cœur de bout en bout.
Je conserve la même structure pour cette rubrique, et j’évoque donc le cycle dans son intégralité, tout en évitant au maximum de spoiler : une présentation générale de la trilogie et de ses thèmes, l’articulation des tomes et, en guise de conclusion, l’intérêt général en tant que cycle – en toute subjectivité.
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Commençons par enfoncer quelques portes ouvertes. Non, la SF ça n’est pas « toujours pareil », et encore moins « c’était mieux avant ». Oui, autrices et auteurs sont les fruits de leurs contextes, qu’ils soit social, politique… ou scientifique, et à fortiori pour qui écrit de la SF. Par exemple, Sbires ou Au cœur des méchas témoignent de l’influence – consciente ou non – des subaltern studies qui donnent la parole aux « petites gens ». Donc, même si le texte qui nous intéresse aujourd’hui n’est pas fondamentalement neuf, son approche et sa sensibilité valent le détour.
Avec À ce qui rouille et qui oublie, Lou Doulac s’inscrit quant à elle dans les préoccupations du care et se rattache au courant Solar/hope punk. L’autrice nous propose un univers post-apo où un robot en quête de souvenirs et d’identité (re)donne un sens à l’existence.
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La toute jeune collection poche des éditions l’Atalante, Neptune, a déjà un catalogue étoffé entre inédits en poche issus de leur fond grand format et textes qui déboulent directement. Si on y ajoute une direction artistique et une forme qui mise sur les couleurs métallisées, j’ai l’impression d’avoir en main une déjà vieille collection – rien de péjoratif ici – qui s’imposerait comme une bibliothèque idéale, entre nouveautés et classiques. Cela faisait quelques semaines que je voulais contacter l’éditeur pour un Service Presse d’un texte que je pourrais inclure à mon projet de prix (donc inédit en poche, pas de cycle…). Ce fut Maleficium de Martine Desjardins.
Bien m’en a pris pour cette excellente surprise. Maleficium se présente comme un fix up avec un schéma précis, qui parle de toutes les formes de domination, mais qui est en réalité un roman.
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