On ne présente plus Ursula K. Le Guin, qui serait peut-être le seul nom d’autrice cité par les tenants de « la SF, c’était mieux avant ». On présente peu Virgile, évoqué pêle-mêle en cours de latin ou d’histoire lors d’une leçon sur la fondation mythique de Rome et le projet augustéen. Il est par contre nécessaire – pardonnez moi de généraliser en réalité ma propre expérience – de présenter Lavinia, l’épouse d’Enée, héros troyen et personnage principal de l’Enéide de l’auteur mentionné plus haut. Ainsi, un peu avant que l’exercice ne perde en originalité, l’autrice étatsunienne décidait de réécrire, ou du moins de compléter, un des textes fondateurs de l’Antiquité, inspiré lui-même de l’Odyssée, excusez du peu.
Pourquoi cette prise de risque, qui pourrait même flirter avec la prétention ? Pour réparer une injustice, mais aussi pour réfléchir au statut de l’auteur ou de l’autrice ainsi que la relation avec leurs personnages, et pour prolonger (conclure ?) le grand œuvre de Le guin. Une réussite.
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