Chronique – Deus Irae, Philip K. Dick et Roger Zelazny

Je me suis déjà lamenté – trop peut-être – sur la difficulté que pouvait représenter l’écriture de certaines chroniques. C’était avant de rédiger celle de Deus Irae. Désormais, je réfléchirai à deux fois avant d’employer ce mot, ou je manierai l’euphémisme pudique. Ici, la complexité de l’exercice tient essentiellement à l’esprit du livre, qui m’a arraché un nombre invraisemblable de commentaires, souvent prononcés à voix haute, et dont « what the fuck » est probablement le plus représentatif.

Il s’agissait d’une lecture croisée organisée par Cecilia, du groupe Facebook des Mordus et dont le thème était « autrice ou auteur qui nous a quitté ». Avec mon binôme, Gabriel – surnommé à raison le membre le plus sympathique du monde – nous avons fait les malins en choisissant un titre co-écrit par deux auteurs décédés, deux monuments de la littérature de l’imaginaire. Favorable aux conjonctures, le roman se prêtait bien à cette lecture à deux. Nous avons donc exploré ce monde post-apocalyptique, qui a pour thème centrale la religion (il s’agit donc de ma troisième est dernière chronique qui clôt la semaine qui lui est consacrée, jeu de mot inside) et dont les pattes des deux auteurs sont clairement visibles.

Lire la suite « Chronique – Deus Irae, Philip K. Dick et Roger Zelazny »

Chronique – Le Prophète et le Vizir, Ada et Yves Rémy

J’avais repéré Le Prophète et le Vizir dans le programme des sorties Pocket mais, dans un désir de contrôler ma PAL de plus en plus Pisane, je l’avais classé dans la catégorie « wish list ». Le destin – compte tenu du thème, j’ose l’hyperbole – en a décidé autrement, puisque la maison d’édition me l’a envoyé comme service presse. Désireux de lire quelque chose de court et de lire une nouveauté dans un délai raisonnable, je l’ai lu, dévoré, dans la foulée.

En toute honnêteté, le nom du couple ne me disait rien (Yves Rémy est malheureusement décédé cette année) mais la petite phrase de Pierre-Paul Durastanti sur la quatrième de couverture est pour moi gage de qualité. Et je suis d’accord avec son avis. Le prophète et le vizir est un livre qui mêle avec une extraordinaire habileté histoire et conte orientaux autour du thème du destin – et en fait donc ma deuxième critique de cette semaine consacrée à l’imaginaire religieux -, le tout servi par une écriture remarquable.

Lire la suite « Chronique – Le Prophète et le Vizir, Ada et Yves Rémy »

Chronique – Les noces de la Renarde, Floriane Soulas

Si vous suivez mes billets mensuels « entrées en PAL », vous savez que j’achète aussi des livres pour mon épouse. Grosse responsabilité. Parfois, avec un machiavélisme à peine assumé, certains de ces achats ont un objectif probatoire : une sorte d’ultime cut avant de rejoindre ma PAL. Les noces de la Renarde fait partie de ceux-là, mais je dirais aussi que le destin (je le dirais si j’y croyais) s’acharne à m’agiter ce roman sous la truffe humide. Déjà, par sa couverture, peut-être ma favorite d’Aurélien Police. Ensuite, il avait progressé dans la PAL dite « prioritaire » (ne posez aucune question…) en raison du PIF 2022, que j’avais présenté ici, car il correspond parfaitement à une rubrique portant sur mythes et folklore. Enfin, et surtout, le roman est le tout récent lauréat du Prix du livre de poche décerné durant la première édition du festival l’Ouest hurlant.

En attendant de creuser cette idée de Prix du livre de poche qui suscite évidemment beaucoup d’intérêt pour moi, voici donc mon retour sur Les noces de la Renarde. L’autrice fait le choix ambitieux d’ancrer son histoires – ses histoires – dans le Japon médiéval et contemporain, pour nous livrer un roman aux accents de polar fantastique tout en interrogeant famille et traditions.

Lire la suite « Chronique – Les noces de la Renarde, Floriane Soulas »

Chronique – L’homme qui savait la langue des serpents, Andrus Kivirähk

L’homme qui savait la langue des serpents de Andrus Kivirähk

On passe parfois à côté de certains titres, tout auréolés du prix de l’imaginaire – 2014 en l’occurrence – qu’ils soient. Dans ce cas, c’est le hasard d’une mise en évidence dans ma librairie, au rayon « littératures étrangères », qui me l’a fait fait découvrir. Tous les astres étaient alignés : une maison d’édition que je ne connaissais pas (au catalogue éclectique et qui n’est pas spécifiquement imaginaire) pour un objet original, un auteur d’une nationalité – l’Estonie – que je n’avais pas encore lue et une quatrième intrigante. J’étais tout de même dubitatif, suffisamment pour laisser végéter le livre durant une année dans ma PAL, car cette même couverture arbore des extraits de critiques élogieuses issues de Télérama et du Magazine littéraire, autant de repoussoirs pour moi. Le prix lui-même m’a parfois laissé un arrière-goût désagréable. La surprise en est d’autant meilleure. L’homme qui savait la langue des serpents est une fable païenne dans le contexte d’une Estonie passée, propice à une réflexion sur la modernité et centrée sur un héros tragique.

Lire la suite « Chronique – L’homme qui savait la langue des serpents, Andrus Kivirähk »

Chronique – Toutes les saveurs, Ken Liu

Toutes les saveurs de Ken Liu

J’avais décidé de rattraper mon retard dans la collection UHL mais je ne pouvais pas résister à un nouveau Ken Liu, après le parfait L’homme qui mis fin à l’histoire, le très bon Le Regard, novellas également éditées dans cette collection, ainsi que la Ménagerie de papier, superbe recueil de nouvelles toujours au Belial ainsi qu’en poche chez FolioSF. Pour une fois, je lis une nouveauté, et je ne le regrette pas du tout. Avec ce texte syncrétique, l’auteur étatsunien qui a grandi en Chine apporte une pierre, voire une graine, supplémentaire à ses réflexions sur l’altérité et la rencontre des cultures.

Lire la suite « Chronique – Toutes les saveurs, Ken Liu »

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑