Chronique – Les Sentiers de Recouvrance, Émilie Querbalec

Il y a des textes qu’on est heureux d’apprécier, et Les sentiers de Recouvrance est de ceux-là. D’Émilie Querbalec, j’avais déjà lu Quitter les Monts d’automne (dont ma chronique est finalement plus positive que le souvenir que j’en ai) et Les Chants de Nüying qui lui m’a vraiment déçu. Dans ces textes, l’autrice réoriente assez brutalement son intrigue quelque part après le milieu, ce qui me frustre car j’ai l’impression de promesses non tenues. Pourtant, j’aime la plume, ses personnages complexes et ses idées SF toujours intéressantes.

Alors, quid de ce roman ? L’autrice y applique à nouveau ce procédé mais dans un texte plus bref, donc avec un changement qui arrive plus tôt, et surtout un fond qui m’a paru adapté à ce twist. Au programme : futur proche inquiétant, deux beaux personnages, et de l’espoir.

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Chronique – Les Expiateurs, Tade Thompson

J’aime beaucoup Tade Thompson. J’ai adoré sa trilogie Rosewater ainsi que le premier tome de sa trilogie Molly Southborne éditée dans la collection Une Heure-Lumière, comme Les Expiateurs dont je vais vous parler aujourd’hui. L’identité littéraire de l’auteur est composée de quelques éléments forts, qui aboutissent à des textes toujours marquants : du body horror et de la violence, des personnages torturés, une volonté de jouer avec le lecteur, voire de le perdre en même temps que les personnages, jusqu’aux révélations finales. Logiquement, selon votre identité de lecteur ou lectrice, ces éléments peuvent être autant de défauts. Je l’ai déjà dit : j’aime.

Cette novella n’y déroge pas. Une entrée par le polar avec son lot de scènes brutales, un contexte de SF qui surgit et qui s’impose, et des personnages torturés. Du travail d’horloger, un tantinet mécanique.

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Chronique – Submergée, Arula Ratnakar

La collection RéciFs m’avait globalement habitué à des textes que je qualifierais « d’expérimentaux », avec des ambiances marquées, poétiques ou oniriques. Je ne l’attendais certainement pas du côté de la HardSF, plutôt l’apanage de la collection pionnière et concurrente. Nous restons tout de même dans la ligne éditoriale : une autrice – encore une première traduction en français – et un texte engagé, mais peut-être plus subtilement, et surtout très audacieux.

Car Submergée d’Arula Ratnukar est un texte d’une grande – peut-être trop – densité. Par quoi peut-on être submergé.e ? Par son environnement évidemment, mais aussi par les souvenirs, au risque de se perdre, et par l’amour.

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La Planète des toudous, John Scalzi

Cette année, j’ai participé au Book Club imaginaire organisé par la librairie Goulard à Aix-en-Provence. L’ambiance y est très sympa, avec des lecteurs et lectrices dont l’objectif était de découvrir les genre littéraires qui nous intéressent particulièrement. Bien sûr, j’ai milité pour une dose de SF, même si je sais qu’il s’agit du genre qui effraie le plus… La sortie en poche – enfin ! – de La Planète des toudous de John Scalzi dans la collection Neptune. Je l’avais déjà lu en grand format, alors sous la nom de La controverse de Zara XXIII, et l’ai relu avec énormément de plaisir. L’occasion pour moi d’exhumer la courte chronique rédigée alors sur Facebook, en juin 2020.

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Chronique – Tonnerre après les ruines, Floriane Soulas

Jusqu’à présent, je n’avais lu qu’un seul texte de Floriane Soulas, Les noces de la Renarde (primé en 2022) ; le hasard des lectures a fait que je n’avais pas eu l’occasion d’explorer davantage son travail, en dépit d’un succès qui ne se dément pas. La sortie en poche de Tonnerre après les ruines était pour moi l’occasion de rectifier le tir, même si l’épaisseur du roman et quelques retours parfois mitigés me freinaient un peu.

La surprise a donc été bonne – quasi 700 pages lues en une semaine, c’est plutôt bon signe. Dans ce roman, l’autrice s’interroge : que reste-t-il de l’humanité après une apocalypse qui n’en finit pas ? La nature a repris ses droits sur la culture, mais l’humanité moribonde ne peut se défaire de ses réflexes de domination, alors qu’elle doit se réinventer.

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Chronique – Team Building, Katia Lanero Zamora

La jeune collection de novellas lancée cette année par les éditions ActuSF continue son bonhomme de chemin, et cette fois-ci avec le texte d’une autrice habituée à ce format en la personne de Katia Lanero Zamora, auréolée du prix Julia Verlanger – mérité – pour Re:Start. Au delà de la forme, l’autrice belge prolonge avec acuité la dimension cathartique et s’attaque cette fois-ci au monde de l’entreprise, à l’heure du néolibéralisme époux du web 3.0.

Que se passe-t-il quand le management moderne fait semblant de régler les problèmes qu’il crée lui-même ? Cela donne une séance de jeu qui regroupe une poignée de salariés, contraints de respecter des règles obscures pour atteindre l’objectif ultime.

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Chronique – Sept vues sur les gorges d’Olduvaï, Mike Resnick

Je vous ai parlé il y a quelques jours de Mondes de poche. Or, quand j’ai demandé ce dernier en SP, Erwan a proposé de m’envoyer en même temps Sept vues sur les gorges d’Olduvaï, de Mike Resnick, ce que j’ai accepté, après m’être toutefois enquis de son accessibilité, Aspects ayant laissé des traces chez moi. Et en effet, Sept vues – vous pardonnerez à votre serviteur de ne pas écrire systématiquement le titre en entier – est non seulement accessible, mais aussi un excellent texte, d’un auteur que j’aimerais avoir l’occasion de lire plus avant. En tout cas, un coup de cœur.

La novella interroge ce qui fait l’essence de l’humanité. C’est un texte de SF qui s’inscrirait dans un vaste space opera, mais en adoptant les méthodes archéologiques et anthropologiques – croyez-moi, jamais la discipline n’aurait aussi bien porté son nom – pour dresser un portrait de famille quelque peu pessimiste.

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Chronique – Les damnés de l’asphalte, Laurent Whale

En 2019, je lisais puis chroniquais Les étoiles s’en balancent de Laurent Whale, roman d’aventures dans une France d’apocalypse lente. Sept ans plus tard, je vous livre la chronique de la suite, Les damnés de l’asphalte, ce qui représente une double prise de risque : avais-je assez de souvenirs pour comprendre les enjeux et les allusions au tome précédent ? Et est-ce qu’elle tiendrait la comparaison avec un récit qui m’avait emballé à l’époque ?

Qu’apporte donc cette suite ? Le plaisir de retrouver nos personnages, une génération plus tard, bien sûr, mais aussi de voyager à nouveau dans cette Europe malheureusement crédible ; et surtout des réflexions qui m’ont paru plus abouties : quel(s) prix à payer ?

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Chronique – Mondes de poche, Brenda Peynado

Il y a des coïncidences qui font sourire. Qu’une novella porte le nom de mon blog, dans la prestigieuse collection Une Heure-Lumière de surcroit, en est résolument une. Elle fut également l’occasion pour moi de faire un pas que j’avais jusque-là retenu : faire une demande de service de presse auprès du Bélial. Erwan Perchoc a gentiment accepté et voici donc cette chronique, pour une fois largement en avance sur le reste de la blogosphère (si ça se trouve, je suis même le premier, au moins en temps relatif…)

Mais cessons ces petites références à nos nombrils et parlons de l’essentiel : Mondes de poche de Brenda Peynado – autrice traduite pour la première fois en français – et lauréate du prix Dick 2025 avec ce texte. C’est mérité. J’ai adoré cette (ré)écriture qui part d’un trope bien connu en SF, les univers parallèles, mais avec une narratrice dont le point de vue diffère doublement : celui d’une Dominicaine, et mère en deuil.

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Chronique – La Pratique, L’Horizon et la Chaîne, Sofia Samatar

Sofia Samatar est une autrice éditée en France par Argyll, et déjà deux fois dans la collection de novellas RéciFs. J’ai reçu La Pratique, l’Horizon et la Chaîne (hop, copié collé du long titre) en SP, ce qui est donc l’occasion pour moi de découvrir cette plume engagée – la marque de fabrique de l’éditeur. J’y allais tout de même un peu à reculons, la quatrième me rappelant L’incivilité des fantômes de Rivers Salomon, texte qui m’avait en partie laissé sur le côté du chemin, et que le terme de « parabole » du rabat n’est pas toujours rassurant pour moi.

Avec La Pratique, l’Horizon et la Chaîne on retrouve bien un texte de SF intégralement dans le huis clos de vaisseaux spatiaux qui aborde la question – et la persistance – de l’esclavage dans toutes ses dimensions, sans négliger la spiritualité et ce qu’elle permet.

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