Chronique – Vers les étoiles, Mary Robinette Kowal

Il y a des sorties en poche qui suscitent l’impatience. Alors quand le roman a obtenu cinq prix prestigieux, que les retours sont excellents – encore plus quand ils viennent de blogueuses en qui j’ai toute confiance -, que c’est une uchronie, sur un thème qui m’intéresse énormément, et avec une dimension sociale… je trépignais. Ce livre que j’attendais tant, c’est Vers les étoiles, de Mary Robinette Kowal, premier tome (mais qui peut se lire seul) de la série Lady Astronaute.

C’est un immense coup de cœur ! Vers les étoiles est une uchronie post/pré-apocalypse où les femmes jouent un rôle de premier plan en dépit des oppositions et pesanteurs ; c’est aussi et surtout un très beau livre, avec des personnages très émouvants.

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Chronique – Sutbil béton, Les aggloméré.e.s

Subtil béton est un pur OVNI littéraire, et à plus d’un titre. Formellement, ce roman est issu d’une écriture très collective – d’où vient le nom « les aggloméré.e.s » – mais aussi individuelle, les parties étant écrites à une main, le tout sur un temps long. En terme de fond, c’est un roman de lutte(s) sociale(s) très engagé – si CNews ou le Figaro sont vos médias de référence, vous allez grincer des dents, voire pire – raconté à hauteur d’individus. J’ai l’impression que la maison d’édition, l’Atalante, avait ce projet très à cœur car c’est la première fois que je lis un roman qui sort en poche moins d’un an après sa version grand format, ce qui me parait témoigner d’une volonté de mise en avant.

Subtil béton questionne un futur malheureusement crédible – je n’ose dire probable – et les luttes intersectionnelles qu’il pourrait provoquer ; c’est aussi – surtout ? – un beau roman d’amour et d’adelphité.

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Chronique – Un gars et son chien à la fin du monde, C.A. Fletcher

C.A. Fletcher est scénariste et écrivain, connu essentiellement pour ses écrits jeunese. Le nom ne me disait rien, et je n’avais pas vu du tout vu passer les retours lors de la sortie en grand format. Mais un titre accrocheur, une couverture efficace et une quatrième de couverture bien écrite, comprendre qui appâte sans trop en dévoiler, sont autant d’éléments qui ont entrainé l’achat.

Le livre aurait peut-être végété quelques temps en PAL, même s’il avait vocation à entrer dans le défi 2022 (catégorie 1 « un animal joue un rôle important » – pour laquelle il pourrait compter triple voire plus), si Elwyn ne m’avait proposé de le lire en lecture croisée. Une belle réussite car nous avons tous les deux beaucoup aimé notre lecture – coup de cœur pour moi – et que Un gars et son chien à la fin du monde se prêtait parfaitement à l’exercice. Un univers post-apo intéressant (et bourré de références métatextuelles), une histoire parfaitement construite et rythmée, ainsi qu’une belle galerie de personnages, Griz et sa quête initiatique en tête.

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Chronique – Quitter les monts d’Automne, Émilie Querbalec

Alors que Les chants de Nüying, sorti en août chez Albin Michel Imaginaire, bénéficie déjà de retours très enthousiastes au sein de la blogosphère, Quitter les monts d’automne sortait à la même date, en poche. Lauréat du Rosny aîné 2021, écrit par une autrice francophone et appartenant au genre du Space opera étaient autant de bonnes raisons pour un achat. La lecture intervient dans le cadre d’une lecture croisée – gérées de main de maître par Cecilia, merci à elle – du groupe Facebook les Mordus de SFFF, et dont le thème était le voyage. Avec Damien, mon binôme – merci à lui aussi – nous avons épluché nos PAL et ce roman s’est imposé de lui-même. Une lecture intéressante, qui en outre était tout à fait adapté à une lecture croisée en raison des mystères qu’il contient. Émilie Querbalec part d’un monde qui ressemble en partie au Japon médiéval pour déboucher sur des enjeux sans cesse plus grands et dont le pivot est la question du langage écrit.

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Chronique – À l’état de nature, Damon Knight

Le Passager clandestin est une maison d’édition très engagée, avec des thèmes propres à mettre des lecteurs du Figaro ou des spectateurs de CNews en PLS, et qui associe des ouvrages qui s’inscrivent dans le réel, sous forme d’essais ou d’enquêtes, à de la fiction qui peut être un point de départ ou un prolongement de ces réflexions. Leur collection Dyschroniques intègre des rééditions de novellas anciennes qui ont l’intérêt – outre de remettre en lumière de vieux textes parfois tombés dans l’oubli – de remettre ces thèmes en perspective en montrant qu’ils ne sont pas nouveaux et de prouver, si c’est encore nécessaire, qu’une des fonctions de la Science-Fiction est de servir de lanceuse d’alertes. La fiction a également pour moi l’intérêt supplémentaire de proposer (souvent) plusieurs points de vue et d’ajouter une part de nuance, toujours indispensable, dans le discours.

À l’état de nature est un texte qui a toute sa place dans la collection ; il développe l’idée d’un futur dichotomique, entre utopie et dystopie et (re)pose donc la question de ce qu’est l’état de nature.

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Chronique – Au carrefour des étoiles, Clifford D. Simak

Je suis toujours tiraillé entre l’envie de lire les grands classiques, qu’ils soient étapes ou fondations, et donner priorité aux nouveautés, qui ont peut-être davantage besoin d’être lues. Au carrefour des étoiles, enfin plus précisément Simak, m’avait été recommandé très chaudement – et fermement – par Pierre-Paul Durastanti quand il a évoqué sa révision de Cristal qui songe. Aussi, sa réédition retraduite par ledit Pierre-Paul en 2021 puis la sortie en poche en août 2022 était l’occasion pour moi de lire une « nouveauté », au sens éditorial, prix Hugo 1964 et œuvre qui me paraît plutôt faire consensus au sein du fandom.

J’ajouterai ma voix au concert de louanges qu’a reçu ce roman. En partant d’une idée légèrement saugrenue et très simple, Simak construit un récit rythmé et prenant, tout en posant la question de l’humanité et de l’allégeance. Grand coup de cœur.

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Chronique – La maison hantée, Shirley Jackson

La maison hantée est considéré comme un des romans fondateurs de l’horreur moderne, culte pour de nombreux lecteurs, et dont l’autrice est adoubée par Stephen King lui-même. Une leçon que je récite parfaitement, sauf que j’ignorais jusqu’au nom de l’autrice il y a encore quelques semaines ; nom découvert, un de plus, grâce au Tag Autrices incontournables en SFFF (donc Vert a fait le bilan sur son blog). Spontanément, je ne serai pas allé vers ce livre car je n’aime pas l’horreur – je déteste avoir peur – et surtout parce la maison hantée me parait être un cliché tellement éculé que je n’achèterais pas un livre dont c’est le ressort principal. Néanmoins, j’aime consolider ma culture et donc lire les œuvres fondatrices, en essayant bien d’avoir cet idée en tête lors de ma lecture.

Mais si La maison hantée est effectivement un récit d’horreur bien mené, dont la maison est peut-être le personnage principal, c’est aussi un récit où la psychologie des personnages est très intéressante. On peut être hanté de plusieurs manières…

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Chronique – Poumon vert, Ian R. MacLeod

Poumon vert (Breathmoss en VO) est une UHL qui est arrivée en PAL pour la raison la plus simple – et idiote – qui soit : compléter la collection. J’achète les nouveautés et en parallèle je rattrape les volumes que j’ai manqué depuis le lancement de cette série de novellas. Il s’agit ici du numéro 8, avec une quatrième de couverture très accrocheuse, et un auteur que je ne connaissais pas (même de nom) mais qui a gagné la grande majorité des prix les plus prestigieux du monde de l’imaginaire.

Ce texte est tout à fait à sa place dans la collection, qui se caractère par son niveau d’exigence (une sorte d’anthologie des meilleures novellas jamais écrites) : un planet opera original et convaincant, texte d’initiation et au style très riche.

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Chronique – Un pont sur la brume, Kij Johnson

Les vacances se terminent, et le blog achève en même temps sa première année. Mondes de poche a logiquement fait la part belle aux éditeurs de poche les plus connus (Folio, J’ai lu, Pocket et Le livre de poche) mais aussi à d’autres – un peu – plus confidentiels et notamment à ma collection chouchou : Une heure lumière, éditée par le Bélial. Je ne pouvais pas clore cette année sans reprendre la chronique d’un de mes premiers contacts, à l’époque où je ne savais pas encore par quel texte commencer, et qui est devenu depuis une de mes romans courts – voire textes – favoris. Place donc à Un pont sur la brume de Kij Johnson ; chronique publiée initialement sur Facebook en décembre 2020.

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Chronique – Planetfall, Emma Newman

J’ai déjà évoqué l’excellente initiative de Vert et son tag Autrices incontournables en SFFF (qui a atteint sa 102 participation le 12 août ; voici le lien de ma propre participation) et, toujours envieux, boulimique même, d’enrichir ma PAL et ma culture des auteurs et autrices de la SFFF, je profite de ces listes quintessencielles pour picorer, voire piller joyeusement.

Planetfall d’Emma Newman apparait dans les 10 titres cités par Vert elle-même. Le livre m’avait déjà été conseillé à plusieurs reprises mais se trainait un peu au purgatoire de la wish list ; néanmoins ce tag, associé au challenge Summer Star Wars, ainsi que l’inquiétude ne pas pouvoir me le procurer – le livre n’a malheureusement pas eu le succès qu’il aurait dû – l’ont fait sortir de la zone grise pour être acheté, puis lu dans la foulée. C’est l’occasion pour moi d’exprimer ce que d’autres ressentent sûrement aussi, pour ce récit ou un autre : la frustration face à l’échec d’un livre qui a tellement de qualités, alors que des romans (bien plus) mauvais fonctionnent. Car avec Planetfall, Emma Newman propose un remarquable et original roman de colonisation, à la narration ingénieuse et surtout peuplé, hanté, de personnages aux lourds stigmates.

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