Chronique – Desdemona, C.S.E. Cooney

Lecteurs et lectrices d’imaginaire, nous avons de la chance. En flânant entre les étagères et tables des librairies, il y a des couvertures qui attirent l’œil, qui semblent chuchoter pour que l’on s’en saisisse, puis découvrir la quatrième ; et il y a celles que littérature blanches, surtout en grand format, austères, froides, ou pire avec la photo de l’autrice ou auteur dessus – imaginez des affiches de ciné avec la tronche des scénaristes ou réal’… On m’a déjà rétorqué de l’important, c’est l’intérieur, et que les pratiques évoluent. Mais je sais être de mauvaise foi, caricatural même, et encore plus amorcer mes chroniques.

Car sans la couverture sublime de Desdemona, signée Anouck Faure, je n’aurais pas accordé d’attention à cette épaisse novella, qui se serait perdu dans dans les méandres d’un algorithme des réseaux sociaux, et je n’aurais peut-être pas répondu à l’appel de Xavier Dollo qui proposait des services presse – j’en avais déjà l’intention, mais je procrastinais – portant sur le titre de C.S.E. Cooney. Livre demandé, reçu, dévoré. Mais qui est Desdemona ? Une jeune héritière d’une famille qui exploite les prolétaires, qui découvre des mondes secrets… et qu’elle a une conscience.

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Chronique – La Maison aux pattes de poulet, GennaRose Nethercott

Depuis le mois de janvier, j’ai la chance de participer à un Book Club dédié à l’imaginaire, qui vient d’être lancé par la librairie Goulard à Aix-en-Provence. J’aime discuter des bouquins, vous aussi si vous êtes ici, et j’ai apprécié rencontrer des lecteurs et lectrices qui ne sont pas spécialistes – rien de péjoratif ici – de la SFFF. Le rendez-vous est mensuel, avec à chaque fois un livre de poche – si si ! – à lire pour la fois suivante. Pour février, le livre choisi était donc La maison aux pattes de poulet, de GennaRose Nethercott, que j’avais prévu de lire de toute manière et dont j’avais le souvenir d’un bouche à oreille très positif lors de sa sortie en grand format.

Je ne me démarquerai pas de mes camarades car cette lecture a été un coup de cœur. L’autrice pose une belle question : qu’est-ce qu’un héritage ? Une famille, des mythes, une histoire ? Un peu tout ça.

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La trilogie du samedi – Trilogie d’une nuit d’hiver, Katherine Arden

La trilogie du samedi est un nouveau type de billet sur le blog, clin d’œil à l’incontournable rendez-vous télévisuel que les plus jeunes – et les plus vieux – d’entre vous ne connaissent peut-être pas, mais surtout solution à un problème que je rencontre pour rédiger certaines chroniques. Car il est relativement facile d’écrire au sujet d’un premier tome, mais l’exercice est un casse-tête – du moins pour moi – quand il s’agit des suivants, sans parler du deuxième volume, souvent de transition et régulièrement le moins bon d’une trilogie. Ajoutez la question des potentiels spoils, écrire sans raconter le début ou dévoiler la résolutions des intrigues précédentes est une gageure. Enfin, dernier cas de conscience : faut-il « vendre » un premier tome, qui peut-être enthousiasmant, et dont la trilogie est finalement un soufflé qui retombe ?

Je teste donc une démarche qui me permettra, je l’espère, de répondre à toutes ces problématiques et qui, je l’espère – bis – vous plaira. La structure sera probablement identique entre les différentes itérations de ce rendez-vous mensuel, je l’espère – ter – : une présentation générale de la trilogie et de ses thèmes, l’articulation des tomes (avec garantie sans spoils majeurs) et, en guise de conclusion, l’intérêt général en tant que cycle, en toute subjectivité. Et pour ce premier épisode, j’ouvre avec un coup de cœur : La trilogie d’une nuit d’hiver de Katherine Arden, qui pourrait être considérée comme un modèle du genre.

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Chronique – Terreur, Dan Simmons

Voici un billet publié initialement sur Facebook, en décembre 2019, et que j’exhume dans le cadre d’une semaine consacrée aux mythes froids. Je connaissais alors l’auteur pour son cycle devenu un classique, Hypérion et sa suite, Endymion. Terreur m’avait été conseillé dans le cadre du Cold Winter Challenge. Le résumé m’avait accroché : je l’ai donc acheté et lu immédiatement sans passer par la case PAL. Le bestiau est une brique dépassant les 1000 pages et comme je l’ai lu en 8 jour, on peut en déduire que j’ai aimé. Beaucoup même.

Concernant Simmons, de l’eau a coulé sous les ponts et j’ai découvert ses idées politiques inscrites à l’aide très à droite des Républicains US, au point d’hésiter à republier cette chronique. Pourtant, je n’ai pas perçu d’éléments rhétoriques qui m’auraient dérangé dans ce texte, qui mériterait, de fait, une relecture.

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Chronique – Boudicca, Jean-Laurent Del Socorro

Après avoir évoqué Le chien du forgeron en début de semaine, restons dans les héros celtes, cette fois-ci avec une héroïne : Boudicca ; toujours dans l’Antiquité, mais nous passons cette fois-ci du mythe à la légende. J’ai déjà eu l’occasion de chroniquer des romans de Jean-Laurent Del Socorro (et il m’en reste une à rédiger), qui sont toujours de beaux moments de lecture pour moi. Aussi, j’exhume ce retour publié initialement sur Facebook, en mars 2020.

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Chronique – Le chien du forgeron, Camille Leboulanger

Né en 1991, Camille Leboulanger est un auteur prolifique avec déjà six romans à son actif. Il fait également partie de la – trop – longue liste d’auteurs francophones que je voulais découvrir, d’autant plus que j’apprécie son engagement, dont je me sens proche. Aussi, une sortie en poche, avec pour thème la revisite d’un mythe (un genre que j’apprécie), était le petit coup de pouce nécessaire pour une première lecture.

Le chien du forgeron interprète le mythe de Cúchulainn, un des héros – au sens classique du terme – les plus importants du folklore celte. Les légendes qui l’évoquent sont nombreuses, souvent contradictoires, et fixées par écrit beaucoup plus tardivement. Camille Leboulanger décide d’en faire un roman sous forme d’une mise en abyme, tout en lui ajoutant une dimension moderne en se posant la question de la figure du héros, sans oublier – ce qui n’était pas aisé – les personnages féminins.

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Chronique – Deus Irae, Philip K. Dick et Roger Zelazny

Je me suis déjà lamenté – trop peut-être – sur la difficulté que pouvait représenter l’écriture de certaines chroniques. C’était avant de rédiger celle de Deus Irae. Désormais, je réfléchirai à deux fois avant d’employer ce mot, ou je manierai l’euphémisme pudique. Ici, la complexité de l’exercice tient essentiellement à l’esprit du livre, qui m’a arraché un nombre invraisemblable de commentaires, souvent prononcés à voix haute, et dont « what the fuck » est probablement le plus représentatif.

Il s’agissait d’une lecture croisée organisée par Cecilia, du groupe Facebook des Mordus et dont le thème était « autrice ou auteur qui nous a quitté ». Avec mon binôme, Gabriel – surnommé à raison le membre le plus sympathique du monde – nous avons fait les malins en choisissant un titre co-écrit par deux auteurs décédés, deux monuments de la littérature de l’imaginaire. Favorable aux conjonctures, le roman se prêtait bien à cette lecture à deux. Nous avons donc exploré ce monde post-apocalyptique, qui a pour thème centrale la religion (il s’agit donc de ma troisième est dernière chronique qui clôt la semaine qui lui est consacrée, jeu de mot inside) et dont les pattes des deux auteurs sont clairement visibles.

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Chronique – Le Prophète et le Vizir, Ada et Yves Rémy

J’avais repéré Le Prophète et le Vizir dans le programme des sorties Pocket mais, dans un désir de contrôler ma PAL de plus en plus Pisane, je l’avais classé dans la catégorie « wish list ». Le destin – compte tenu du thème, j’ose l’hyperbole – en a décidé autrement, puisque la maison d’édition me l’a envoyé comme service presse. Désireux de lire quelque chose de court et de lire une nouveauté dans un délai raisonnable, je l’ai lu, dévoré, dans la foulée.

En toute honnêteté, le nom du couple ne me disait rien (Yves Rémy est malheureusement décédé cette année) mais la petite phrase de Pierre-Paul Durastanti sur la quatrième de couverture est pour moi gage de qualité. Et je suis d’accord avec son avis. Le prophète et le vizir est un livre qui mêle avec une extraordinaire habileté histoire et conte orientaux autour du thème du destin – et en fait donc ma deuxième critique de cette semaine consacrée à l’imaginaire religieux -, le tout servi par une écriture remarquable.

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Chronique – Les noces de la Renarde, Floriane Soulas

Si vous suivez mes billets mensuels « entrées en PAL », vous savez que j’achète aussi des livres pour mon épouse. Grosse responsabilité. Parfois, avec un machiavélisme à peine assumé, certains de ces achats ont un objectif probatoire : une sorte d’ultime cut avant de rejoindre ma PAL. Les noces de la Renarde fait partie de ceux-là, mais je dirais aussi que le destin (je le dirais si j’y croyais) s’acharne à m’agiter ce roman sous la truffe humide. Déjà, par sa couverture, peut-être ma favorite d’Aurélien Police. Ensuite, il avait progressé dans la PAL dite « prioritaire » (ne posez aucune question…) en raison du PIF 2022, que j’avais présenté ici, car il correspond parfaitement à une rubrique portant sur mythes et folklore. Enfin, et surtout, le roman est le tout récent lauréat du Prix du livre de poche décerné durant la première édition du festival l’Ouest hurlant.

En attendant de creuser cette idée de Prix du livre de poche qui suscite évidemment beaucoup d’intérêt pour moi, voici donc mon retour sur Les noces de la Renarde. L’autrice fait le choix ambitieux d’ancrer son histoires – ses histoires – dans le Japon médiéval et contemporain, pour nous livrer un roman aux accents de polar fantastique tout en interrogeant famille et traditions.

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Chronique – L’homme qui savait la langue des serpents, Andrus Kivirähk

L’homme qui savait la langue des serpents de Andrus Kivirähk

On passe parfois à côté de certains titres, tout auréolés du prix de l’imaginaire – 2014 en l’occurrence – qu’ils soient. Dans ce cas, c’est le hasard d’une mise en évidence dans ma librairie, au rayon « littératures étrangères », qui me l’a fait fait découvrir. Tous les astres étaient alignés : une maison d’édition que je ne connaissais pas (au catalogue éclectique et qui n’est pas spécifiquement imaginaire) pour un objet original, un auteur d’une nationalité – l’Estonie – que je n’avais pas encore lue et une quatrième intrigante. J’étais tout de même dubitatif, suffisamment pour laisser végéter le livre durant une année dans ma PAL, car cette même couverture arbore des extraits de critiques élogieuses issues de Télérama et du Magazine littéraire, autant de repoussoirs pour moi. Le prix lui-même m’a parfois laissé un arrière-goût désagréable. La surprise en est d’autant meilleure. L’homme qui savait la langue des serpents est une fable païenne dans le contexte d’une Estonie passée, propice à une réflexion sur la modernité et centrée sur un héros tragique.

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