Chronique – Dragon, Thomas Day

Dragon de Thomas Day

J’ai déjà confessé mon envie de lire toute la collection UHL. Celui-ci est dans ma PAL depuis un long moment, presque une relique, suite à une commande chez une célèbre librairie parisienne lors d’une pulsion complétiste pour acquérir un des volumes hors-série de la collection. Et en tant que premier numéro de ladite collection, il devait arriver tôt ou tard sur le blog. J’avais déjà découvert et apprécié la plume de l’auteur avec sa nouvelle Dans le palais du désert (Bifrost 103) et, après avoir lu et chroniqué Le livre écorné de ma vie, je trouvais intéressant de rester dans un contexte asiatique.

C’est à nouveau un texte qui montre une part (très) sombre de l’Asie du Sud-Est et qui demande un courage certain de la part de l’auteur. Car Thomas Day s’attaque à un des thèmes les plus casse-gueules : la prostitution des mineur.e.s et le tourisme sexuel qui en est la cause. Il suffit de voir à quel point ce sujet est une arme de destruction massive, utilisée sans vergogne par les complotistes d’extrême-droite sur les RS, pour comprendre le piège que cela représente. Pourtant, l’auteur s’en tire avec brio, en décrivant un contexte solide où il extériorise et exorcise ses cauchemars, avec maîtrise et ingéniosité formelle.

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Chronique – Le Moineau de Dieu, Mary Doria Russell

Le Moineau de Dieu de Mary Doria Russell

Parfois, un livre atterrit dans vos mains plus ou moins par hasard, végète un peu dans la PAL, mais finit par devenir un coup de cœur. Le Moineau de Dieu est, livre qui m’a été offert par Anne-Laure (de Chut maman lit !) car elle sait que j’affectionne les histoires de first contact, est dans ce cas. Et à fortiori, une histoire de premier contact mené par des jésuites ne pouvait que titiller ma fibre historique.

Comme je n’en avais jamais entendu parlé, j’étais persuadé qu’il s’agissait d’une « nouveauté », jusqu’à découvrir les nombreux prix qu’il a obtenu en 1997 et 1998. Les attentes commençaient donc à devenir élevées, surtout quand Steph (de Outrelivres) m’indique que le livre me plaira probablement et qu’il est chargé d’émotions.

Le Moineau de Dieu est tout ça : un livre de low SF, avec de très beaux personnages, et qui s’interroge surtout sur le dessein divin…

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Chronique – Le club, Michel Pagel

Le club de Michel Pagel

La couverture a circulé sur le groupe Facebook des Mordus de SFFF, dans une publi de cover reveal d’Anne-Laure. J’en ai parlé à ma femme qui me l’a offert. Ce n’est qu’après que je me suis rendu compte qu’il s’agit du même auteur que Le Roi d’Août, livre que je considère comme un chef d’œuvre. [J’ai d’ailleurs depuis à nouveau déclaré mon amour à Michel Pagel dans mon retour sur Orages en terre de France.]

L’accroche du livre est simple : les personnages du Club des 5 se réunissent 30 ans plus tard, sur les lieux de leurs aventures. Ils sont désormais adultes, ne sont plus que 4, le chien Dagobert étant décédé. Forcément, un meurtre a lieu… 

Voici donc mon court retour publié initialement sur FB en août 2019.

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Chronique – Le livre écorné de ma vie, Lucius Shepard

Le livre écorné de ma vie de Lucius Shepard

La lecture, c’est parfois comme l’art contemporain ou la cuisine. On peut reconnaitre le talent, la performance, l’imagination… et ne pas adhérer. C’est exactement mon état d’esprit après la lecture de cette novella, une UHL de plus dans ma biblio, Le livre écorné de ma vie. Après Le Dragon Griaule, où je m’y étais repris à deux fois pour le terminer, il s’agit de ma deuxième lecture de Shepard. À nouveau, je constate avec quel point l’auteur a du talent pour décrire le mal, qu’il soit ordinaire et minablement mesquin, primaire voire atavique ou extraordinaire et mystique.

Comme pour tous les ouvrages de cette collection, on retrouve une couverture superbe et parfaitement en adéquation signée Aurélien Police, en appui d’un texte exigeant, qui méritait d’être promu. La prise de risque est d’ailleurs à saluer, car nous sommes vraiment dans la niche. Le livre écorné de ma vie est un voyage le long du Mékong, en forme d’autobiographie fictive, mais aussi et surtout une glissade volontairement incontrôlée sur les pentes du mal.

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Chronique – Les miracles du Bazar Namiya, Keigo Higashino

Les miracles du bazar Namiya de Keigo Higashino

Celles et ceux qui ont lu mon top 2021 (pour les autres, il n’est pas trop tard pour corriger le tir) savent que ce livre est médaille d’or de mes lectures fantastiques et UF, et presque médaille d’or tout court. Tellement auréolé de louanges sur le net, je l’ai lu en grand format, avec un peu de crainte car il est aisé de décevoir quand les attentes sont importantes. Il est depuis sorti en poche et pouvait donc être recensé ici, dès qu’un créneau se libérait… (et oui, priorité aux challenges ^^).

Voici donc mon retour publié sur FB en janvier 2021.

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Chronique – Humanité divisée, John Scalzi

Humanité divisée de John Scalzi

Humanité divisée est le cinquième (et avant-dernier ?) volume du cycle Le vieil homme et la guerre de l’auteur américain John Scalzi. Si vous n’avez pas encore commencé cette série, je ne peux que vous la recommander : drôle, rythmée, humaniste… d’autant plus que vous pouvez vous contenter de lire le premier, qui se suffit à lui-même. Voici un exemple de chronique sur le blog Le Chien Critique. L’auteur multiplie les expériences avec son univers : les tomes 3 et 4 racontent la même histoire, mais avec des points de vue différents, et celui qui nous intéresse aujourd’hui est un fix-up, c’est à dire un recueil de nouvelles sur un même thème. Humanité divisée forme néanmoins un « roman » avec une intrigue globale où, de surcroit, John Scalzi se paie le luxe de pas faire intervenir John Perry, le fameux « vieil homme ». Il reconnait lui-même la difficulté de l’exercice : des nouvelles autonomes, qui forment un tout, au sein d’une intrigue de série. Les évènements se déroulent donc après les tomes 3 et 4, alors que l’humanité est aux bords de la guerre civile.

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Chronique – Haviland Tuf, G.R.R. Martin

Haviland Tuf de G.R.R. Martin

Je dois bien admettre que je ne suis pas fan de Game of Thrones, notamment en raison de son extrême longueur. À contrario, j’ai beaucoup aimé les one shot de G.R.R. Martin que j’ai pu lire, Armageddon Rag – dont j’exhumerai le retour un jour – et Rêves de Fèvre que j’avais chroniqué pour Anne-Laure avant d’ouvrir Mondes de poche. J’étais curieux de voir ce que l’auteur, connu mondialement pour de la fantasy, pouvait bien offrir à la SF. En commençant ma lecture, je me suis rendu compte que ça n’est pas un roman, mais un fix up, c’est à dire un recueil de nouvelles qui ont le même thème (en passant, j’aurais aimé que l’information apparaisse plus explicitement sur le livre…). Finalement, c’est un double avantage : je peux compter cette lecture dans le cadre du Challenge Winter Short Stories of SFFF et cela me permet d’éviter un défaut que j’ai repéré dans les deux romans susnommés : une baisse de rythme dans le deuxième tiers.

Même si le corpus date un peu car écrit de 1976 à 1985, à la fois dans les idées et l’écriture (en raison de la traduction ?), c’est un excellent moment de lecture. On retrouvera une ambiance et une gouaille digne des héros de Jack Vance mais en moins testostéronnée, Haviland Tuf devant compter davantage sur son esprit que son physique. Une précision : si la lecture de l’accroche ou ce que je résume vous convainc de lire ce livre, ne terminez pas la lecture de cet article car j’y dévoilerai l’évolution du personnage principal

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Chronique – L’homme qui savait la langue des serpents, Andrus Kivirähk

L’homme qui savait la langue des serpents de Andrus Kivirähk

On passe parfois à côté de certains titres, tout auréolés du prix de l’imaginaire – 2014 en l’occurrence – qu’ils soient. Dans ce cas, c’est le hasard d’une mise en évidence dans ma librairie, au rayon « littératures étrangères », qui me l’a fait fait découvrir. Tous les astres étaient alignés : une maison d’édition que je ne connaissais pas (au catalogue éclectique et qui n’est pas spécifiquement imaginaire) pour un objet original, un auteur d’une nationalité – l’Estonie – que je n’avais pas encore lue et une quatrième intrigante. J’étais tout de même dubitatif, suffisamment pour laisser végéter le livre durant une année dans ma PAL, car cette même couverture arbore des extraits de critiques élogieuses issues de Télérama et du Magazine littéraire, autant de repoussoirs pour moi. Le prix lui-même m’a parfois laissé un arrière-goût désagréable. La surprise en est d’autant meilleure. L’homme qui savait la langue des serpents est une fable païenne dans le contexte d’une Estonie passée, propice à une réflexion sur la modernité et centrée sur un héros tragique.

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Chronique – Dans la toile du temps, Adrian Tchaikovsky

Dans la toile du temps de Adrian Tchaikovsky

Je vous ai parlé mercredi de Sur la route d’Aldébaran pour vous dire tout le bien que j’en pensais. Je ressuscite désormais mon premier contact avec l’auteur, le roman Dans la toile du temps, qui été mon livre favori de l’année 2020 et que je ne pouvais donc pas ne pas avoir sur le blog. Il s’agit du premier tome d’une trilogie, mais qui peut tout à fait se lire seul. Le deuxième volume, dont le titre est traduit par Dans les profondeurs du temps, est sorti en grand format chez Denoël en juin. Inutile de préciser que j’attends la version poche avec une grande impatience.

Concernant Dans la toile du temps, je l’avais acquis suite à un retour de Steph sur Outrelivres, nos goûts étant souvent assez proches. Le retour initial était sur Facebook, en mars 2020.

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Chronique – Sur la route d’Aldébaran, Adrian Tchaikovsky

Sur la route d’Aldébaran de Adrian Tchaikovsky

Certains achats sonnent comme une évidence. Adrian Tchaikovsky a écrit mon livre favori de 2020, ce petit bijou d’inventivité et de construction qu’est Dans la toile du temps et dont je vous parlerai samedi. Cette novella est la dernière parue dans la collection Une Heure Lumière (dont il s’agira du cinquième retour ici) ; sublimée par la couverture d’Aurélien Police, elle ne pouvait (dé)raisonnablement pas me laisser indifférent. Prétexte supplémentaire, si tant est que j’en avais besoin, c’est une lecture dans le cadre du Challenge Winter Short Stories of SFFF organisé par Célinedanaë.

Le risque était d’attendre beaucoup, peut-être trop, d’autant plus que l’auteur très prolifique a une réputation d’irrégularité. La catastrophe n’a pas eu lieu, bien au contraire. Adrian Tchaikovsky invente un décor de Big Dumb Object, pour écrire un récit d’horreur, sans oublier l’humour.

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