Chronique – Humanité divisée, John Scalzi

Humanité divisée de John Scalzi

Humanité divisée est le cinquième (et avant-dernier ?) volume du cycle Le vieil homme et la guerre de l’auteur américain John Scalzi. Si vous n’avez pas encore commencé cette série, je ne peux que vous la recommander : drôle, rythmée, humaniste… d’autant plus que vous pouvez vous contenter de lire le premier, qui se suffit à lui-même. Voici un exemple de chronique sur le blog Le Chien Critique. L’auteur multiplie les expériences avec son univers : les tomes 3 et 4 racontent la même histoire, mais avec des points de vue différents, et celui qui nous intéresse aujourd’hui est un fix-up, c’est à dire un recueil de nouvelles sur un même thème. Humanité divisée forme néanmoins un « roman » avec une intrigue globale où, de surcroit, John Scalzi se paie le luxe de pas faire intervenir John Perry, le fameux « vieil homme ». Il reconnait lui-même la difficulté de l’exercice : des nouvelles autonomes, qui forment un tout, au sein d’une intrigue de série. Les évènements se déroulent donc après les tomes 3 et 4, alors que l’humanité est aux bords de la guerre civile.

Désormais, c’est moi qui suit en difficulté car, dans le cadre du Winter Short Stories of SFFF, je « dois » faire un retour sur chaque texte, en évitant de trop divulgacher. Tentons.

Lecture dans le cadre du Challenge

I – L’équipe B

La première nouvelle du recueil est aussi la plus longue, avec la dernière, et sert à poser décor et personnages. Ce groupe assez dysfonctionnel est constitué d’un soldat de l’Union Coloniale, le sémillant lieutenant Wilson, qui s’est engagé en même temps que John Perry ; son ami et adjoint diplomatique, Hart Schmidt ; l’acariâtre mais professionnelle diplomate de l’UC, Abumwe ; ainsi que la capitaine Coloma, qui mène le Clarke d’une main de fer. L’auteur est taquin : le titre de cette nouvelle fait référence a une intrigue interne, où l’équipe A disparait et qu’il faut donc remplacer au pied levé ; mais on y verra aussi une référence au cycle dont l’équipe A serait composée des protagonistes principaux des quatre premiers volumes, absents de celui-ci. Nos seconds couteaux sont donc doublement une équipe B.

– à l’époque où je me suis engagé dans les FDC, on se serait contenté de canarder les Farnutiens jusqu’à obtenir satisfaction.
– C’était le bon temps ! ironisa Schmidt avant de hausser les épaules. Le passé, c’est le passé. Intéressons-nous plutôt au présent. Nous avons perdu la Terre, Harry. Il faut apprendre à nous en accommoder.

Ce premier texte a clairement pour objectif de décrire puis de lier ces personnages et John Scalzi choisit donc de les plonger directement dans la merde jusqu’au cou. Ils doivent en effet réussir à mener des négociations diplomatique qu’une mystérieuse faction essaie, à minima, de faire échouer ; voire mieux, provoquer une guerre. Les enjeux sont donc élevés et l’auteur s’en tire bien car la situation parait clairement inextricable… Colona et surtout Wilson font preuve de ressources et deviennent ensuite clairement identifiables pour le lecteur. J’ai lu ce texte d’une traite, tant je voulais savoir comment ils s’en sortiraient, happé par l’aspect « piège dans le vide ».


II – Le supplice de la planche

Le deuxième texte ravira Marc Le chroniqueur car elle introduit une dose de polytextualité en prenant la forme de la transcription d’un interrogatoire. L’action se déroule sur une colonie clandestine et l’interrogé est le rescapé d’un abordage. Son vaisseau, l’Etoile d’Erié, a été attaqué par un commando mystérieux qui a évacué conteneurs et équipage dans l’espace. Le pauvre n’a finalement guère de chance : infecté par une bactérie locale, les colons sont davantage préoccupés par leur survie et leur discrétion.

EL-MASRI : Selon moi, ceux qui ont abordé l’étoile-d’érié s’intéressaient au bâtiment et non à ce qu’il transportait. Voilà pourquoi ils ont gardé le commandant et le timonier, et qu’ils ont infligé à tous les passagers le supplice de la planche. Il est tout à fait possible qu’ils aient jeté la cargaison par-dessus bord avec l’équipage.

D’apparence anodine, Le supplice de la planche rappelle des éléments du troisième tome, à savoir les difficultés quotidiennes des colons. Surtout, après les éléments de ceux-ci, le Conclave, sorte d’ONU à laquelle appartient la moitié des races aliens, a décidé de contrôler plus strictement les colonies. La présence de colonies clandestines et de mystérieux pirates n’est pas fait pour améliorer les relations entre le Conclave et les Forces Coloniales.


III – Les têtes suffiront

Cette troisième nouvelle est le prolongement de la précédente et permet de retrouver notre équipe B. C’est d’ailleurs une des plus frustrantes du recueil car elle ne fait pas sens en étant lue seule, et ressemble donc davantage à un chapitre de roman. Abumwe doit négocier avec une espère qui revendique le monde décrit dans le texte précédent. La présence d’une colonie clandestine est un premier facteur de complication, mais ça n’est pas le pire…

– Tout ce que je sais, mon lieutenant, c’est que je me réjouis que ce Perry ait attendu mon départ. Sinon, je serais encore vieux, privé de reins et sans doute à deux doigts de casser ma pipe. Je ne sais pas ce qui m’attend, mais ça ne peut pas être pire.

On retrouve surtout Wilson sur le terrain, accompagné d’une bleusaille des Forces Coloniales. C’est l’occasion de réaliser à quel point la Terre était un élément capital, en tant que vivier démographique, et que les FC sont désormais complètements aux abois, coincés entre un Conclave qui se demande quel avenir réserver à l’humanité et la Terre bien décidée à reprendre sa destinée en main. C’est également l’occasion pour l’auteur de renouer un peu avec la nostalgie du premier tome.


IV- Une voix dans le désert

Une voix dans le désert explore un pan de l’univers que John Scalzi avait peu exploité : le rôle des médias. Nous sommes ici sur Terre et le protagoniste principal est Albert Birnbaum, animateur de radio étatsunien, sur la pente descendante. Dans le contexte du divorce entre la Terre et les Forces coloniales, l’information, la propagande plutôt, ont une dimension particulière. Aussi, Birnbaum se retrouve à nouveau sous le feu des ondes quand un mystérieux individu très bien renseigné lui demande de tenir un discours plus favorable à l’UC…

– Alice Valenta, précisa King. Nous venons de recevoir ses chiffres du trimestre. Elle est en chute libre depuis trop longtemps sans remonter. Il est temps de tourner la page. Vous savez ce que j’en pense, Al. Licencier quelqu’un, ça ne se délègue pas. Un homme se doit d’être capable d’abattre son chien et de renvoyer son personnel. C’est une marque de respect.

L’histoire est intéressante, même si elle est assez éloignée du style habituel de l’auteur. Le personne principal est vraiment haïssable : arrogant, infidèle, père absent, sans aucune déontologie. Si Scalzi a la chic pour nous faire apprécier des personnages, et bien il a autant de talent pour nous les faire détester. Il en profite pour dénoncer les dérives de certains talk shows, ou c’est davantage le buzz qui compte. Dans le cadre de l’intrigue générale, l’auteur en profite pour décrire un peu les manigances d’arrière-plan et qui échappent aux héros des autres nouvelles.


V – À vendre, vaisseau spatial : bon état

Cette histoire s’inscrit directement dans le prolongement de la première, dont elle explore les conséquences pour le capitaine Coloma (le lecteur du blog remarquera mes précautions pour ne pas spoiler). Cette fois-ci, elle doit vendre un vieux vaisseau des FC à la Terre, l’idée étant de tisser à nouveau des liens. Elle est secondée – ou dirigée selon leur interprétation de la hiérarchie – par Wilson. Bien sûr, rien ne se passe comme prévu entre obsolescence, sabotages, manipulation ou chaque faction, y compris et surtout celles qui restent dans l’ombre, se livrent une partie de poker menteur.

– Nous allons donc leur remettre un vaisseau avec ses petites roues d’apprentissage
– Nous préférons considérer que nous leur proposons une technologie classique qui leur permettre d’apprendre et d’évoluer. Vous savez, les Terriens sont un peu remontés contre l’Union Coloniale en ce moment.

On notera une forme d’hostilité, voire de dégout, de la part de l’auteur vis-à-vis d’une certaine manière de diriger et de faire de la politique. Ici, les bureaucrates et autres ronds de cuir qui se contentent de critiquer le travail des autres, et de reprocher de ne pas faire l’impossible, ont clairement le mauvais rôle. Par contre, Wilson et Coloma sont de purs personnages à la Scalzi : ingénieux, ironiques, loyaux mais n’hésitant pas à désobéir au nom de leurs valeurs. Les liens se tissent et se renforcent entre tout ce petit monde.


VI – La voie officieuse

La parole et l’action sont cette fois davantage du côté des Aliens, et plus précisément du côté du Conclave. Cette organisation n’est finalement guère plus unie que l’humanité et s’interroge justement sur le sort qu’il faut réserver à cette dernière. Gau, le général fondateur du Conclave (présenté dans les 3e et 4e romans), aimerait éviter que la faction désireuse d’annihiler l’Humanité, ou à minima les Forces coloniales, ne prenne trop d’influence et doit donc s’assurer que l’existence de colonies clandestines ne soit dévoilée…

Colonel, cela vous dérangerait-il de bavarder en marchant ? En remontant ce grand parc pour me rendre ici, je suis passée devant un marchand de churros. J’aimerais saisir cette occasion de goûter à la gastronomie humaine !

Pour cette mission officieuse, c’est le bras droit de Gau, l’imposante lalane Sorvalh qui est envoyée négocier : l’UC doit évacuer ces colonies avant que les factions belliqueuses du Conclave ne saisissent le prétexte au vol. Son alter ego, le colonel Rigney est un pragmatiste ouvert (encore un) mais une colonie posera problème, car peuplée d’humain xénophobes. Là encore, je ne spoilerai pas, mais Scalzi se fait plaisir en mettant en scène des colons dignes des pires supporters de Trump et en les confrontant à leurs cauchemars et contradictions.


VII – Le roi chien

Cette nouvelle est ma favorite du recueil. Je me suis esclaffé tellement bruyamment que je m’en suis fait engueuler. L’Union coloniale, plus que jamais désireuse de nouer des alliances pour ne pas restée isolée face au Conclave, s’est cette fois approchée de la race des Icheloes. Nos comparses jouent ici presque le rôle d’une équipe C, car ils doivent épauler une autre ambassadrice, déjà rompue aux négociations avec ce peuple. Wilson se voit alors confier une tâche à la hauteur de ses compétences…

– Bien entendu, monsieur Gunztar, vous vous souvenez de Touffu, dit l’ambassadrice Philippa Waverly en désignant son lhassa apso, qui tira la langue et la laissa pendre d’un air triomphal devant le diplomate icheloe.
Wilson tenait la laisse fixée au collier du chien. Il sourit à son tour au préteur Gunztar, qui ne lui accorda nulle attention.

Scalzi s’appuie ici volontiers sur le burlesque par le décalage entre situations triviales et relations diplomatiques, voire armées. Il utilise un élément simple pour produire une série de situations très cocasses mais n’oublie pas son cadre général. Il distille habilement quelques indices dans son récit et en fait finalement une histoire drôle, mais aussi efficace, qui contribue à faire monter les enjeux et à révéler les complexités des situations diplomatiques. Encore une fois, la situation parait inextricable et on dévore le texte pour savoir comment les personnages s’en sortent.


VIII – Le bruit et la douleur

Nous retrouvons ici le soldat Lee, des forces coloniales, qui apparait déjà dans le troisième texte. L’intro est in medias res et justifie pleinement le titre, puisqu’elle est prisonnière et interrogée au sujet de son appartenance au corps. Sa situation parait désespérée car ses geôliers, probables tortionnaires et sûrement futurs assassins, semblent très bien préparés et surtout renseignés sur ses capacités de soldats (le fameux sangmalin protégeant de toutes les toxines ou presque, l’amicerveau…). Le récit est donc court : comment s’évader (spoil : elle réussit) et qui sont ceux qui la retienne ?

La personne qui se trouve avec vous s’appelle Six. Le numéro n’a aucune importance. On l’a choisi de manière aléatoire. Il change à chaque mission.

J’ai trouvé ce texte plus décevant. Lee est vraiment en fâcheuse posture et quand l’auteur décrit l’organisation de ses geôliers, il parait très difficile pour elle de se tirer d’affaire. Elle y arrive grâce à une idée que personne n’avait eu auparavant, qui parait tirée par les cheveux. Si on ajoute à ça sa capacité à manier le sarcasme, on se retrouver avec un personnage « à la Scalzi » comme Wilson ou Perry. Cela commence à faire beaucoup de petits génies rigolos au sein de l’UC. Surtout, il veut conserver du suspense et on en apprend peu sur cette mystérieuse force.


IX – Les observateurs

La Terre se méfie de l’Union coloniale – c’est peu de le dire – et décide de s’assurer que les négociations qu’elle mène ne sont pas contraire à ses intérêts. Des observateurs terriens vont donc marquer nos diplomates à la culotte. C’est l’occasion de retrouver Wilson et toute sa petite équipe, en pleine négociation avec les Burfinors, au sujet de matériel médical. Wilson devra lui-même observer les Terriens du coin de l’œil : l’espion espionné.

On m’a attribué une cabine d’officier. Elle doit faire un tiers de la vôtre. Je peux m’y retourner mais pas tendre les bras en croix. Celle d’Harr est encore plus petite et il doit la partager avec un camarade. Ils vont finir par s’entre-tuer ou par coucher ensemble pour gagner de la place.

Forcément, tout finit par dérailler. Scalzi nous livre cette fois un mini whodunit en huis-clôt. Polar et SF font décidemment bon ménage puisque les éléments scientfiques ouvrent le champ des possibles, à la fois en terme de technique meurtrière, mais aussi de résolution. Les indices sont distillés au fil de la nouvelle et il est toujours fun de tenter de résoudre l’énigme avant les personnages. Bon, honnêtement, c’est assez difficile même si on peut avoir quelques soupçons ; finalement Wilson a encore un éclair de génie. Le texte reste agréable et le complot visant à provoquer une guerre est de plus en plus visible.


X – Ici et pas ailleurs

En lisant cette nouvelle, j’ai eu l’impression que l’auteur essayait de combler un « manque » des précédents textes au sujet de Hart Schmidt, l’ami de Wilson. Il faut dire que le premier était bien souvent dans l’ombre du second, déjà apparu dans le cycle, doté d’un corps des Forces coloniales et particulièrement malin. Là, il s’agit donc d’étoffer Schmidt, à la fois en lui écrivant un passé et une famille, mais aussi en approfondissant le personnage, dans une nouvelle qui lui est dédiée.

Tu as trente ans, mon chéri, et tu n’as toujours pas dépassé le niveau d’adjoint. Si tu ne te prends pas en main d’ici un an ou deux, tu en resteras toujours au même point. Et alors qu’adviendra-t-il de toi ? Je t’aime et ne souhaite que ton bonheur. Mais il est temps pour toi de réfléchir de manière réaliste à ton avenir et de te demander si c’est bien le corps diplomatique de l’UC qui convient le mieux à tes talents et à ta vie.

Schmidt est donc en vacances pour quelques jours dans la demeure familiale. Il y retrouve frères et sœur, ainsi que ses parents, dont le tout-puissant Alaistar Schmidt, homme politique vieillissant. Le tableau est celui, classique, d’une famille à tendance républicaine, qui a tout pour réussir entre héritage, réseaux, mais aussi culte biaisé du mérite patriarcale. Certes, au final, Hart nous parait plus sympathique et surtout courageux en choisissant la voie des FC, mais l’histoire n’apporte rien de vraiment fondamental au contexte général. Pire, ces repas de familles puissantes sont devenus un cliché absolu des mauvaises séries TV, à fortiori quand ils font fonction d’intrigue. Dispensable.


XI – Une question de proportions

Autant la nouvelle précédente ne faisait pas avancer le récit, Scalzi passe résolument la seconde dans celle-ci. Nous retrouvons le Clarke, dans un début in media res, sous le feu de missiles ennemis. Après avoir lu lci et pas ailleurs, le contraste est saisissant et rappelle le climat de tension qui traverse la galaxie. Il s’agit aussi pour l’auteur de faire converger les protagonistes des textes précédents , puisque l’on retrouve notre équipe d’ambassadeurs à bord du Clarke, mais aussi la conseillère Sorvalh. En gros, des factions plutôt opposées, UC et Conclave, mais désireuses de s’entendre et d’éviter les morts inutiles. Le camp des pragmatiques en somme.

Nos deux administrations ont résolu que notre discussion n’aura jamais eu lieu. Si même une conversation doit être tenue secrète, un affrontement militaire sera sans doute difficile à justifier.

Le menace, ou plutôt la conspiration, qui est l’œuvre continue à se dessiner. Même si on en apprend peu sur ceux qui tirent les ficelles, ils disposent de moyens très conséquents (on découvre même un aspect technique qui n’avait jamais été abordé), en confirmation des « mésaventures » de Lee. C’est une faction également très belliqueuse, dont l’objectif semble être la guerre entre les espèces conscientes, humains compris. Wilson y fait à nouveau preuve d’une débrouillardise sans failles mais ce texte est moins sarcastique, davantage chargée en émotion.


XII – L’art délicat du fracassage de crânes

Celle-ci s’attache sur les conséquences de la 9e nouvelle, Les observateurs. Cette-fois, il reste suffisamment d’indices pour commencer à tirer les fils de la (des ?) conspirations. L’héroïne est cette fois Lowen, le flirt de Wilson et membre de l’équipe d’observateurs chargée d’étudier la diplomatie de l’UC, envoyée sur Terre pour démêler tout ça et l’implication du gouvernement brésilien. Evidemment, tout dérape.

J’appartenais à cette mission diplomatique, voyez-vous, monsieur Vicinius. À vrai dire, j’étais non seulement sur place, mais j’ai également pratiqué l’autopsie qui a permis d’établir que Liu Cong était mort assassiné. J’ai même contribué à déterminer le mode opératoire.

Sclazi est à nouveau un peu coincé. Il veut avancer son intrigue en montrant les moyens importants dont disposent les comploteurs mais sans la résoudre. Autant les premières nouvelles étaient auto-contenues, là on sent une volonté d’avancer tout en maintenant le frein à main. Celle-ci à l’instar de la dixième, se révèle finalement un peu creuse, voire rocambolesque, et laisse sur sa faim.


XIII – Entre ciel et Terre

Il s’agit du dénouement de ce tome 5 du Vieil homme et la guerre et, comme la première nouvelle, elle est découpée en plusieurs chapitres. Il s’agit cette fois des négociations, disons la tentative de réconciliation, entre la Terre et l’UC. Le lieu n’est pas choisi au hasard : il s’agit de la station Terre, station spatiale possédée par l’UC et en orbite de la Planète bleue. Lieu, mais également enjeu puisque les FC proposeraient aux Terriens de s’en servir, ces derniers ne disposant pas d’accès propre à l’espace. On retrouve ainsi l’ascenseur spatial, la « tige de haricot », qui joue un rôle symbolique important dans le premier tome du cycle.

J’ai un saut à mon actif. N’allez pas croire que ça m’a plu. Fendre l’atmosphère à une vitesse supersonique en espérant qu’une mince couche fluide de nanobots suffira à vous empêcher de vous transformer en une trace de pneu fumante en travers du ciel, ce n’est pas ce que j’appelle passer du bon temps.

Nous retrouvons tous les personnages humains croisés lors des textes précédents et chacun a son heure de gloire. Scalzi nous offre un final explosif, comme on pourrait s’en douter, à grands renforts de scènes d’action désespérées dont il a le secret, mais aussi d’émotion. Les mystérieux conspirateurs sont décidemment prêts à tout pour empêcher ces négociations d’aboutir. Cependant, l’ensemble se termine par un cliffhanger car même si on comprend mieux certains éléments des textes précédents, la conspiration n’est ni démasquée, et encore moins vaincue. L’équipe B semble officiellement promue équipe B mais ce tome 5 ne me laisse finalement, en dépit de passages et idées très sympas, qu’une impression de moitié d’histoire pour lancer le volume 6.

Vous aimerez si vous aimez le space opera, entre intrigues diplomatiques et personnages débrouillards et sarcastiques.

Les +

  • Le sens de la formule de Scalzi
  • L’absence de manichéisme
  • L’exercice de style

Les –

  • L’impression que tous les personnages finissent par se ressembler : ironiques et inventifs
  • Un tome qui fait un peu transition avec la présentation d’un complot non résolu

Résumé éditeur

Depuis des siècles, l’Union coloniale prétend défendre l’humanité. Mais John Perry a révélé la vérité : confinée sur sa planète, tenue à l’écart des progrès technologiques, l’humanité de la Terre n’est en réalité qu’un vivier où puiser soldats et colons. Outrés par cette révélation, les peuples de la Terre envisagent de rompre avec leurs protecteurs en disgrâce… voire de se rapprocher du Conclave, la puissante fédération d’extraterrestres qui a décrété l’arrêt de l’expansion coloniale interstellaire.

Il ne reste à l’Union coloniale aux abois que le choix de la diplomatie pour assurer sa survie. Tous ses espoirs reposent à présent sur l’équipe B, sous la direction de l’imprévisible lieutenant Wilson. Ils devront accomplir l’impossible pour préserver la paix et l’unité de la race humaine…

Humanité divisée (le vieil homme et la guerre T5) de John Scalzi, traduit par Mikaël Cabon, illustration de couverture de Pierre Santamaria, Bragelonne (2019, première édition française en 2010 à l’Atalante, parution VO en 2013), 600 pages.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :