Chronique – Sur la route d’Aldébaran, Adrian Tchaikovsky

Sur la route d’Aldébaran de Adrian Tchaikovsky

Certains achats sonnent comme une évidence. Adrian Tchaikovsky a écrit mon livre favori de 2020, ce petit bijou d’inventivité et de construction qu’est Dans la toile du temps et dont je vous parlerai samedi. Cette novella est la dernière parue dans la collection Une Heure Lumière (dont il s’agira du cinquième retour ici) ; sublimée par la couverture d’Aurélien Police, elle ne pouvait (dé)raisonnablement pas me laisser indifférent. Prétexte supplémentaire, si tant est que j’en avais besoin, c’est une lecture dans le cadre du Challenge Winter Short Stories of SFFF organisé par Célinedanaë.

Le risque était d’attendre beaucoup, peut-être trop, d’autant plus que l’auteur très prolifique a une réputation d’irrégularité. La catastrophe n’a pas eu lieu, bien au contraire. Adrian Tchaikovsky invente un décor de Big Dumb Object, pour écrire un récit d’horreur, sans oublier l’humour.

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Chronique – Futu.re de Dmitry Glukhovksy

Futu.re de Dmitry Glukhovksy

Après Days, pour cette semaine dystopie, je ressuscite une chronique publiée en août 2020 sur Facebook, où je parle de Futu.re, dont l’auteur est davantage connu pour Metro2033 et ses suites. Là ou Days joue sur l’ironie, l’exagération et la parodie, Futu.re est très (trop ?) sérieux et m’a mis mal à l’aise plus d’une fois… Au delà de la forme, le fond est également différent puisque thème traité est celui de l’immortalité et du contrôle des naissances qui en résulte.
l s’agissait de ma deuxième tentative de lire ce bouquin. Un challenge (lire un auteur étranger non anglo-saxon) avait été l’occasion de le remettre sur la PAL. Il m’a fallu trois bonnes semaines pour en venir à bout ; même si j’ai bien aimé le livre, je pense qu’indigeste est aussi un bon qualificatif.

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Chronique – Days, James Lovegrove

Days de James Lovegrove

James Lovegrove est un auteur que je connaissais déjà par sa série les Dossiers Cthulhu, qui mettent en scène Holmes contre les créatures de Lovecraft, et dont j’ai lu deux premiers tomes. Si je n’avais pas été totalement convaincu par le fond, le contraste entre les deux univers nuisant à l’ambiance horrifique à mon humble avis, j’avais néanmoins trouvé une belle inventivité et un sens de la fiction. Days m’avait été quant à lui conseillé il y a quelques temps et attendait sagement au fond de ma wish list. Réédité en octobre 2021, il était temps de lui donner sa chance. J’ai beaucoup aimé ce pamphlet, même s’il manque parfois un peu de subtilité, où la consommation est devenue une forme de religion. L’auteur n’oublie toutefois pas d’écrire une histoire, aux airs de vaudeville. Lecture intéressante en ce mois de décembre et ses fêtes qui approchent…

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Chronique – Cristal qui songe, Theodore Sturgeon

Cristal qui songe de Theodore Sturgeon

J’aime de plus en plus les challenges car ils me permettent de lire des bouquins auxquels je ne me serais probablement jamais intéressé (par contre, concernant l’objectif de diminution de la PAL, c’est un échec désastreux). Dans le cas présent, je devais lire un livre avec un jouet sur la couverture… et c’est en faisant une séance de namedropping sur Facebook que Cristal qui songe m’a été conseillé. Ma première rencontre avec Théodore Sturgeon remonte à la fin des années 90 avec la lecture des Plus qu’humains qui m’a laissé le souvenir mitigé d’un bouquin compliqué, suffisamment en tout cas pour ne plus m’intéressé à l’auteur américain. Cependant, j’ai constaté que Cristal qui songe bénéficie d’une excellente réputation, chez des lecteurs et lectrices aux goûts pourtant différents. Je souscris totalement à ces louanges : c’est un roman qui a extrêmement bien vieilli, d’une grande maitrise dans sa construction et qui fait la part belle à l’humanisme.

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Chronique – Thecel, Léo Henry

Thecel de Léo Henry

Thecel est un livre qui était déjà dans ma wish list depuis sa sortie car j’essaie de découvrir de nouvelles plumes francophones, même si j’ai une prédilection pour la SF. Sa démarche formelle, nommée « trilogie du mauvais genre », dont il parle sur ActuSF, m’intriguait beaucoup. Comme de nombreux écrivains français, il a affuté sa plume sur la meule du jeu de rôle, y compris comme auteur. D’ailleurs, je me demandais si Thecel allait s’affranchir des clichés habituels véhiculés par le jeu de rôle médiéval fantastique (spoil : oui). Depuis peu, Léo Henry a également été sous le feu des projecteurs après les Imaginales 2021, pour son soutien aux victimes d’agressions sexistes et sexuelles dans le milieu de l’édition, ainsi que pour le prix du roman francophone 2021 obtenu lors de cet évènement. Evidemment, certains y verront une relation de cause à effet, et crieront au danger du wokisme qui s’empare du milieu de l’édition. Qu’ils soient rassurés, l’écrasante majorité de ce qui est imprimé reste peuplé d’hommes blancs, puissants et hétérosexuels. En attendant, Léo Henry écrit des personnages loin de ces standards, qui évoluent dans un monde de conte, mais un récit dont la forme ne m’a pas totalement convaincu.

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Chronique – Rêves de gloire, Roland C. Wagner

Rêves de gloire de Roland C. Wagner

Après Michel Pagel, je reste dans le thème de l’uchronie, française et originale, pour un autre auteur majeur, le regretté Roland C. Wagner. Je ne vous conseillerai jamais assez de lire ses Futurs mystères de Paris, qui sont de petits bijoux de drôlerie et d’hommage au genre hard boiled, avec son détective Temple de l’Aube radieuse qui est un de mes personnages de fiction favoris. Ici, je vous parlerai de Rêves de gloire, qui est probablement un des livres les plus exigeants qu’il m’ait été donné de lire et qui est considéré comme son chef d’œuvre. Ce retour date initialement d’octobre 2019 et a été publié sur Facebook.

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Chronique – Orages en terre de France, Michel Pagel

Orages en terre de France de Michel Pagel

Il y a des auteurs qui paraissent injustement méconnus, qui sont peu conseillés ou mentionnés, alors que le lectorat – du moins celui qui a bon goût – reconnait leur qualité. Michel Pagel est de ceux-là. Que cela soit dans Le roi d’août, où il extrapole avec gourmandise la célèbre nuit de noces de Philippe Auguste, ou Le club, dans lequel il imagine les membres du Club des cinq 30 ans après leur dernière enquête, il prouve sa capacité à traiter un sujet en profondeur et à le maitriser totalement, au service du récit d’imaginaire. De surcroit, il écrit très bien, avec un style (ou « des », car il s’adapte) travaillé et efficace, fruit d’une longue expérience de traducteur. En effet, vous avez probablement lu du Pagel dans le savoir. Orages en terre de France est un texte, ou précisément un recueil de quatre nouvelles qui multiplie les points de vue, auquel je ne pouvais pas résister car je suis friand d’uchronie, car il est original par son contexte – il ne raconte pas une énième victoire du IIIe Reich… – et son angle d’attaque, ici en s’intéressant au « commun des mortels ». Dans cette Guerre de cent ans qui en dure mille, Michel Pagel interroge les notions de patriotisme, de courage tout en critiquant de manière (très) acerbe le pouvoir, surtout religieux.

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Chronique – Les meurtres de Molly Southbourne, Tade Thompson

Les meurtres de Molly Southbourne de Tade Thompson

J’aime la collection UHL, dont c’est ma 13e lecture (deux tomes sont encore dans la « pile de la honte », c’est à dire la pile des livres en attente de chronique). J’ai aimé ce que j’ai lu de Tade Thompson, à savoir Rosewater T1 et 2, et dont le premier est auréolé du prix Utopiales 2020. La blogosphère, et sûrement la majorité de gens normaux qui préfèrent lire que causer de livres, a aimé Les meurtres de Molly Southbourne. Après plusieurs lectures ardues, j’avais besoin de me réfugier vers une valeur sûre et cette novella était donc parfaite pour ça. Petite inquiétude tout de même, je craignais un récit purement fantastique, assez effrayant, dans une veine Clive Barker par exemple. Alors oui, c’est un récit effrayant (mais probablement pas trop, vu que j’ai tenu alors que je déteste ça habituellement), sanglant et parfois à la limite du gore mais qui développe avec brio la psychologie de son personnage, tout en étant une œuvre de SF. Dans tous les cas, c’est un nouveau coup de cœur pour Tade Thompson.

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Chronique – Le regard, Ken Liu

Le regard de Ken Liu

Pour ce samedi nécromancie, je ressuscite un retour initialement publié sur Facebook en février 2021. Il s’agissait de ma troisième lecture de l’auteur, après l’Homme qui mit fin à l’histoire et La ménagerie de papier.

Je suis très chiant quant à la longueur des livres. Je n’aime pas le trop court, ni le trop long. La collection Une heure Lumière au Bélial a pourtant réussi l’exploit, entre autres choses, de me faire adhérer au format « novella » et propose encore un très bon récit, qui s’insère parfaitement dans la ligne éditoriale.

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Chronique – La cité de l’orque, Sam J. Miller

La cité de l’orque de Sam J. Miller

L’exercice de la critique n’est pas aisé, même (ou surtout ?), au niveau du blogueur débutant, quand une lecture laisse un arrière-goût décevant comme c’est le cas ici. Ma première rencontre avec Sam J. Miller est toute récente puisqu’elle date du Bifrost n°103 où l’on trouve la traduction de sa nouvelle 57 raisons qui expliquent les suicides de la carrière d’ardoise qui m’a fait forte impression par son ambiance, sa justesse et sa concision. La sortie en poche de La cité de l’orque était donc l’opportunité de transformer l’essai, d’autant plus que le thème post-apo, teinté de cyberpunk, environnemental et engagé avait tout pour me plaire. Une partie de mes attentes ont été satisfaites, notamment concernant l’univers que l’auteur extrapole et les personnages intéressants qui le peuplent mais j’y ai aussi trouvé beaucoup de déséquilibres entre « trop » et « pas assez ».

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