Chronique – À lire à ton réveil, Robert Jackson Bennett

Je ne vous refais pas l’historique du moi de mai au Bélial, tout est sur le billet de la semaine dernière consacré à l’excellent Défense d’extinction. J’ajoute tout de même que l’achat d’À lire à ton réveil se justifiait d’une part par la nécessité – si tant est qu’un achat de livre puisse être nécessaire – d’un second volume de la collection pour obtenir le précieux hors-série , d’autre part et surtout pour son auteur, puisque Robert Jackson Bennett est peut-être le seul dont j’achète tout ce qui est traduit – enfin, édité en poche, faut pas pousser ou faire de la concurrence à Scalzi.

Cette novella est, si j’en crois la page Wikipédia de l’auteur, un de ses premiers textes. Aussi je me demande si une traduction était nécessaire – si tant est… – car ce texte fantastique est un condensé des défauts, tout du moins à mes yeux, de Bennett, mais qu’il a aussi de solides arguments pour se défendre, notamment par sa manière d’aborder le genre fantastique.

Lire la suite « Chronique – À lire à ton réveil, Robert Jackson Bennett »

Chronique – Le club des punks contre l’apocalypse zombie, Karim Berrouka

Pour cette semaine, après Celle qui a tous les dons, je reste dans le genre Zombi en passant d’un récit très classique et cauchemardesque post-apo à un texte déjanté, où l’auteur semble en rêver. J’exhume donc une chronique mort-vivante orientée No Future où un groupe de sympathiques punks français assiste aux débuts d’une invasion zombie. Une opportunité pour niquer le capitalisme et l’ordre ? Contre ou… avec l’apocalypse ? Retour sur Facebook, en aout 2019, avec le chanteur des Ludwig Von 88, pour une courte chronique de l’époque où je savais me taire.

Lire la suite « Chronique – Le club des punks contre l’apocalypse zombie, Karim Berrouka »

Chronique Saga – Blackwater, Michael McDowell

Paru en feuilleton, à raison d’un tome toutes les deux semaines, Blackwater est un phénomène littéraire… qui dure. Les multiples réimpressions et ruptures, ainsi que la mise en valeur ininterrompue en libraire et grande surface – et l’édition des autres textes de l’auteur ensuite – prouvent que la saga est devenue immédiatement un classique du genre. Même dissimulée dans une collection de littérature blanche, en tout cas non présentée comme relevant de la SFFF, il s’agit bien d’un texte qui appartient aux genres de l’imaginaire, le fantastique plus précisément. S’agissant de surcroit de – superbes – volumes de poche, la chronique s’imposait sur le blog.

Même si en raison de contingences professionnelles – et de refus de m’enfermer dans un cycle – j’ai mis trois ans pour lire l’intégralité des six tomes, j’ai adoré ma lecture. Aussi, pour quelle raison une saga familiale, aux éléments fantastiques extrêmement discrets et parcimonieux, réussit à être un succès grand public d’édition tout en séduisant des lecteurs habitués au genre ?

Lire la suite « Chronique Saga – Blackwater, Michael McDowell »

Chronique – Swan Song, Robert McCammon

Les éditions Monsieur Toussaint Louverture ont réussi l’exploit de se bâtir une rapide et solide réputation dans le monde littéraire en publiant des textes fantastiques. Leur recette est savamment dosée entre textes anciens mais inédits d’auteurs qui ont fait leurs preuves, éditions léchées reconnaissables entre mille, et promotion.

Après le best-seller Blackwater, l’éditeur récidivait en 2023 avec une duologie, Swan Song, de Robert McCammon. Il s’agit toujours d’un texte inédit, très ancré dans son époque – mais… -, avec une intéressante et attachante galerie de personnages ; un texte post-apo mais qui regarde résolument vers le fantastique.

Lire la suite « Chronique – Swan Song, Robert McCammon »

Chronique – Terreur, Dan Simmons

Voici un billet publié initialement sur Facebook, en décembre 2019, et que j’exhume dans le cadre d’une semaine consacrée aux mythes froids. Je connaissais alors l’auteur pour son cycle devenu un classique, Hypérion et sa suite, Endymion. Terreur m’avait été conseillé dans le cadre du Cold Winter Challenge. Le résumé m’avait accroché : je l’ai donc acheté et lu immédiatement sans passer par la case PAL. Le bestiau est une brique dépassant les 1000 pages et comme je l’ai lu en 8 jour, on peut en déduire que j’ai aimé. Beaucoup même.

Concernant Simmons, de l’eau a coulé sous les ponts et j’ai découvert ses idées politiques inscrites à l’aide très à droite des Républicains US, au point d’hésiter à republier cette chronique. Pourtant, je n’ai pas perçu d’éléments rhétoriques qui m’auraient dérangé dans ce texte, qui mériterait, de fait, une relecture.

Lire la suite « Chronique – Terreur, Dan Simmons »

Chronique – Je suis fille de rage, Jean-Laurent Del Socorro

Après avoir adoré Royaume de vent et de colères, je n’avais pas pu résister à la superbe édition collector de Je suis fille de rage de Jean-Laurent Del Socorro (j’ai depuis lu, et autant apprécié, Boudicca). L’auteur français est devenu spécialiste de romans qui s’inscrivent dans des contextes historiques, auxquels il ajoute une dote plus ou moins grande de fantastique. Sa plume est toujours agréable et il ne tombe jamais dans le piège du manichéisme, sans oublier de faire preuve d’une belle et subtile inclusivité. Je profite donc de la sortie poche de Je suis fille de rage pour exhumer cette chronique, publiée initialement sur Facebook en janvier 2020.

Lire la suite « Chronique – Je suis fille de rage, Jean-Laurent Del Socorro »

Chronique – Mes vrais enfants, Jo Walton

Il y a des livres qui sont lus trop tardivement : entre l’étape du repérage, puis de l’achat et la stagnation en PAL, il faut parfois un petit déclencheur pour extraire un livre plutôt qu’un autre ; pour Mes vrais enfants, c’est un défi organisé sur un groupe Facebook et dont le thème du mois de juin était « auteur ou autrice avec la même initiale de prénom » qui a fait fonction de. Mieux vaut tard que jamais.

Ce n’est peut-être qu’une impression, mais Mes vrais enfants me parait être un livre très apprécié – euphémisme – par l’ensemble des lectrices et lecteur. Pour ma part, je l’intègre à ma liste des 10 romans incontournables écrits par des autrices. Je ne ferai donc preuve d’aucune originalité en me joignant au concert de louanges. Mes vrais enfants s’appuie sur une idée qui a traversé l’esprit de tout le monde, au moins une fois : et si j’avais fait un choix différent ? Deux uchronies naissent alors mais restent à hauteur d’individus, pour un roman très (très) riche en émotions.

Lire la suite « Chronique – Mes vrais enfants, Jo Walton »

Chronique – Galeux, Stephen Graham Jones

Lire exclusivement du format de poche c’est être contraint à l’attente, voire à l’angoisse – hyperbole – que le livre repéré lors de sa sortie en grand format ne soit finalement jamais publié dans sa version miniature. Galeux faisait partie de ces livres, au point où je commençais sérieusement à ne plus attendre. Il faut dire que Steph, qui a le chic pour identifier ce qui peut me plaire, me l’avait bien vendu. Finalement, c’est dans un Bifrost que j’ai vu l’annonce tant attendue : l’édition poche, chez Pocket, avec en prime une couverture superbe, qui saisit parfaitement l’ambiance du récit.

Marraine avait raison, c’est un roman que j’ai trouvé excellent. Stephen Graham Jones arrive à rendre réaliste, presque crédible, le mythe du garou. Il ne s’agit néanmoins pas d’un récit d’horreur, ou alors juste un peu, mais plutôt d’une plongée dans les Etats-Unis des marges. Le récit se dévore – désolé – grâce à la maitrise et à la plume astucieuse de l’auteur.

Lire la suite « Chronique – Galeux, Stephen Graham Jones »

Chronique – Lazare attend, James Morrow

J’ouvre une semaine consacrée à des textes où la religion joue un rôle important. Il ne s’agit pas de romans du genre « Med Fan » avec des panthéons peu ou prou inspirés de l’Antiquité mais bien de récits – de SF ou fantastiques – qui font de la réflexion sur le phénomène religieux le thème central. Je vous livrerai trois chroniques issues d’horizons et d’époques différents, qui ont en commun d’être plutôt bienveillantes avec l’idée de foi, peut-être un peu moins – voire par du tout – vis à vis des différents dogmes.

Je commence par Lazare attend de James Morrow. Après L’arche de Darwin – que j’ai abandonné mais que je compte bien reprendre un jour – récompensé du prix de l’imaginaire 2018, l’auteur continue son exploration du christianisme, et de ses dogmes surtout, avec une forme d’anticléricalisme sarcastique que certains caricaturistes français ne renieraient pas. Lazare est un personnage tragi-comique, présent aux moments fondateurs du christianisme (oui oui, au pluriel) et condamné à observer ses errements.

Lire la suite « Chronique – Lazare attend, James Morrow »

Chronique – Les noces de la Renarde, Floriane Soulas

Si vous suivez mes billets mensuels « entrées en PAL », vous savez que j’achète aussi des livres pour mon épouse. Grosse responsabilité. Parfois, avec un machiavélisme à peine assumé, certains de ces achats ont un objectif probatoire : une sorte d’ultime cut avant de rejoindre ma PAL. Les noces de la Renarde fait partie de ceux-là, mais je dirais aussi que le destin (je le dirais si j’y croyais) s’acharne à m’agiter ce roman sous la truffe humide. Déjà, par sa couverture, peut-être ma favorite d’Aurélien Police. Ensuite, il avait progressé dans la PAL dite « prioritaire » (ne posez aucune question…) en raison du PIF 2022, que j’avais présenté ici, car il correspond parfaitement à une rubrique portant sur mythes et folklore. Enfin, et surtout, le roman est le tout récent lauréat du Prix du livre de poche décerné durant la première édition du festival l’Ouest hurlant.

En attendant de creuser cette idée de Prix du livre de poche qui suscite évidemment beaucoup d’intérêt pour moi, voici donc mon retour sur Les noces de la Renarde. L’autrice fait le choix ambitieux d’ancrer son histoires – ses histoires – dans le Japon médiéval et contemporain, pour nous livrer un roman aux accents de polar fantastique tout en interrogeant famille et traditions.

Lire la suite « Chronique – Les noces de la Renarde, Floriane Soulas »

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑