Mondes de Poche… aux Utopiales de Nantes, édition 2024

Le blog est dans un état de léthargie. Difficile de concilier lecture, et encore plus écriture de billets, fussent ils courts, et vie d’agrégatif. Néanmoins, décidé à ne pas faire les mêmes erreurs que l’année précédente et profitant de l’expérience acquise, je m’accorde quelques bols d’air frais – humides en l’occurrence – et ne renonce pas à tout. Aussi, quand Cécilia proposa d’héberger à nouveau notre bande de doux dingues férus d’imaginaire, je me suis laissé tenter avec plaisir.

J’attaque ces quelques lignes dès le lendemain de mon retour (et les jours suivants), alors que le festival n’est pas encore terminé – j’imagine la librairie quasi vide et les tireuses à bière qui livrent leurs dernières gouttes – pour prolonger le plaisir et profiter de souvenirs frais, des étoiles encore dans les yeux, des gratouillis au fond de la gorge – j’ai parlé de l’air humide ? – et le cœur un peu gros. Le billet sera un peu moins dense que la version 2022, faute de temps et surtout en raison d’un état d’esprit différent, où j’ai profité du salon peut-être davantage en simple utilisateur qu’en tant que blogueur. Spoiler : je me suis encore régalé !

Les Utopiales, mais qu’est-ce donc ?

Les Utopiales est un festival autour de la culture de l’imaginaire (ou SFFF) : Science-fiction – surtout – et un peu Fantasy et Fantastique ; quels qu’en soient les supports, du cinéma à la BD, en passant par ce qui intéresse un peu plus votre serviteur de poche : romans et nouvelles. Il y a de très nombreuses choses à faire, à voir ou à vivre, entre les conférences, les séances de dédicace à la « plus grande librairie de l’imaginaire », les expositions… et surtout les contacts humains : de très belles rencontres, souvent au hasard d’une conversation dans une file d’attente ou avec un voisin de fauteuil, autour d’une passion commune. En 2023, le festival avait accueilli plus de 140000 personnes – la quantité mais pas la qualité, vu que je n’y étais pas – et probablement autant ou davantage cette année, avec un samedi particulièrement dense. Chaque année, un thème est retenu et sert de colonne vertébrale pour les différentes interventions, cette fois-ci il s’agissait de l’Harmonie ; la note d’intention est ici.

Le programme du jeudi

Prélude : cette année, je suis arrivé en milieu d’après-midi le mercredi, les oreilles encore éclatées par l’avion (bilan carbone dégueulasse, mais essayez de faire Marseille Nantes en train…), et réceptionné par Cecilia. Petit tour dans Nantes, l’esprit toujours un peu (pré)occupé par l’agrégation entrainant moult questions de ma part, en mode « j’enrichis mon exemplier ». Mauvais karma : les endroits sympas pour goûter étant tous bondés, nous avons décidé de faire grimper nos indices glycémiques et lipidiques en mangeant des kouignettes, version réduites et parfumées des kouign-amanns. Nous récupérons ensuite Marie-Eve, attaquons la bière – indice alcoolique – en attendant Sébastien et Josépha Juillet (c’est décidé, seuls les auteurices ont droit à des noms de famille).

Des conférences…

On a attaqué fort, avec une conférence sur la Phylogénie des monstres, animée par des journalistes du magazine Epsiloon. Il s’agit de la présentation de travaux récents qui articulent anthropologie, le travail de folkloristes pour être plus précis, à la phylogénie, que vous connaissez probablement pour avoir vu des arbres du vivant (ou « de parenté »). La démarche consiste à remonter aux origines de chaque mythe en traçant ledit arbre avec un système de chiffre : le petit chaperon rouge a-t-il un chaperon rouge ? Oui = 1, non = 1 ; est-elle dévorée par un loup : 1/0 ? Va-t-elle voir sa mère, sa tante, sa grand-mère… Ensuite, on identifie différences, évolutions et bifurcations. Par exemple, le mythe de la Sorcière est issu de l’Asie du Sud-Est, et incarne d’abord une maitresse des animaux, puis il s’est subdivisé et a voyagé avec les groupes humains. C’était passionnant, et si la question vous intéresse, je ne peux que vous conseiller les travaux de Julien d’Huy.

Nous sommes ensuite allés à L’observatoire de l’imaginaire, une synthèse de l’année éditoriale, avec plusieurs thématiques : la proportion SF/Fantasy/Fantastique, la progression du marché, la part d’autrices, l’articulation entre éditeurs et lecteurs (le rôle des réseaux sociaux notamment – où j’ai appris être un boomer en utilisant encore Facebook), la visibilité au sein des médias mainstream… Je vous tiendrai au courant quand la synthèse et le diaporama seront dispo et je m’attarde juste ce qui m’a marqué : le marché progresse (youpi !), porté essentiellement par la Romantasy (pas youpi ?), définie ainsi par Benjamine Cornuault des éditions Sabran : un texte où la romance est centrale, qui se termine bien, et dans un univers totalement fictif (et se distingue donc de l’Urban Fantasy par exemple). La progression est fulgurante et se caractérise, en sus du fond, par le choix d’éditer de beaux livres, où l’objet compte, voire est collectionné. Il s’agit aussi d’un lectorat très majoritairement féminin qui vient de la romance davantage que de l’imaginaire, avec des solides communautés sur les réseaux sociaux, TikTok en tête, alors que le phénomène est totalement invisbilisé dans les médias traditionnels. Un énorme merci à l’équipe de l’Observatoire pour la quantité de travail abattu et pour arriver à une présentation intéressante, ce qui n’est jamais évident quand il s’agit de statistiques.

Pas de retour détaillé ici, je n’ai pas pris de notes et j’était occupé à papoter en réalité, étant un peu éloigné de l’espace Shayol, littéralement pris d’assaut tout au long du festival. C’est néanmoins toujours un plaisir de retrouver Natacha Triou sur un sujet très engagé où l’on mesure à nouveau le poids du patriarcat, où chaque média, pensée ou acte est toujours lié à ce processus de domination, plus ou moins explicite. Néanmoins, j’ai la faiblesse de croire que les choses bougent, probablement bien trop lentement, comme en témoignent les crispations nombreuses et pathétiques (cf. conférence suivante). Si le cœur vous en dit, l’émission a évidement été enregistrée et est donc disponible en podcast chez FranceQ.

L’extrême droite aux portes du pouvoir était une table ronde certes en lien avec le thème de l’Harmonie, en l’occurrence ce qui la met en danger, très militante et éloignée finalement de l’imaginaire dans son déroulement. Nicolas Martin intervenait notamment en tant qu’auteur de Fragile/s au Diable Vauvert, dont il parle ici par exemple. Ancien animateur de radio (La méthode scientifique, à qui a succédé La science CQFD), sa parole s’est libérée et il exprime ses angoisses – que je partage – en tant qu’ancien acteur médiatique. Je reste néanmoins sur ma faim et le format m’a donné l’impression de quelque chose de trop caricatural : l’extrême droite est aux portes du pouvoir, elle est même déjà au pouvoir si on définit le terme avec précision, mais ce n’est pas nouveau. L’affaire Dreyfus, les ligues ou la France de Vichy n’en sont que quelques preuves. J’aurais aimé une table ronde organisée différemment, s’appuyant sur des textes de SF et ce qu’ils analysent comme causes, conséquences et surtout fenêtres d’actions, avec également davantage de rigueur sémantique – gare à l’emploi du mot fascisme à toutes les sauces, qui dilue la portée du terme et donc le propos général.

Seule conférence vraiment décevante pour moi, L’Histoire, une nouvelle science-fiction cumule en sorte les petits écueils qui aboutissent à un échec. Mu Ning est d’origine chinoise et même si Gwennaël Graffric (traducteur de Liu Cuxin) a fait travail remarquable, la traduction a ralenti la conférence, d’autant plus que Simona Mogavino, estimant qu’elle ne parlait pas suffisamment bien le français, nous lisait ses textes préparés à l’avance tout en restant très focalisée sur ses propres œuvres. Simon Bréan lui-même lisait son introduction et ses questions… L’ensemble manquait donc de fluidité. De surcroit, Mu Ming écrit de la fantasy, donc ne pouvait que difficilement répondre aux questions en lien avec le sujet – lui-même mal posé – et sans la présence d’un intervenant maitrisant ce qu’est la démarche historique. Quelques moments intéressants tout de même, entre analyse de l’écriture de la SF en Chine, la démarche utilisée par Liu Cixin pour son Problème à Trois Corps et surtout la question du moteur de l’histoire – contingences VS domination naturelle des Européens – ou encore les ruptures passées et à venir. Du potentiel donc mais un goût de déception.

… et un film

Car les Utopiales ce sont aussi des films, longs ou courts métrages, d’animation ou en prises de vue réelles, inédits ou anciens, fictions ou documentaires… avec des prix à la clé. L’entrée donne droit à autant de films que l’on souhaite, sous réserve de place, mais il est possible de s’inscrire via la site Internet des Utos. Je suis allé voir Mantra Warriors : The Legend of the Eight Moons un film d’animation thaïlandais qui reprend les mythes hindous dans une version futuriste, sauce SpaceOp & Méchas. C’est un grand non. C’est joli mais c’est extrêmement rushé : l’impression d’une série condensée en un long métrage, avec en prime un combat final interminable. De surcroit, il n’est pas auto contenu car ne se termine pas, ce qui me parait dommage pour un évènement comme les Utopiales. Je peux pourtant être client de shonens ou blockbusters no brain mais là c’est niet : il faut savoir faire simple et rythmé.

Le programme du vendredi

Chat échaudé… je me suis concentré sur les conférences. Je ne pouvais pas laisser passer la première : Les vaisseaux générationnels, un sujet que j’adore, bien calibré pour les Utos et le thème de cette année, et je voulais voir au moins une conférence avec Roland Lehoucq puisque je ne me suis pas rendu à sa leçon inaugurale. Le vaisseau générationnel est un type de vaisseau qui mettra plusieurs générations – pas de pièges dans le terme – à se rendre à destination, ce qui soulève beaucoup de questions et illustre parfaitement l’effet loupe sociale de la SF. Extraits choisis : La question de l’intérêt d’une vie  où finalement rien de ce que est fait ne compte vraiment, l’objectif se limitant à procréer et à garantir la pérennité. Un tel vaisseau est un mini monde mais sans possibilité de faire sécession ou de partir en cas de conflit majeur. Si j’ergote un peu, je regrette à nouveau une table ronde un peu bancale, Romain Lucazeau n’ayant pas écrit de récit de ce type (et préférant s’amuser d’avoir perdu des lecteurs sur les 100 premières pages – j’ai lu Latium en entier, j’aurais préféré être perdu, croyez moi) mais il livre tout de même quelques réflexion intéressantes, notamment autour du vaisseau, quasi personnage à part entière, voire le plus intéressant.

De nouveau une très chouette conférence, bien dans le thème et problématisée, intitulée Les armes absolues dans la SF. Je suis toujours fasciné par l’érudition de Laurent Genefort, mais il n’a pas occulté Margot Dessenne qui a apporté un point de vue complémentaire en tant qu’autrice Young Adult, elle-même étant plus jeune, sans oublier la présence de Dominique Mongin, historien spécialiste de la dissuasion nucléaire (dont j’ignorais tout des travaux). Laurent Genefort considère que l’arme absolue est une difficulté scénaristique de par sa définition – une arme qui détruit tout -, et que c’est un trope ancien car déjà présent dans les pulps des années 30, mais que l’arme ne devient réellement absolue après sont usage « réel » en 1945. Durant notre histoire, le terme est d’ailleurs employé après guerre, dans un contexte de Guerre froide et de développement de la dissuasion nucléaire ; la stratégie liée succède d’ailleurs à son invention : la bombe atomique est d’abord une super arme conventionnelle. Margot Dessenne complète en précisant que pour que l’histoire fonctionne, elle ne doit pas être si absolue (même dans un post apo, il y a des survivants) ou ne pas être utilisée. J’ai vraiment apprécié : précision des termes, réponses claires, exemples variés…

Je crois que je suis resté un peu prof d’histoire géo durant ces 3 jours, en témoignent mes choix. Ici, l’accroche ne pouvait que me séduire : Déliquescence urbaine quand on bosse sur Les environnements, c’est du pain béni. Des intervenants intéressants et convaincants, et j’avais envie de voir Laurent Queyssi en « vrai » – traduire Gibson mérite toute ma sympathie – et j’ai découvert en prime Rosa Montero, autrice et journaliste espagnole, dont j’irai voir les écrits (j’en profite pour féliciter les traductrices et traducteurs qui font ça en quasi simultané et le palais des congrès qui met casques à disposition). J’ai appris les réflexions actuelles autour de la gestion de l’eau urbaine avec l’idée de séparer les eaux usées : les fèces d’un côté pour produire de l’énergie et urines de l’autre vers des fermes urbaines. Le mot de suburbia a été beaucoup prononcé, un espace très présent chez Stephen King, qu’il peuple de ses monstres. Un thème bien en adéquation avec celui de l’harmonie mais j’aurais invité un géographe. On ne se refait pas.

Parfois, quand on a trouvé une place assise sur la Scène Shayol, on a envie d’y rester, et encore davantage pour un sujet passionnant (Les histoires de la SF à travers le monde), animé par un tel plateau : Xavier Dollo est notamment auteur d’une Histoire de la SF en BD et également auteur sous pseudo (j’avais adoré Les tiges), Mary Robinette Kowal est l’autrice de l’extraordinaire Vers les étoiles et j’ai découvert Hirotaka Osawa, président de l’association des auteures et autrices de SF et fantasy japonaises. Des regards issus de trois continents, et trois Etats clés pour nos genres de l’imaginaire.

Une des questions portait sur le poids du passé, et des donc des Histoires respectives dans l’écriture de la fiction ? Un auteur est d’abord un lecteur et il donc intéressant de lire des textes d’autres origines car le « et si » – fondement de la SF – a différentes réponses selon les civilisations. Au Japon, la SF a pour spécificité l’influence des mangas et animes, le 9e président de l’association était par exemple Go Nagai (auteur de Grendizer, Goldorak en France, série dont le succès a été bien moindre dans sa patrie d’origine), ainsi que l’accueil de thèmes marginaux au sein des autres littératures. La France est quant à elle une vieille terre de SF, déjà ancienne avec Cyrano de Bergerac, et évidemment l’influence de Jules Verne.

Le statut et la démarches des auteurs présentent des similitudes, influencés par leurs contextes d’écriture : la peur actuelle du changement climatique, la question du contrôle des ressources (y compris humaines), ainsi que le poids patriarcat car le genre a longtemps été dominé par les hommes, et les femmes obligées d’écrire des années sous pseudonymes. Au Japon, les autrices sont plutôt cantonnées à la fantasy même si le genre shojo, segmenté pour les jeunes filles, permet des incursion en SF.

Les futurs imaginés divergent, même si les œuvres naviguent et circulent entre les espaces. La trilogie du Problème à trois corps a de Liu Cixin a été un succès énorme aux EUA, nécessitant des notes de page pour expliquer le contexte, et est aussi un best seller au Japon, avec une traduction très travaillée puis révisée. Le texte rappelle aux lecteurs une forme de SF à l’ancienne, Liu Cixin étant lui-même lecteur d’auteurs japonais et anglosaxons. Marie Robinette Kowal évoque avec malice sa traduction d’un roman islandais et sa difficulté car ce texte est imprégné d’un vision du monde différente : pour les Etatsuniens, la santé gratuite est déjà de la Science-Fiction…

Le programme du samedi

De nouveau Laurent Queyssi, ainsi qu’une intervenante sourde et donc une traduction signée, avec une langue finalement jeune et qui n’est pas lestée des habitudes et traditions. L’essentiel du débat portait sur la manière de traduire des mots et néologismes qui n’existent pas, ou un vocabulaire scientifique encore en gestation. Laurent Queyssi explique que la SF a la particularité d’avoir un  vocabulaire partagé d’un texte à l’autre : il est donc nécessaire d’être aussi lecteur pour savoir si des termes ont déjà été traduits. Il évoque aussi sa retraduction de Neuromancien, dont une partie du vocabulaire a déjà infusé (cyberespace…). La première version utilisait le mot console mais celui-ci a un sens autre et précis aujourd’hui et nécessite donc un changement, ici « interface ». La langue des signes  fonctionne quant a elle sur une mise en contexte, puis une description des actions ; elle n’utilise pas de racine latine : comment traduire « dystopie » par exemple ? Une création est nécessaire en posant un contexte de sens. Le genre a été abordé comme question transversale, entre une langue anglaise beaucoup moins genrée, et une précision qui n’est apportée uniquement lorsque c’est fondamental en langue des signes. Prenons en de la graine.

Un de mes thèmes favoris : le premier contact (j’en ai même fait une étiquette) sous l’angle du Nous venons en paix. J’ai beaucoup apprécié la discussion entre Audrey Pleynet, Laurent Genefort et Nathalie Besson, scientifique : encore une table ronde qui a bien fonctionné. L’incontournable paradoxe de Fermi a été évoqué, ainsi que l’hypothèse d’une vie, désormais de plus en plus probable, tant le nombre d’étoiles est… astronomique – désolé. La méthode d’exploration était d’abord inductive à partir de ce que l’on sait, et donc de ce que nous a appris notre système solaire ; or l’exploration récente montre d’autres panels, fonctionnements… même si pour l’instant on cherche encore ce que l’on connaît (de l’eau…). Comment réagirait la communauté scientifique face à un premier contact ? Peut-être serait-ce un moyen dépasser le modèle standard – et robuste – de la physique des particules : nous pouvons espérer l’idée d’une différence suffisamment grande pour être capable de provoquer un pas de côté, un nouveau paradigme, peut-être sans les maths ? Avec une pointe d’humour, la table note que l’absence de vie ou une rencontre avec des petits gris serait… décevante. J’ai appris l’existence d’un projet français d’utiliser la Lune comme lieu d’archives (plus d’infos ici) pour nos descendants, voire pour d’autres ? Mais bon, s’ils sont sur la Lune, c’est qu’ils sont déjà là. Intéressant, vertigineux. Terrifiant oui !

Terminons en beauté : un de mes thèmes favoris et un de mes auteurs favoris. Qu’est-ce qu’un kaiju  ? Il s’agit d’une créature envisagée sous le sceau du gigantisme, de l’irréel, sidérante mais aussi d’un design, car liée à un support visuel. Pour Johan Scalzi, il faut poser la question « est-ce que ça peut vous écraser ? ». En effet, ce sont de grosses métaphores sur pattes – ou ailes, tentacules, corps… ne soyons pas sectaires – ainsi qu’une particularité japonaise avec l’usage d’un costume : une forme d’art appartenant au genre du Tokusatsu. Ce style est lié, comme toute œuvre il est vrai, à son contexte d’écriture. Le premier Godzilla est ainsi un symbole  de l’attaque atomique, loin du divertissement pour enfants que l’on imagine, parfois avec dédain, aujourd’hui. Des vies sont détruites sans distinction, innocentes et même s’il est possible d’y échapper, la catastrophe se répète. Les angoisses incarnées sont bien sûr différentes : en 1971, un kaiju est l’allégorie de la pollution et la fin ouverte témoigne d’une issue incertaine. Certains films ont même clairement une orientation nationaliste ou militaristes, selon les trajectoires sociales et politiques de l’archipel. John Scalzi, avec son roman La société protectrices des kaijus, se livre à une inversion du mythe : nés de l’énergie atomique, ils en sont désormais les producteurs. Mais l’hubris humain est un invariant de ces histoires.

Des rencontres !

Autrices et auteurs…

C’est le moment où l’on réactive ses souvenirs, pour n’oublier personne – mes excuses par avance. Il y a d’abord les nouvelles rencontres, fortuites mais toujours sympathiques. Il y a notamment Karis Demos que j’ai croisé avec plusieurs reprises et qui m’a gentiment offert des marque-pages – que je collectionne, à votre bon cœur ! – et dont vous pouvez trouver les textes ici, ainsi qu’Emilie Beltane, autrice également.

Il y a également ceux que je connaissais pour avoir déjà lu les textes et dont j’ai pu/du en acheter que je ne possédais pas pour leur faire dédicacer. Et pas les moindres, avec deux de mes auteurs favoris : John Scalzi – cri aigu de fan – et Adrian Tchaikovsky – cri aigu de fan – et à qui j’ai pu dire dans un anglais approximatif à quel point j’adore leurs œuvres. Je sais que ça n’est pas beau de plastronner, mais je ne peux m’empêcher de vous partager les dédicaces et en profiter pour répéter : « Seb, je te hais ! » (private joke liée à une dédicace en deux temps)

… des lecteurs et des lectrices…

Une fois de plus, j’ai pu mesurer la petitesse du monde en papotant avec David, qui travaille non loin de chez moi, avec qui nous avons causé livres et carrières – un sujet étant plus déprimant que l’autre – mais, puisque bien plus jeune que moi, sévit sur Insta. Moins impromptu, l’occasion de rencontrer Anaïs, qui a profité du temps où je regardais ailleurs pour s’incruster sur les Mordus de SFFF et qui dessine les girafes comme personne (je ne peux que vous encourager à aller voir sa page) ; ainsi que Zoé, taulière de Zoé prend la plume.

Beaucoup de retrouvailles, dans le désordre alphabétique, au café de Mme Spock et surtout au restaurant : Anne-Laure (dealeuse de design de blogs et de jolis diaporama), Cécilia (logeuse et podcasteuse), Josepha (biclassée lectrice et autrice de presque poche, et vice et versa), Marie-Eve (propriétaire de livre addict option bière et chocolat belges), Seb (Chandler Bing et personnage de John Scalzi), Océane (navigatrice du chocolat suisse) et Tanguy, Roxane (qui lit des livres parfois), Stéphanie (multiclassée blogueuse, autrice, traductrice, étrangleuse et des tas de trucs) et Ludo, Vincent (Lord of the bottom page notes), ainsi qu’Ines et Maëlle (que Cecilia invite pour se sentir moins seule). Note : un lien étrange se cache dans cette liste, vous gagnez un truc si vous trouvez. Un chouette moment !!!

… et des trucs ? (oui je sais, on rencontre par des trucs)

Enfin, l’occasion évidemment d’acheter des livres pour Madame de Poche et moi-même ; mais peu car je ne lis quasi plus en ce moment, du moins pas d’imaginaire – devrais je ouvrir Agrégation de poche ? J’ai acheté des chaussettes aussi. Ca fait pas monter la PAL les chaussettes. Et puis il y a l’ancêtre des kaijus dessus. Bref, quatre jours bien remplis, de quoi recharger les accus !

Bises les gens, et à bientôt !

13 commentaires sur “Mondes de Poche… aux Utopiales de Nantes, édition 2024

Ajouter un commentaire

    1. Oui, je me suis un peu laissé aller ^^’. Et je crois que j’avais un peu la flemme et la honte de hiérarchiser. Je note pour Montero ; ma collègue prof d’espagnol m’en a dit le plus grand bien aussi ! Merci !!!

      J’aime

Répondre à Baroona Annuler la réponse.

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑