Chronique – Libration (Les voyageurs T2), Becky Chambers

Le cycle des Voyageurs a rapidement provoqué une certaine hype, l’autrice s’installant en figure de proue d’une « nouvelle » manière de concevoir la SF, et plus particulièrement le Space Opera. Exit donc les récits angoissants ou violents, qui dépeignent souvent un futur qui fait assez peu envie – textes pensés et écrits à mon humble avis comme des contre-modèles ou guides à ne pas suivre, n’en déplaise à Musk. Cette approche différente est suffisamment convaincante pour que je lise, et apprécie, le premier tome (L’espace d’un an) et prolonge le cycle avec le roman objet de ce billet.

J’y ai retrouvé les qualités – et défauts, j’y reviendrai – du précédent et qui semblent être la marque de fabrique de l’autrice : un vrai Space Opera aux paysages, ambiances et espèces aliens variées ; un intérêt poussé quant aux Intelligences Artificielles ; et surtout une attention portée aux personnages et à leurs relations, thème où Chambers excelle. Cela ne m’a toutefois pas totalement comblé car même si j’ai passé un bon moment, j’ai aussi trouvé que ça manquait parfois un peu de péripéties.

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Chronique Saga – Blackwater, Michael McDowell

Paru en feuilleton, à raison d’un tome toutes les deux semaines, Blackwater est un phénomène littéraire… qui dure. Les multiples réimpressions et ruptures, ainsi que la mise en valeur ininterrompue en libraire et grande surface – et l’édition des autres textes de l’auteur ensuite – prouvent que la saga est devenue immédiatement un classique du genre. Même dissimulée dans une collection de littérature blanche, en tout cas non présentée comme relevant de la SFFF, il s’agit bien d’un texte qui appartient aux genres de l’imaginaire, le fantastique plus précisément. S’agissant de surcroit de – superbes – volumes de poche, la chronique s’imposait sur le blog.

Même si en raison de contingences professionnelles – et de refus de m’enfermer dans un cycle – j’ai mis trois ans pour lire l’intégralité des six tomes, j’ai adoré ma lecture. Aussi, pour quelle raison une saga familiale, aux éléments fantastiques extrêmement discrets et parcimonieux, réussit à être un succès grand public d’édition tout en séduisant des lecteurs habitués au genre ?

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Chronique – Jack Barron et l’éternité, Norman Spinrad

Les sorties actuelles ne sont pas avares en textes inédits ou récents mais j’aime bien de temps en temps me plonger dans un classique que je n’ai pas lu, et encore davantage quand il s’agit d’un roman lauréat du Prix Hugo (1969 ici) – avec peut-être le fantasme de tous les lire un jour. Ces ouvrages classiques ont le bon goût d’offrir une grille d’analyse toute trouvée : comment s’enracinent-ils dans leurs contextes d’écriture ? Ont-ils bien vieilli ? Sont-ils encore d’actualité ? En creux, est-il utile de les rééditer, parfois encore et encore, et encore ; ou de les traduire de manière tardive ?

Il m’arrive assez souvent de me répondre non, de mon simple point de vue de lecteur, mais je serai plus nuancé pour Jack Barron. J’apprécie en effet le ton et les opinions tranchées de Spinrad, mais le texte a tout de même certaines faiblesses datées, tout en étant d’une redoutable – et dérangeante – actualité par certains aspects, notamment l’articulation entre secteur privé, pouvoir politique et rôles des médias, ainsi que le sujet des minorités afro-américaines.

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La trilogie du samedi – Wayward Pines, Blake Crouch

Il y a un an, j’inaugurais une nouvelle rubrique nommée La trilogie du samedi (en référence aux soirées M6 de la fin des années 90) avec La trilogie d’une nuit d’hiver, présentée comme telle par l’autrice et l’éditeur. Véritable coup de cœur pour ce cycle de Fantasy, il m’en fallait un autre pour le deuxième billet de cette rubrique. Dans un genre pourtant très différent, Wayward Pines de Blake Crouch est une trilogie qui m’a également conquis, atteignant même le stade de l’addiction, avec une incapacité à reposer chaque tome tant qu’il n’était pas terminé.

Concernant cette formule de billet, vos retours étaient positifs ; aussi je garde la même structure pour présenter le cycle dans son intégralité, tout en évitant au maximum de spoiler : une présentation générale de la trilogie et de ses thèmes, l’articulation des tomes et, en guise de conclusion, l’intérêt général en tant que cycle, en toute subjectivité. Avec Wayward Pines, encore un modèle du genre à mon avis.

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Chronique – Après nous les oiseaux, Rakel Haslund

Je ne sais pas s’il s’agit du contexte général et particulier, ou un biais de loupe de ma part, mais j’ai l’impression que le post apo – genre qui raconte la fin du monde, pendant ou après – est à la mode chez les éditeurs d’imaginaire. Le tag « postapo » sur le blog donne d’ailleurs de nombreuses occurrences, toutes époques d’écriture confondues. Le genre navigue souvent entre descriptions habituelles des causes de l’apocalypse, espoir de survie et l’émergence d’une nouvelle – ou pas – société. Aussi, est-il encore possible d’écrire dans ce genre en le renouvelant, sans tomber dans un nihilisme bas de gamme ou la violence gratuite ?

C’est ce que réussit à faire Rakel Haslund avec son premier roman, Après nous les oiseaux. L’autrice danoise prend le parti d’un court récit minimaliste : en révéler le moins possible, introduire peu d’éléments pour nous faire éprouver une douloureuse solitude.

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Chronique – La Marche funèbre des Marionnettes, Adam-Troy Castro

Petit résumé de l’aventure éditoriale de l’univers d’Andréa Cort. Une trilogie a déjà été traduite en français, dont les deux premiers, Emissaires des Morts et La troisième griffe de Dieu sont sortis en poche en 2024, deux grands coups de cœur. Le troisième tome, La Guerre des Marionnettes, n’est pour l’instant disponible qu’en grand format, chez Albin Michel Imaginaire. Mais cet univers, ce sont aussi des nouvelles et novellas, certaines d’ailleurs incluses dans les volumes que j’ai mentionné (ce qui explique l’épaisseur notamment du premier). C’est là qu’intervient le Bélial et donc le présent ouvrage : la publication d’autres textes (pluriel car un second est dans les tuyaux) pour continuer de faire vivre l’univers, Albin Michel n’éditant pas de novellas, mais sans Andrea Cort.

La Marche funèbre des Marionnettes met en scène les Vlhanis et reprend des thématiques chères à l’auteur qui aime créer des races aliens pour réfléchir à des sujets bien humains : ici le sacrifice et l’art notamment. La novella raconte des éléments évoqués dans le troisième tome du cycle, mais sans notre procureure préférée.

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Chronique – La Troisième griffe de Dieu (Andrea Cort T2), Adam-Troy Castro

J’avais chroniqué La Troisième griffe de Dieu pour Steph (grand format oblige). Sa sortie en poche est pour moi l’occasion rêvée de recopier ma chronique ici et de continuer à vous parler du cycle d’Andrea Cort, désormais intégralement traduit. Cet univers se prolonge désormais (mais sans Andrea) chez Le Bélial, dans la collection Une Heure-Lumière, avec la sortie en mai de La Marche funèbres des Marionnettes, dont je vous parle bientôt.

J’aurais envie de me contenter de reprendre un laconique « vous aimerez si vous avez du goût », d’autant plus qu’écrire un retour sur un tome deux sans spoiler le premier est une gageure. Pourtant, La troisième griffe de Dieu mérite que je prenne une paire d’heures pour vous convaincre qu’Adam-Troy Castro a réussi à écrire une suite encore plus solide — alors que le livre central est souvent le plus faible des cycles — en approfondissant ses personnages et son univers, servis par un thriller huis-clôt haletant.

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Chronique – Vers Mars, Mary Robinette Kowal

Vers Mars est la suite de Vers les étoiles et conclut (enfin presque) les aventures d’Elma York, la Lady Astronaute. C’est une suite directe et je ne conseillerais pas de le lire de manière indépendante.

Vers les étoiles avait été un véritable coup de cœur, ce qui rendait la tâche d’autant plus difficile pour ce texte : il fallait être à la hauteur. Le risque d’un biais de lecture, consistant à vouloir retrouver les mêmes émotions et surtout le même émerveillement face à une nouveauté, est un réel piège. De l’eau a un peu coulé sous les ponts, et j’ai tendance à vite oublier ce que j’ai lu. Vers Mars est aussi un coup de cœur. Je n’y ai certes pas trouvé les mêmes ingrédients mais j’ai aimé retrouver ces personnages, une ambiance différente – celle d’un voyage spatial – et surtout un prolongement des évènements du premier volume.

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Chronique – Au cœur des méchas, Denis Colombi

Avez-vous déjà eu la sensation d’avoir entre vos mains un livre écrit pour vous ? Comme si l’autrice ou l’auteur vous avait longuement étudié, puis avait lu et analysé les ouvrages que vous avez aimé pour en extraire le distillat, et enfin écrire un livre qui vous est destiné, rien qu’à vous ? J’hyperbolise – un peu – pour vous parler d’Au cœur des méchas, livre qui avait tout pour me plaire… et qui m’a plu.

En effet, Denis Colombi reprend avec un plaisir palpable de nombreux éléments de la pop culture qui intègrent méchas et kaijus, en y intégrant une héroïne qui donne au texte des allures de satire, mais sans sacrifier le récit.

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Chronique – Swan Song, Robert McCammon

Les éditions Monsieur Toussaint Louverture ont réussi l’exploit de se bâtir une rapide et solide réputation dans le monde littéraire en publiant des textes fantastiques. Leur recette est savamment dosée entre textes anciens mais inédits d’auteurs qui ont fait leurs preuves, éditions léchées reconnaissables entre mille, et promotion.

Après le best-seller Blackwater, l’éditeur récidivait en 2023 avec une duologie, Swan Song, de Robert McCammon. Il s’agit toujours d’un texte inédit, très ancré dans son époque – mais… -, avec une intéressante et attachante galerie de personnages ; un texte post-apo mais qui regarde résolument vers le fantastique.

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