Chronique – (Dés)incarnations, Julia Richard

Les novellas sont décidemment à la mode. En 2025, une nouvelle collection est arrivée dans les librairies, chez l’éditeur Timelapse. Dénommée Novellapse, on y retrouve les ingrédients qui ont désormais fait leurs preuves : une charte graphique qui crée une identité forte, des tranches numérotées – youpi, une nouvelle collection ! – et une ligne éditoriale engagée. Je remercie Vincent d’en avoir parlé sur Insta, la curiosité a ensuite fait le reste. Sans regrets.

Avec (Dés)incarnations, c’est Julia Richard qui inaugure – et ça augure bien ! – ladite collection, et avec une question existentielle : quel est le rôle d’une tombe ? Pour l’autrice, c’est un écrin qui n’est plus tout à fait hors du temps, un lieu chargé d’émotions, parfois inattendues ; et c’est aussi le moyen de déployer une bien belle plume.

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Chronique – Le choix, Paul J. McAuley

J’ai découvert la collection UHL alors qu’elle était déjà sur de bons rails et la qualité des textes – et non mon complétisme pathologique, du tout du tout – m’incite fortement à faire trôner l’intégralité en bonne place dans ma bibliothèque. Après avoir acquis les titres qui me faisaient le plus envie, j’essaie de suivre le rythme des nouveautés tout en rattrapant les débuts. La chandelle par les deux bouts.

C’est ainsi qu’arrive cette chronique du 4e tome, paru en 2016 (10 ans déjà…), d’une collection qui faisait ses premiers pas. Alors que ce texte n’a pas à rougir de la comparaison avec d’autres titres, Le choix de Paul J. McAuley, une des UHL les plus courtes, est de ceux que l’on cite finalement assez peu quand il s’agit d’énoncer les favoris. Pourtant, par sa gestion des différentes échelles d’espace et de temps et la subtilité de son propos, elle le mérite, ce choix.

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Chronique – Nettle and Bone, Comment tuer un prince, T. Kingfisher

Il y a des livres qui ont des trajectoires impressionnantes, comme Nettle and Bone : prix Hugo en 2023, traduction en langue française dès 2024, puis passage au format poche en 2025. Il s’agit donc d’un texte dont on parle régulièrement depuis maintenant deux ans, avec un bouche à oreille souvent positif.

La couverture, le sous-titre et la quatrième de couverture étaient autant d’arguments pour que je franchisse moi-même le pas avec enthousiasme. Pour subvertir le conte de fée, l’autrice reprend la recette de marraine éprouvée : un contexte médiéval, de la magie, et un schéma narratif linéaire.

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Chronique – L’Amulette, Michael McDowell

La maison d’édition Monsieur Toussaint Louverture a décidé de publier l’intégralité des textes de Michael McDowell, depuis le succès fulgurant – et mérité – puis continu de Blackwater, qui est désormais installé comme un classique. Ces ouvrages sont reconnaissables à leurs superbes éditions, qui font toujours très joli sur une étagère, mais qui ont surtout le bon goût d’être en poche, quand la mode est plutôt au hardback avec jaspage.

L’Amulette est son premier roman et même si cela se voit parfois, il contient en germe tous les ingrédients qui ont fait le succès de l’hexalogie : un moment clé de l’histoires des États-Unis, contexte idéal pour ces personnages bien souvent détestables, et les prémisses d’un southern gothic.

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Chronique – House of Windows, John Langan

De John Langan, j’ai déjà raté The Fisherman, qui avait été accueilli par un concert de louanges. Aussi, quand celui-ci est sorti, je ne me suis posé aucune question ; achat rapide, et lecture qui l’était tout autant. Je suis content de l’avoir lu en premier, car nous sommes en présence d’une aventure éditoriale classique : un auteur qui met du temps à traverser l’Atlantique, qui est traduit directement avec son meilleur texte ; puis d’autres viennent, plus anciens et peut-être moins bons ?

Je peux donc parler de House of Windows, son premier roman, sans faire de comparaison. Et j’ai beaucoup aimé ce texte qui semble être de prime abord une simple histoire de maison hantée – vue et lue 1001 fois – mais qui interroge surtout les relations familiales toxiques et les traumas de l’Amérique.

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Chronique – Histoire de la fille qui ne voulait tuer personne, Jérôme Leroy

Une lecture, c’est toujours une rencontre entre quelqu’un qui écrit… et quelqu’un qui lit. Parfois, ça pourrait donc ne pas fonctionner, au-delà des qualités des personnes susmentionnées, encore davantage quand cela commence par une méprise. Quand j’ai rentré en PAL Histoire de la fille qui ne voulait tuer personne (reçu en SP), plusieurs personnes m’ont gentiment prévenu qu’il s’agissait d’un texte sorti initialement dans une collection jeunesse. J’attaque ma lecture un brin agacé par ce choix éditorial mais quand même intrigué par le pitch de la Quatrième de couverture.

C’est donc avec des yeux d’adultes – voire des yeux de presbyte – que j’ai attaqué ce texte, tout en essayant de me décentrer un peu. Bilan plutôt positif car Jérôme Leroy se livre à un exercice de world building cohérent, qui lui permet d’aborder de nombreux sujets d’actualité et les conséquences d’une décision difficile à prendre.

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Chronique – Élise sur les chemins, Bérangère Cournut

Tenir un blog est différent d’un site Internet, car il y est davantage admis, et peut-être même attendu, que sa ou son propriétaire se livre un peu, voire échange avec les âmes égarées perdues parmi ses quelques billets. Pour évoquer Élise sur les chemins de Bérangère Cournut, je n’ai guère le choix, tant ce court livre m’a parlé, en tant que lecteur mais aussi au-delà. Car parmi les quelques passions qui m’animent, il y a bien évidemment les lectures de l’imaginaire, ce blog en est une des preuves, mais aussi la géographie, dont j’ai fait partiellement mon métier, avec une flamme ravivée par mes années agrégatives.

Aussi quand l’autrice francophone se lance dans une biographie librement inspirée de la famille d’Élisée Reclus, sous forme d’un conte fantastique en vers libres, pour prolonger les luttes anarchistes du géographe épris de liberté… cela donne un grand coup de cœur.

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Chronique – Cuirassés, Adrian Tchaikovsky

Avec Cuirassés, c’est la troisième fois que l’auteur britannique est édité dans la collection de novellas Une heure Lumière. Il appartient à mon panthéon personnel des auteurs de SF, avec des textes caractéristiques mais toujours différents, avec sa prose acérée, tout particulièrement ici.

C’est dire si j’attendais ce texte avec impatience, toujours fasciné par les robots et les méchas – on ne se refait pas – ainsi que la promesse formulée par la quatrième de couverture. J’imaginais quelque chose lorgnant vers Le vieil homme et la guerre de Scalzi, mais avec un texte peut-être plus réaliste, n’étant pas un SpaceOp. Et en effet, Tchaikovsky s’inspire de l’Histoire pour son texte et nous propose un contexte géopolitique tendu, qui rappelle la Guerre Froide, et où la distinction entre les forces en présence devient extrêmement floue, tout en multipliant les références à l’histoire de la SF.

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Les trilogies du samedi – La Tour de garde, Guillaume Chamanadjian & Claire Duvivier

J’ai pris la décision il y a quelques temps de n’entamer la lecture d’un cycle qu’une fois celui-ci terminé ; je n’apprécie guère quand les suites ne sont finalement pas éditées, et ma mémoire n’est plus ce qu’elle était. J’évite également ainsi le phénomène de hype lié à un début parfois tonitruant, puis un prolongement plus médiocre, voire pire. Le cycle publié intégralement, cela me permet aussi de rapprocher les lectures, sans aller jusqu’au binge reading mais en lisant une série puis d’enchainer une autre. Voici l’état d’esprit qui était le mien.

La Tour de garde m’a réconcilié – durablement – avec ces grandes fresques, que j’ai aimé savourer au rythme d’un tome par mois. Durant un semestre complet, les personnages des capitales du Sud et du Nord m’ont accompagné, et je les ai quittés avec énormément de tristesse ; vous l’avez donc deviné, je vais ajouter mes louanges à ce qui est déjà un véritable succès, tant critique que commercial.

Même s’il s’agit de deux trilogies, je garderai la structure habituelle de cette rubrique du blog : une présentation générale du cycle et de ses thèmes, l’articulation des tomes – avec les options de lectures permises ici – et, en guise de conclusion, l’intérêt général en tant que cycle.

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Chronique – Code Ardant, Marge Nantel

Il y a des récits qui ont intégralement pénétré la culture populaire, qui font écho même chez celles et ceux qui n’étaient pas encore de ce monde, ou qui n’en ont guère vu plus que quelques images aperçues au détour d’un réseau social. Mad Max est de ceux-ci et a inspiré au-delà des deux océans étatsuniens : Fist of the North Star au Japon pour n’en citer qu’un, et est de nouveau à la mode depuis le développement de la franchise.

Code Ardant n’est pas la première œuvre hexagonale à s’inscrire dans les marques de pneu du film de 1979 et en reprend largement les codes – avec ses qualités et défauts – en mettant en scène une bande de doux dingues qui se démènent dans un monde où finalement rien ne change, ou presque.

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