La Planète des toudous, John Scalzi

Cette année, j’ai participé au Book Club imaginaire organisé par la librairie Goulard à Aix-en-Provence. L’ambiance y est très sympa, avec des lecteurs et lectrices dont l’objectif était de découvrir les genre littéraires qui nous intéressent particulièrement. Bien sûr, j’ai milité pour une dose de SF, même si je sais qu’il s’agit du genre qui effraie le plus… La sortie en poche – enfin ! – de La Planète des toudous de John Scalzi dans la collection Neptune. Je l’avais déjà lu en grand format, alors sous la nom de La controverse de Zara XXIII, et l’ai relu avec énormément de plaisir. L’occasion pour moi d’exhumer la courte chronique rédigée alors sur Facebook, en juin 2020.

En 320 pages, Scalzi arrive à nous livrer une histoire parfaitement aboutie, pleine de rebondissements, divertissante et intelligente. Le héros du livre, Jack Holloway, mineur et ex-avocat, trouve des filons valant des milliards sur une planète laissée en concession à une entreprise minière. Nécessairement, cela attire des convoitises et l’appât du gain semble justifier les entorses aux règlements chargés de défendre les autochtones et l’environnement. D’autant plus qu’une nouvelle espèce, les « toudous », serait peut-être intelligente, ce qui changerait le statut de la planète…

Difficile d’en révéler davantage sans spoiler. Mais Scalzi ne laisse rien au hasard. Son personnage central est intéressant, suffisamment ambivalent et complexe pour réserver des surprises aux lecteurs. Le titre fait nécessairement penser à la Controverse de Valladolid et le parallèle entre Zara XXIII et ses Toudous et les Améridiens d’Amérique centrale et du sud est évident. Le roman devient dans sa seconde moitié une sorte de roman judiciaire à l’anglo-saxonne avec ses rebondissements et ses petites phrases. C’est là que l’auteur excelle : les répliques fusent et les éléments qu’il distille au fil de son récit s’imbriquent. Rien n’est écrit pour rien. Le roman date déjà, mais commencer ne pas penser au Brésil de Bolsonaro et à ses logiques extractivistes et prédatrices ? Bien sûr, Scalzi fait le choix du happy end, ce qui finalement met un peu de baume au cœur. Et donc un vrai coup de coeur !

Vous aimerez si vous aimez les livres optimistes, avec de jolies punchlines, et une excellente maîtrise de la narration au service de l’humanisme.

Les +

  • La rigueur de la construction
  • L’humour
  • Le personnage principal
  • Le discours résolument optimisite
  • Les Toudous

Les

  • Les Toudous si vous êtes allergique au kawaï

Résumé éditeur :

Prospecteur indépendant sur une des planètes minières de la toute-puissante compagnie Zarathoustra, Jack Holloway découvre un filon de pierres précieuses dont une seule suffira à le mettre quelque temps à l’abri du besoin… si les avocats de son client ne trouvent pas le moyen de l’en déposséder.
Le même jour l’alarme de son domicile se déclenche. S’agit-il d’un cambrioleur ? Non ! L’intrus se révèle être une adorable boule de poils d’une espièglerie confondante, qui ne tarde pas à ramener sa petite famille…
Bientôt, les cadres de la compagnie s’avisent du problème : si le peuple à fourrure s’avère doué de raison, c’en sera fini de l’exploitation du sous-sol de la planète par une entreprise étrangère. Jack, ancien avocat magouilleur, choisira-t-il de soutenir les « toudous », ou d’étouffer l’affaire et empocher l’argent ?

La Planète des toudous de John Scalzi, traduction Mikael Cabon, illustrations de Førtifem, aux éditions l’Atalante collection Neptune, (première édition en grand format sous le nom La controverse de Zara XXIII en 2018, VO de 2011), 352 pages.

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