Manga – Flow, Yuki Urushibara

Flow, T1 de Yuki Urushibara

L’année 2021 a été une année record pour les mangas – source Slate – à tel point que certains se targuent, le ridicule ne tuant pas, d’enfin décrypter le phénomène (je suis sympa, je mets quand même le lien). Donc, année record quantitativement et qualitativement mais, à moins de s’y consacrer exclusivement, il est difficile pour moi, de suivre cette actualité et surtout de séparer le bon grain de l’ivraie. C’est la raison d’être des blogs : repérer et conseiller des titres. Ici, je remercie Sabine, taulière de Fourbis & Têtologie pour son retour sur Flow, qui m’a immédiatement séduit. Une mangaka que je ne connaissais pas du tout mais que je vais désormais suivre d’un peu plus près. J’ai beaucoup aimé ce récit fantastique (voire SF), qui fait surtout la part belle aux tranches de vie et a un petit côté feel good, avec un trait à l’ambiance onirique.

Le flow est un phénomène qui modifie légèrement la réalité, plus précisément l’espace, ainsi que le temps par ricochet. C’est un phénomène qui est connu de tous, évoqué à l’école, et plus ou moins expliqué. Hirota est un éliminateur de flow compétent et expérimenté, en dépit de son apparence nonchalante, accompagné par la jeune Chima qui devient son assistante dès les premières pages. Le début est classique, avec un personnage aussi ignorant que le lecteur qui permet d’exposer le contexte. Au fil du tome, on découvre l’ampleur et les formes que peuvent prendre les flows : des rues qui apparaissent, un cerisier fleuri au centre d’un climat printanier en plein été, les angles des objets qui s’arrondissent… Inutile de dire qu’il faut suspendre un peu son incrédulité, car là où un récit de pure SF s’attacherait à développer les conséquences de ces phénomènes, ici les autorités et l’essentiel des habitants semblent plutôt s’en accommoder sans chercher davantage. Le troisième personnage important est d’ailleurs un chat, dont l’espèce est très réceptive aux flows.

De fait, il s’agit surtout de mettre en scène des tranches de vie, des petits désagréments du quotidien. Car les flow n’apparaissent pas fortuitement, mais sont provoqués en partie par les émotions des gens. Hirota ne règle donc pas les problèmes par la magie ou la science, mais plutôt en se livrant à un travail de détective. Cela passe par l’enquête classique de voisinage, ainsi que par l’étude du phénomène en lui-même, dont l’effet est lié à l’émotion ou au problème rencontré par son « créateur ». Cela donne finalement un récit assez classique, un peu dans l’esprit de certaines séries TV des années 80 ou 90, où les gens comptent finalement plus que le ressort merveilleux. Chaque chapitre propose un flow différents, en tant qu’accroche, puis une phase d’exploration et de péripéties avant la résolution finale, plus ou moins heureuse. Notre duo s’approfondit au fur et à mesure et on découvre les petits secrets de chacun.

Le dessin sert totalement le ton et l’histoire. Les personnages sont dessinés de manière simple, parfois légèrement enfantine. Certains moments sont tristes ou nostalgiques mais on évite les pures frayeurs ou moments violents. La mangaka soigne particulièrement ses décors, reflets de flows, et arrive à donner une ambiance mystique ou onirique à un simple arbre, une rue ou un placard. Certaines planches sont vraiment superbes, avec un usage des trames pour gagner en profondeur ou nuances mais aussi en effet de brume. Les cadrages sont très réussis avec de jolis gros plans pour souligner des émotions, ou des paysages. Un manga qui n’est certes pas révolutionnaire mais qui fait du bien, qui donne envie de visiter cette petite ville… et de trouver un flow au coin de la rue.

Résumé éditeur

Dans un monde abandonné par la nature, les sorcières sont le seul Hirota, secondé par son chat Sachô, est un spécialiste des flows, ces phénomènes bizarres qui déforment l’environnement. Hirota traque leur source pour essayer de les faire stopper au plus vite. Chima se présente à son bureau pour devenir son assistante et elle se retrouve directement embarquée sur sa première scène de flow.
Dans ce boulot pour le moins étrange, il faut s’attendre à tout !

Flow T1 de Yuki Urushibara, traduit par Pascale Simon, aux éditions Kana (2021, VO de 2018), 192 pages.

8 commentaires sur “Manga – Flow, Yuki Urushibara

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  1. Pareil que Yuyine : déjà repéré chez Sabine et tu confirmes qu’il faut que je lise ça – non pas que j’avais réellement besoin d’une confirmation, j’ai une totale confiance en Sabine, mais ça fait toujours plaisir de voir que ça prend sur plusieurs personnes. ^^

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