Chronique – L’âme du chien, Antoine Ducharme

Il m’arrive d’être sarcastique quant au cynisme de certaines maison d’éditions qui éditent, rééditent, encore et encore, les mêmes textes et mêmes auteurs. J’y revendique volontiers une part de mauvaise foi, d’autant plus que je n’ai pas une entreprise à faire vivre, alors je salue aussi les prises de risques, et encore davantage pour un genre aux codes bien établis, voire sclérosés.

L’âme du chien d’Antoine Ducharme est une novella qui tranche. Un univers à peine esquissé qui flirte avec les mythes fondateurs, entre réflexions sur l’héroïsme et le destin, avec une plume que ne renierait pas un aède – enfin, qui eux n’utilisaient pas de plume, mais qui récitent.

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Chronique – Foodistan, Ketty Steward

Le format des novellas, ou romans courts, semble rencontrer de plus en plus de succès. Entre la collection Une Heure Lumière du Bélial, celles éditées chez l’Atalante, au Passager Clandestin ou encore 1115, le choix ne manque pas. J’ai découvert lors des Utopiales 2024 cette nouvelle venue, la collection RéciFs, lancée la même année par les éditions Argyll. Un F majuscule comme Féminisme : la ligne éditoriale de la collection propose des textes d’autrices – engagées – et la charte graphique a été confiée à Anouck Faure. Entre ces éléments d’unité et les numéros de tranche, j’y vois une reprise de la recette UHL, et je m’en réjouis.

Foodistan n’est pas le premier de la série (il porte le numéro 3) mais celui dont la Quatrième m’a le plus intrigué sur le moment. Un texte post-apo, basé sur le thème de la ressource alimentaire et prenant place en France, promettait une vraie originalité. Promesse tenue dont j’ai aimé l’inventivité, ce nouveau monde imaginé et le miroir qu’il nous tend, même si j’ai été un peu décontenancé par l’absence du classique schéma narratif. Chronique 100% sans jeux de mots ou figures de style alimentaires.

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Chronique – La Marche funèbre des Marionnettes, Adam-Troy Castro

Petit résumé de l’aventure éditoriale de l’univers d’Andréa Cort. Une trilogie a déjà été traduite en français, dont les deux premiers, Emissaires des Morts et La troisième griffe de Dieu sont sortis en poche en 2024, deux grands coups de cœur. Le troisième tome, La Guerre des Marionnettes, n’est pour l’instant disponible qu’en grand format, chez Albin Michel Imaginaire. Mais cet univers, ce sont aussi des nouvelles et novellas, certaines d’ailleurs incluses dans les volumes que j’ai mentionné (ce qui explique l’épaisseur notamment du premier). C’est là qu’intervient le Bélial et donc le présent ouvrage : la publication d’autres textes (pluriel car un second est dans les tuyaux) pour continuer de faire vivre l’univers, Albin Michel n’éditant pas de novellas, mais sans Andrea Cort.

La Marche funèbre des Marionnettes met en scène les Vlhanis et reprend des thématiques chères à l’auteur qui aime créer des races aliens pour réfléchir à des sujets bien humains : ici le sacrifice et l’art notamment. La novella raconte des éléments évoqués dans le troisième tome du cycle, mais sans notre procureure préférée.

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Chronique – Au cœur des méchas, Denis Colombi

Avez-vous déjà eu la sensation d’avoir entre vos mains un livre écrit pour vous ? Comme si l’autrice ou l’auteur vous avait longuement étudié, puis avait lu et analysé les ouvrages que vous avez aimé pour en extraire le distillat, et enfin écrire un livre qui vous est destiné, rien qu’à vous ? J’hyperbolise – un peu – pour vous parler d’Au cœur des méchas, livre qui avait tout pour me plaire… et qui m’a plu.

En effet, Denis Colombi reprend avec un plaisir palpable de nombreux éléments de la pop culture qui intègrent méchas et kaijus, en y intégrant une héroïne qui donne au texte des allures de satire, mais sans sacrifier le récit.

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Chronique – Sweet Harmony, Claire North

Claire North était déjà une habituée de la collection Une Heure Lumière avec sa trilogie La Maison des Jeux, relativement inclassable et dont je disais beaucoup de bien du premier tome, Le Serpent. L’autrice maitrisant parfaitement le format – moyennement – court, il était logique de voir un autre de ses textes dans la collection sublimée par les couvertures d’Aurélien Police.

Sweet Harmony est donc le 49e volume de la collection, et un texte résolument de science fiction. Enfin, « science », c’est évident car il s’agit de parler d’une nouvelle forme de médecine, à base de nanotechnologies, et surtout de ses applications les moins vitales. « Fiction », pas vraiment tant le texte tape juste – et fort – sur un néolibéralisme échevelé – sauf si vous avez souscrit aux bonnes nanos -, tout en interrogeant la place de la femme dans cette société de l’image. Comme le dit la quatrième, c’est « bientôt ». Mon coup de cœur, et mon malaise, sont eux immédiats.

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Chronique – Barbares, Rich Larson

De Rich Larson , je ne connaissais rien. De Barbares non plus, à part qu’il s’agissait du 48e volume de la collection Une Heure Lumière du Bélial, et que d’après les illustration de couverture et première ligne de quatrième, ça parle de très grosses bestioles qui vivent dans l’espace. Et moi, j’aime les grosses bestioles.

Sur ce postulat, Barbares est une variation du planet opera à la fois moderne et retro. De la pure SF, très organique, au rythme effréné mais dont le titre dévoile un sous-texte politique.

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Chronique – Un Pont sur la brume, Kij Johnson

Chronique publiée initialement sur Facebook en décembre 2020. Une novella qui m’a été conseillée par Anne-Laure : voulant découvrir la collection aux sublimes couvertures, je lui avais demandé de me conseiller deux titres. Il s’agit donc de la seconde lecture, après l’excellent L’homme qui mis fin à l’histoire. Et je vais finir par croire que mes goûts sont assez transparents.

L’univers est très minimaliste, quelque part entre Fantasy et SF. Un empire coupé en deux par un fleuve de brume, dont le lit est peuplé de mystérieux géants. C’est tout et c’est tant mieux. Ici, point de vaste world building où la création d’un univers est parfois une fin en soi, aux détriments de l’intrigue ou des personnages ; mais un récit profond et intimiste.

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Chronique – Vigilance, Robert Jackson Bennett

Il y a quelques jours, je vous disais tout le bien que je pensais des Maîtres enlumineurs de Robert Jackson Bennett. Vigilance était déjà dans ma PAL depuis quelque temps, et une lecture croisée a été l’occasion de l’en sortir – digression : je ne suis par contre pas convaincu que le format novella se prête à l’exercice.

La couverture, simple mais très efficace d’Aurélien Police, illustre parfaitement le propos de l’auteur. Les fusillades de masse tuent des individus, mais également les Etats-Unis, peu à peu. Si on y ajoute les engrenages d’un capitalisme toujours plus avide, appuyé par l’IA et les algorithmes, on obtient une nation cyberlibérale, dont l’agonie s’achève enfin.

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Chronique – Sur Mars, Arnauld Pontier

Voici le deuxième billet pour cette semaine consacrée aux éditions 1115. J’exhume une vieille chronique, publiée alors sur Facebook, en mars 2020. Relire un vieux retour est toujours un exercice intéressant – parfois périlleux – surtout quand il évoque de nombreuses premières fois. Il s’agissait notamment de ma première novella, qui a participé à me faire aimer ce genre (il suffit de regarder cette étiquette sur le blog pour s’en rendre compte), et que j’avais gagné lors d’un concours organisé par Anne-Laure de Chut… maman lit ! Merci à elle.

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Chronique – La millième nuit, Alastair Reynolds

Il y a des auteurs qui ont déjà une solide notoriété, et dont le nom est inscrit sur une pile mentale des « auteurs à lire un jour, quand un texte me fera particulièrement de l’œil ». Pour ceux qui écrivent surtout de la hard SF, il me faut un déclencheur puissant. Concernant Alastair Reynolds, c’est la sortie d’une novella dans la collection Une Heure Lumière qui a été le déclencheur. Je n’ai même pas lu la quatrième de couverture, voulant avoir la surprise, tout en étant intrigué par un titre poétique et mystérieux, ainsi que par la couverture. Petite fausse crainte, car la dernière fois que j’ai vu des baleine dans un univers de SF, c’était dans Star Trek IV, vu au hasard d’une diffusion Arte (si si !) qui m’a laissé un souvenir… mitigé ? Mon épouse m’en parle encore.

La millième nuit est un texte pas si hard SF que ça (j’ai tout compris) qui fonctionne sur un contraste entre futur lointain et vertigineux – rarement Sense of wonder aura été une expression plus appropriée – et whodunit.

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