Pour cette semaine, après Celle qui a tous les dons, je reste dans le genre Zombi en passant d’un récit très classique et cauchemardesque post-apo à un texte déjanté, où l’auteur semble en rêver. J’exhume donc une chronique mort-vivante orientée No Future où un groupe de sympathiques punks français assiste aux débuts d’une invasion zombie. Une opportunité pour niquer le capitalisme et l’ordre ? Contre ou… avec l’apocalypse ? Retour sur Facebook, en aout 2019, avec le chanteur des Ludwig Von 88, pour une courte chronique de l’époque où je savais me taire.
Oh quel kiff !!! Le titre, le résumé, la couverture… tout était prometteur. Le risque était de ne pas être à la hauteur des espoirs (étranges, je peux le reconnaître) que tout ça suscitait en moi. Défi relevé. Haut la main.
L’histoire débute par le quotidiens de punks dans un squat parisien qui carburent à la bière et au cachetons quand débarque l’apocalypse susnommée. Après avoir réalisé qu’il ne s’agit pas d’un bad trip, nos joyeux compères réalisent que c’est la concrétisation d’un rêve : la chute du grand capital… Ils enchaînent alors les actions, les coups d’éclat, plus ou moins pertinents en fonction de leur capacité d’action, de leur état mais aussi de leurs tendances. En effet l’auteur, notamment en tant que « chanteur » punk a succès connait très bien ce milieu et nous décrit une belle brochette de personnages, du punk à chiens à l’anarchiste libertarien en passant par le vegan… Tous sont attachants et jouent un rôle dans l’histoire, amènent un point de vue face à ces événements.
L’auteur écrit bien. Il y a beaucoup de rythme, tout est toujours très clair et il va au bout de son propos. Le dénouement, même s’il peut paraître surprenant, et tout à fait réussit et propose une conclusion intéressante, surprenante à la hauteur du livre. Il y a beaucoup de références, musicales évidemment, mais aussi plus profondes et qui nous font aller plus loin que les clichés habituellement véhiculés sur les punks, même si l’auteur s’amuse aussi à les utiliser et même à les exagérer. J’ai trouvé que l’ensemble avait une belle maîtrise, sur la forme et le fond et nous fait du coup aller un peu plus loin qu’un seul roman burlesque. Je suis déjà en train de chercher quel sera le prochain livre que je vais acheter de cet auteur (par contre j’ai réessayé, je n’aime toujours pas la musique punk… metal rules !).
Les +
- Des punks et des zombies
- Un sens de la narration et du rythme, ainsi que de l’écriture
- Plus intelligent, beaucoup même, qu’il n’y parait au premier abord
Les –
- Une petit préférence pour la couverture actusf (mais toute petite, genre je chipote)
Résumé éditeur
Quand Deuspi et Fonsdé émergent de leur dernier trip d’acide dans leur squat, c’est pour découvrir que Paris est envahi par une horde de bouffeurs de cervelle vociférants. Soit la dope était (beaucoup) plus forte que prévu, soit l’apocalypse zombie est bel et bien advenue. C’est peut-être enfin l’occasion qu’attendait Kropotkine, leur maître à penser, pour réaliser un vieux rêve de gosse : faire flotter le drapeau de l’anarchie sur la capitale ! Mais avant de pouvoir crier « No Future ! », il va falloir se coltiner un paquet de cons…
Le Club des punks contre l’apocalypse zombie de Karim Berrouka, aux éditions J’ai lu (2017, première édition VF 2016 chez ActuSF), 416 pages.
Prix Julia Verlanger 2016

Laisser un commentaire