Chronique – Le village des damnés, John Wyndham

Faut-il lire les classiques ? Non. Enfin, si. Bon, le sujet mérite bien plus qu’une phrase laconique et fera l’objet d’un hypothétique développement ultérieur. La réflexion peut tout de même être amorcée à partir d’exemples concrets, de ces textes qui raisonnent et qui ont dépassé les limites de papier, pour intégrer l’imaginaire collectif, la culture populaire.

Le village des damnés fait partie de ceux-ci grâce à l’adaptation de Carpenter, elle-même remake d’un premier film. Lycéen à l’époque, et déjà pleutre, je me suis empressé de ne pas allé le voir, mais l’affiche et quelques bandes annonces perçues ici ou là ont laissé de vagues souvenirs : des regards dorés. La réédition aux éditions J’ai lu était l’occasion de prendre mon courage à deux mains ; et donc découvrir qu’il ne s’agit pas d’un texte fantastique, qu’il est assez daté dans son fond et sa forme, mais qu’il propose une expérience de pensée, en quasi huis clos, qui mérite qu’on s’y attarde.

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La trilogie du samedi – L’Interdépendance, John Scalzi

J’ai découvert John Scalzi avec Le vieil homme et la guerre, désormais un de mes textes favoris, et j’ai donc continué à explorer l’œuvre de l’auteur. J’apprécie sa truculence et ses punch lines, ainsi que son engagement. Même s’il m’a déçu avec ses derniers textes – trop parodiques et « faciles » – je voulais lire cette trilogie, parfois présentée comme ce qu’il a écrit de mieux (spoiler : c’est presque vrai) et dont j’ai acheté, puis fait dédicacer, le premier tome lors des Utopiales 2024. L’interdépendance est bien une grande réussite. Sous ses airs de Space Opera, dont l’univers m’a parfois rappelé Dune, l’auteur y livre une analyse acide de notre mondialisation et des enjeux de pouvoir, mais sans oublier de raconter une histoire trépidante, tout à fait recommandable au premier degré de lecture.

Je conserve la même structure pour cette rubrique, et j’évoque donc le cycle dans son intégralité, tout en évitant au maximum de spoiler : une présentation générale de la trilogie et de ses thèmes, l’articulation des tomes et, en guise de conclusion, l’intérêt général en tant que cycle, en toute subjectivité.

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Chronique – Le dernier des aînés, Adrian Tchaikovsky

J’aime la collection Une Heure Lumière, j’aime Adrian Tchaikovsky, auteur fort sympathique de surcroit, rencontré aux Utopiales 2024 : l’achat de cette novella était donc évident. Les aléas de la PAL font que le titre a ensuite un peu végété et c’est le hasard d’un billet de blog, celui d’Albédo en l’occurrence – et dont je me réjouis du retour – qui m’a donné envie de l’en extraire. Compte tenu de l’auteur et de la chronique dithyrambique, j’en attendais beaucoup, et je n’ai pas été déçu.

Avec Le dernier des aînés, l’auteur britannique revisite un thème classique de la SF : le décalage des civilisations dans un contexte d’expansion de l’humanité dans l’univers. Mais il fait ça très bien, par un texte qui allie avec talent fond et forme, et qui nous livre par la même occasion deux personnages principaux, que tout pourrait opposer, mais finalement pas si différents que ça.

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Chronique – Re:Start, Katia Lanero Zamora

La collection RéciFs lancée par les éditions Argyll – avec un F majuscule comme Féminisme – continue de tracer son sillon dans le paysage éditorial français, et contribue à y ancrer un peu plus le format de la novella, ainsi qu’un engagement plus que jamais nécessaire.

Re:Start pourrait être le porte-étendard de cette ligne éditoriale et le ton est donné dès l’avertissement annoncé en première page. L’autrice décrit avec acidité l’avènement d’une firme transnationale 3.0, véritable projet dystopique aux dérives sectaires qui s’appuie les possibilités offertes par les dernières technologies et où les femmes deviennent leurs propres bourreaux.

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Chronique – Un océan de rouille, C. Robert Cargill

Un océan de rouille fait partie de cette liste de livres achetés le mois de leur sortie, quand je suis intrigué par une quatrième de couverture et/ou un bouche à oreille positif, mais qui peut trainer un peu en PAL car n’étant pas particulièrement attendu. C’est souvent après une petite séance d’archéologie qu’un de ces titres peut être pioché, pour trancher avec des lectures précédentes. Ici, j’avais envie de « vraie » SF – comprendre là ou la technologie joue un rôle important – en one shot, et avec un soupçon d’action.

C. Robert Cargill est un de ces auteurs étatsuniens qui écrit pour différents supports, littérature donc, mais aussi cinéma (Dr. Strange…) et dont l’écriture est un métier, dans tous les sens du terme. Ce sont des profils d’auteurs que j’aime bien, car même si on s’éloigne de l’artisanat voire de l’art tout court, on obtient en général des œuvres efficaces, bien calibrées – rien de péjoratif ici, je ne suis pas (trop) élitiste – sans être nécessairement des blockbusters décérébrés. Un océan de rouille est à ce titre un livre divertissant, appartenant à la catégorie du post apo, hybride entre Mad Max et Terminator mais sans humains, dont les enjeux augmentent au fil des pages, et qui traite finalement de problématiques bien humaines, comme le libre-arbitre ou la vie.

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Chronique – La cité des nuages et des oiseaux, Anthony Doerr

Je n’aime pas les bandeaux rouges. Je n’aime pas les mentions du type « un des meilleurs livres… ». J’ai également parfois un peu de crainte quand un auteur de littérature blanche s’aventure sur le terrain de l’imaginaire. Bref, je m’aventure parfois à reculons dans un texte que je décide d’exhumer de ma PAL car « à un moment, faut ben ! ». Et quand c’est une brique de plus de 800 pages, le manque d’envie peut être encore plus grand.

Mais parfois, c’est un moment de grâce, de pur bonheur. Quand nous sommes happés dès le début, où chaque page tournée se savoure, puis nous entraine inéluctablement à la suivante, encore et encore, et qu’une pensée vient : « je lis un des meilleurs livres de tous les temps ». Vous avez compris, ce roman est un grand coup de cœur ; au programme : amour des livres, de l’histoire et de la SF, de l’émotion. Un livre écrit pour moi en somme.

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La trilogie du samedi – Rosewater, Tade Thompson

Il y a plusieurs types de trilogies (ou de cycles). Du roman scindé en plusieurs parties, aux histoires complètes mais reliées par une intrigue plus vaste, plus ou moins présente dans le récit, en passant par la trilogie qui n’en était – peut-être – pas une mais qui le devient par la suite. Ce n’est qu’une hypothèse, mais il me semble que le type auquel appartient Rosewater, de Tade Thompson, et c’est la première fois que ce cas de figure se présente dans le cadre de cette rubrique.

Je conserve néanmoins la structure habituelle avec une chronique du cycle dans son intégralité, tout en évitant au maximum de spoiler : une présentation générale de la trilogie et de ses thèmes, l’articulation des tomes et, en guise de conclusion, l’intérêt général en tant que cycle, en toute subjectivité. Ici, Rosewater est une trilogie qui ne laisse pas indifférent, avec de grands défauts, mais aussi de belles qualités.

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Chronique – Défense d’extinction, Ray Nayler

Comme tous les mois de mai – d’ailleurs, pourquoi mai ? – les éditions Le Belial lancent l’opération Une Heure Lumière avec l’édition d’un Hors-Série, catalogue de luxe, offert pour l’achat de deux volumes de ladite collection. L’occasion donc de continuer à faire le fan boy de base et à aligner les jolis numéros sur les étagères, tout en jetant les ignobles bandeaux rouge, et surtout de prolonger l’exploration de la prose de certains auteurs… ou en découvrir de nouveaux.

En l’occurrence, Défense d’extinction est mon premier texte de Ray Nayler, et il m’a été vivement conseillé – avec sa délicatesse habituelle – par le Maki ; oui, je fais dans l’animalier. Je sais être reconnaissant et le remercie donc d’avoir un peu hâté cette lecture car c’est un bijou de SF : l’auteur réussit l’exploit d’écrire une vraie histoire avec ses péripéties, qui plus est un texte choral, dans un format restreint, tout en abordant de très nombreuses thématiques, dont l’amour et la mémoire. Rien que ça. Premier Nayler donc, mais pas le dernier, certainement.

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Chronique – Celle qui a tous les dons, M. R. Carey

Il existe différentes manières de prendre connaissance de l’existence d’un livre, de la visite en librairie, aux sites d’éditeurs en passant par les différents réseaux sociaux ou sites spécialisés, blogs inclus. La plus gratifiante pour moi est celle, intemporelle, du bouche à oreille – même si les canaux changent – où quelqu’un te dit « lis-ça, tu vas kiffer » ; merci donc aux différents Mordus qui m’ont conseillé Celle qui a tous les dons, véritable coup de cœur.

M.R. Carey nous livre une histoire de zombis qui parait très classique mais pour mieux nous surprendre et lui donner une portée plus large, en l’inscrivant dans une vaste mythologie.

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Chronique – Cimqa, Auriane Velten

Il y a deux ans, j’avais chroniqué AfterR d’Auriane Velten, véritable coup de cœur, et texte remarquable pour un premier roman. Cimqa est donc son deuxième, dont je guettais la sortie poche pour voir si elle transformait l’essai, avec la pointe de curiosité supplémentaire quant aux différences ou similitudes d’un texte à l’autre. Sorti en avril de cette année, il tombait à point nommé pour rééquilibrer une liste de lecture d’auteurs très masculins, et anglo-saxons ; de surcroit, un one-shot ne se refuse pas, et encore plus quand on s’aventure en terrain totalement inconnu.

Et Cimqa est une belle démonstration des qualités d’Auriane Velten ainsi que de sa capacité à changer de thématique. Ici, pas de post-apo dystopique – et finalement assez classique – mais un texte de SF qui postule la capacité de rendre réel ce que l’on imagine. Une idée qui permet de questionner la manière dont une telle innovation pourrait être utilisée à l’heure du néo-libéralisme, tout en faisant la part belle aux personnages et à leurs failles.

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