Chronique – La brume l’emportera, Stéphane Arnier

Un mois après avoir chroniqué L’âme du chien d’Antoine Ducharme, je reste dans une fantasy française qui s’éloigne – et c’est une bonne chose – des clichés du genre, pour un roman qui était sorti également chez Mnémos en grand format. De nouveau un one shot, une absence d’elfes, nains ou autres dragons, et même un univers qui n’est plus tout à fait médiéval, au sens européen du terme. J’apprécie ce renouvellement, d’autant plus que Stéphane Arnier vient du jeu de rôle, hobby qui puise, et co-entretient, les mêmes habitudes ou scories que le « med fan » classique.

La brume l’emportera a une ambiance de fin du monde, ou de renouveau. C’est un texte initiatique qui s’appuie sur un autre cliché : celui de la rencontre et alliance improbable, presque contre nature. Nos héros devront, au fur et à mesure qu’ils tissent des liens, apprendre à accepter le passé… et l’avenir.

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Chronique – Le club des punks contre l’apocalypse zombie, Karim Berrouka

Pour cette semaine, après Celle qui a tous les dons, je reste dans le genre Zombi en passant d’un récit très classique et cauchemardesque post-apo à un texte déjanté, où l’auteur semble en rêver. J’exhume donc une chronique mort-vivante orientée No Future où un groupe de sympathiques punks français assiste aux débuts d’une invasion zombie. Une opportunité pour niquer le capitalisme et l’ordre ? Contre ou… avec l’apocalypse ? Retour sur Facebook, en aout 2019, avec le chanteur des Ludwig Von 88, pour une courte chronique de l’époque où je savais me taire.

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Chronique – L’âme du chien, Antoine Ducharme

Il m’arrive d’être sarcastique quant au cynisme de certaines maison d’éditions qui éditent, rééditent, encore et encore, les mêmes textes et mêmes auteurs. J’y revendique volontiers une part de mauvaise foi, d’autant plus que je n’ai pas une entreprise à faire vivre, alors je salue aussi les prises de risques, et encore davantage pour un genre aux codes bien établis, voire sclérosés.

L’âme du chien d’Antoine Ducharme est une novella qui tranche. Un univers à peine esquissé qui flirte avec les mythes fondateurs, entre réflexions sur l’héroïsme et le destin, avec une plume que ne renierait pas un aède – enfin, qui eux n’utilisaient pas de plume, mais qui récitent.

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Chronique – Cimqa, Auriane Velten

Il y a deux ans, j’avais chroniqué AfterR d’Auriane Velten, véritable coup de cœur, et texte remarquable pour un premier roman. Cimqa est donc son deuxième, dont je guettais la sortie poche pour voir si elle transformait l’essai, avec la pointe de curiosité supplémentaire quant aux différences ou similitudes d’un texte à l’autre. Sorti en avril de cette année, il tombait à point nommé pour rééquilibrer une liste de lecture d’auteurs très masculins, et anglo-saxons ; de surcroit, un one-shot ne se refuse pas, et encore plus quand on s’aventure en terrain totalement inconnu.

Et Cimqa est une belle démonstration des qualités d’Auriane Velten ainsi que de sa capacité à changer de thématique. Ici, pas de post-apo dystopique – et finalement assez classique – mais un texte de SF qui postule la capacité de rendre réel ce que l’on imagine. Une idée qui permet de questionner la manière dont une telle innovation pourrait être utilisée à l’heure du néo-libéralisme, tout en faisant la part belle aux personnages et à leurs failles.

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Chronique – Foodistan, Ketty Steward

Le format des novellas, ou romans courts, semble rencontrer de plus en plus de succès. Entre la collection Une Heure Lumière du Bélial, celles éditées chez l’Atalante, au Passager Clandestin ou encore 1115, le choix ne manque pas. J’ai découvert lors des Utopiales 2024 cette nouvelle venue, la collection RéciFs, lancée la même année par les éditions Argyll. Un F majuscule comme Féminisme : la ligne éditoriale de la collection propose des textes d’autrices – engagées – et la charte graphique a été confiée à Anouck Faure. Entre ces éléments d’unité et les numéros de tranche, j’y vois une reprise de la recette UHL, et je m’en réjouis.

Foodistan n’est pas le premier de la série (il porte le numéro 3) mais celui dont la Quatrième m’a le plus intrigué sur le moment. Un texte post-apo, basé sur le thème de la ressource alimentaire et prenant place en France, promettait une vraie originalité. Promesse tenue dont j’ai aimé l’inventivité, ce nouveau monde imaginé et le miroir qu’il nous tend, même si j’ai été un peu décontenancé par l’absence du classique schéma narratif. Chronique 100% sans jeux de mots ou figures de style alimentaires.

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Chronique – Au cœur des méchas, Denis Colombi

Avez-vous déjà eu la sensation d’avoir entre vos mains un livre écrit pour vous ? Comme si l’autrice ou l’auteur vous avait longuement étudié, puis avait lu et analysé les ouvrages que vous avez aimé pour en extraire le distillat, et enfin écrire un livre qui vous est destiné, rien qu’à vous ? J’hyperbolise – un peu – pour vous parler d’Au cœur des méchas, livre qui avait tout pour me plaire… et qui m’a plu.

En effet, Denis Colombi reprend avec un plaisir palpable de nombreux éléments de la pop culture qui intègrent méchas et kaijus, en y intégrant une héroïne qui donne au texte des allures de satire, mais sans sacrifier le récit.

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Chronique – La débusqueuse de mondes, Luce Basseterre

Puisque je consacre cette semaine aux grosses bestioles de l’espace, après Barbares, voici un billet publié initialement sur Facebook, en novembre 2019, consacré à La débusqueuse de mondes de Luce Basseterre.

Roman acheté à l’époque où j’avais peu de contacts avec les blogs et où je suivais assez peu les avis. Ici, la 4e de couverture et l’envie de découvrir une autrice française de SF ont été décisives. Et je ne l’ai pas regretté, c’est un très bon livre. Relire ces chroniques me permet aussi de mesurer le chemin parcouru en terme de découvertes et de goûts…

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Chronique – Un long voyage, Claire Duvivier

Il y a des lectures que l’on repousse longtemps, pour moult raisons, bonnes ou mauvaises. J’ai d’abord offert Un long voyage à mon épouse, qui a mis longtemps à le lire car c’est « looooooooong » – la faute au manque de dragons sans doute. Il y a ensuite les nombreux retours, pour l’essentiel dithyrambiques, qui déclenchent parfois chez moi un esprit grotesque et immature de contradiction. Puis vient le moment où l’on se rend compte, par exemple, que les lectures de cette année sont très masculines et anglosaxonnes et qu’équilibrer ça serait une bonne chose. Ou que c’est tout simplement le bon moment.

Lecteur ou lectrice, tu ne trouveras dans cette chronique aucune originalité. Je vais ajouter des louanges aux louanges. Un Long voyage est un des romans les plus beaux qu’il m’ait été donné de lire. En étant froidement analytique, je dirais que c’est un roman complet : une très jolie plume, un univers antique doucement esquissé avec sa part de mystères, et surtout un beau texte sur le temps qui passe. Je t’emmène.

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Chronique – Enquêtes d’un détective à vapeur, Olav Koulikov, Viat Koulikov

Il y a des chroniques qui sont plus délicates à rédiger que d’autres. Quand une lecture déclenche un oui franc ou un beurk qui ne l’est pas moins, c’est assez facile à écrire : je sais ce que je veux démontrer, et j’assume ma subjectivité. D’autant plus que dans le cas d’un « non », je ne rédige rien car il est inutile de perdre du temps pour blesser potentiellement l’autrice ou l’auteur. Quand l’avis est mitigé, c’est cornélien. Il s’agit de montrer ce que j’ai aimé mais aussi ce qui m’a déçu, en gardant en tête que le négatif a tendance à être davantage retenu, et que parfois une seule ligne nuancée suffit à avoir des retours du type « bon, je le lirai donc pas ». J’ai même parfois l’impression que seuls mes « + et – » de fin de chronique sont lus.

Je prends ces précautions car je suis assez mitigé pour Enquêtes d’un détective à vapeur, mais j’ai passé tout de même un moment agréable ; je pense qu’une partie de ma déception venait de mes attentes, ou des promesses que j’avais perçu : l’univers m’a convaincu, les enquêtes beaucoup moins. Je vous laisse vous faire votre propre avis.

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Chronique – Les ravisseurs quantiques, Roland C. Wagner

Reprise de la lecture après ma pause : un tome des Futurs mystères de Paris me paraissait totalement adapté. Du court et du fun donc mais pas neuneu pour autant. Cette fois, il s’agit du deuxième tome, à savoir Les Ravisseurs quantiques (la chronique du premier est toujours accessible ici), totalement indépendant même si le narrateur se remémore quelques éléments de sa précédente enquête. Si celle-ci était un meurtre en chambre close, à l’ambiance relativement légère, il s’agit cette fois d’une affaire de kidnapping sur fond d’uchronie, ou nous en apprenons un petit peu plus sur l’univers inventé par Roland C. Wagner, et plus particulièrement sur la Pyschosphère.

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